Sommet du G7 : retour sur l’engagement massif de la Gendarmerie nationale

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 18 juin 2026
© GEND/SIRPA/MDC B. LAPOINTE

Le sommet du G7 qui s’est déroulé à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026 a fait l’objet d’un dispositif de sécurisation de grande ampleur auquel ont pris part 6 100 militaires de la Gendarmerie nationale.

Dès l’annonce par l’Élysée, en septembre 2025, de la tenue du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie, du 15 au 17 juin 2026, la Gendarmerie nationale s’est mise en ordre de bataille, en s’inscrivant dans un dispositif global en coordination avec la Police nationale, les armées et les services de secours, chacun intervenant sur un périmètre de responsabilité clairement défini, et en prenant part aux travaux préparatoires menés par la Préfecture de la Haute-Savoie. Commandant la Région de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes (RGARA) et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Sud-Est, le général de corps d’armée (GCA) Frédéric Boudier a été désigné Commandant des forces de gendarmerie (COMFORGEND) pour cette manœuvre.

Le premier défi a été logistique avec le choix du lieu d’implantation d’une Base logistique avancée (BLA), en l’occurrence à La-Roche-sur-Foron dans un immense entrepôt de plus de 10 000 m², afin de soutenir une force de 6 100 militaires.

La volonté stratégique du COMFORGEND a été transformée en tactique par le commandant du Groupement opérationnel de maintien de l’ordre (GOMO) pour le G7, le général Éric Lebas, qui commande le Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM). 

Jeudi 21 mai 2026, un exercice de simulation, baptisé "Romulus", au Centre de formation opérationnelle par la simulation numérique (CFOSN), dans les murs de l’Académie militaire de la Gendarmerie nationale (AMGN) à Melun, a permis de parfaire la coordination de ce GOMO et des sept Groupements tactiques de gendarmerie (GTG) rattachés.

Les GTG étaient armés par 35 Escadrons de gendarmerie mobile (EGM), 20 Compagnies de marche (CdM) et des moyens spéciaux. Les CdM étant composées pour moitié de gendarmes départementaux et pour moitié soit d’élèves-gendarmes, soit de réservistes. En tout, 4 000 militaires étaient engagés pour une mission d’ordre public majeure : le contrôle dans la profondeur d’un périmètre de plus de 1 670 km² autour d’Évian.

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Dans le Palais des festivités d'Évian, le commandement de la gendarmerie s’opérait depuis un P.C. dédié (PCGEND), entouré de cloisons pour préserver la confidentialité des décisions stratégiques qui y étaient prises, et jouxtant le P.C. interministériel (PCI). On y trouvait notamment le COMFORGEND et son second, le général de division Laurent Phélip, l’état-major de la RGARA structuré en « J » selon la nomenclature OTAN, en miroir du Groupe de planification opérationnelle (GPO) projeté par le Centre national des opérations (CNO), le commandement du GOMO et celui du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Haute-Savoie.

© GEND/SIRPA/MDC B. LAPOINTE

Mission essentielle, s’agissant d’un sommet diplomatique : la viabilité des axes pour la libre circulation des escortes de délégations. La Gendarmerie nationale a déployé 200 motocyclistes issus des Escadrons départementaux de contrôle des flux (EDCF) de la RGARA et de la Garde républicaine.

La gendarmerie était également à la manœuvre pour sécuriser le lac Léman, avec 18 moyens nautiques et une centaine de militaires issus des brigades nautiques côtières ou fluviales, mais aussi de brigades territoriales disposant d’un moyen nautique, commandés par deux officiers supérieurs de la Gendarmerie maritime.

La troisième dimension a également fait l’objet d’une surveillance particulière avec de nombreux moyens aériens - hélicoptères, drones - et de Lutte anti-drone (LAD) qui témoignent d’une montée en puissance dans ce domaine. Outre les Forces aériennes de la Gendarmerie nationale (FAGN), des militaires de la Section de protection et d’appui drones (SPAD) de la Garde républicaine, la Gendarmerie des transports aériens (GTA) et la RGARA étaient engagés dans cette manœuvre 3D.

La Gendarmerie nationale a par ailleurs déployé des unités dans les domaines du renseignement et de la Police judiciaire (P.J.), de l’intervention spécialisée (GIGN), ainsi que de nombreux moyens spéciaux : Cellule nationale d'aide à la mobilité (CNAMO) et Cellule nationale observation exploitation de l’imagerie légale (CNOEIL) du GBGM, équipes cynophiles et EOR (Explosive ordnance reconnaissance) et moyens NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique).

Ce sommet du G7 a été par ailleurs le premier engagement opérationnel de l’Unité opérationnelle franco-italienne (UOFI), créée le 19 mai 2026 sur le modèle de l’Unité opérationnelle franco-allemande (UOFA), également déployée sur le G7. L’UOFI est composée de vingt gendarmes, dix de la RGARA et dix de la Région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte-d’Azur (RGPACA), placés sous le commandement du capitaine Robert Dossmann, adjoint au commandant de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Nice, et de vingt carabiniers, dix du bataillon de Turin et dix du bataillon de Gênes, placés sous le commandement d’une lieutenante italienne.

Lundi 15 juin 2026, en préambule au sommet, le président de la République, Emmanuel Macron, a tenu à remercier les forces de sécurité et de secours engagées, avec une pensée particulière pour les frères d’armes de l’adjudant Gwenaël Raffoux, affecté à la Brigade motorisée (B.Mo.) de Valserhône, dans l’Ain, décédé le samedi 13 juin 2026 dans un accident de la circulation, alors qu’il patrouillait dans le cadre du dispositif de protection du G7. Deux autres militaires ont été blessés.

GEND/SIRPA/V. MARTIN

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