Incendie dans les Pyrénées-Orientales : témoignage d'un gendarme au cœur des évacuations
- Par le chef d'escadron Romain Bastet
- Publié le 07 juillet 2026
Depuis le 4 juillet 2026, les militaires du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) des Pyrénées-Orientales sont mobilisés aux côtés des soldats du feu et des différents services de l’État pour faire face à un incendie de végétation d'une ampleur exceptionnelle. Évacuations d'habitants, sécurisation des secteurs sinistrés, appui aux secours : le témoignage du maréchal des logis-chef Téo illustre l'engagement des militaires pour protéger les populations.
Depuis samedi 4 juillet 2026 en début de soirée, les gendarmes des Pyrénées-Orientales sont engagés sans relâche aux côtés des sapeurs-pompiers et de l'ensemble des services de l'État pour faire face à l'incendie qui ravage le secteur de Trévillach. Alors que près de 4 900 hectares de végétation ont déjà été parcourus par les flammes, leur priorité est claire : protéger les populations.
Une cinquantaine de gendarmes du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) des Pyrénées-Orientales sont mobilisés. Leur mission consiste à évacuer les habitants des zones menacées, sécuriser les secteurs évacués, fermer les axes dangereux afin de faciliter la progression des secours, prévenir les cambriolages et renseigner en permanence le poste de commandement sur l'évolution de la situation.
Parmi eux, le maréchal des logis-chef Téo, de la Brigade territoriale autonome (BTA) d'Ille-sur-Têt. Dimanche 5 juillet au matin, le feu prend une ampleur considérable. Volontaire pour renforcer ses camarades alors qu'il se trouve en repos ce jour-là, il rejoint dès 8 heures le poste de commandement installé à Trévillach, avant de prendre la tête d'une patrouille composée du gendarme Erwan. À partir de 10 heures, les deux gendarmes enchaînent les interventions sans interruption.
Toute la journée, ils parcourent les quartiers résidentiels et les habitations isolées afin d'évacuer leurs occupants. Derrière chaque porte, une situation différente : des familles qu'il faut rassurer, des personnes âgées à accompagner, mais aussi des habitants réticents à quitter leur domicile malgré l'avancée des flammes.
« Face à un mur de flammes de quatre mètres de haut »
À Rodès, la patrouille est engagée dans une impasse où plusieurs habitations doivent être évacuées en urgence. Lorsque les deux militaires arrivent, le feu semble encore suffisamment éloigné. « Quand nous sommes entrés dans l'impasse, il n'y avait aucune flamme », se souvient Téo. Avec le gendarme Erwan, il fait le tour des habitations. Les militaires aident les habitants à rassembler quelques effets personnels, prennent en charge les animaux de compagnie et tentent de convaincre ceux qui refusent de quitter leur domicile. « Notre rôle était de leur faire comprendre qu'ils n'avaient plus le choix. »
Les derniers habitants finalement évacués, la patrouille reprend son véhicule. C'est à cet instant que la situation bascule. « On était les derniers à sortir de l'impasse. On a failli ne pas en sortir. » En quelques instants, le feu progresse brutalement et coupe presque toute possibilité de repli. « On s'est retrouvés face à un mur de flammes de quatre mètres de haut. » Pour échapper à l'incendie, les deux gendarmes n'ont d'autre choix que de poursuivre leur progression à travers les flammes. « On a fait rouler le véhicule dans les flammes, sinon on ne sortait pas », précise le chef.
Le lendemain, ils reviennent sur les lieux. Les maisons qu'ils ont évacuées la veille ont été détruites par le feu. « C'est aussi pour cela qu'il est indispensable d'écouter les consignes des forces de l'ordre. Quelques minutes peuvent faire toute la différence », explique le gendarme.
« C'est la première fois que je vois une telle intensité »
L'engagement de toute une journée au contact des fumées finit par avoir raison des organismes. En fin de mission, le maréchal des logis-chef Téo est pris en charge pour une intoxication aux fumées. Dès le lendemain matin, il reprend néanmoins son service aux côtés de ses camarades afin de poursuivre les opérations face à un feu qui poursuit sa progression. « C'est la première fois que je vois une telle intensité. Des incendies, j'en ai déjà connus, des évacuations aussi. Mais autant d'interventions dans la même journée, avec une telle urgence et autant de conséquences, jamais », confie-t-il.
À travers son engagement, c'est celui de l'ensemble des gendarmes mobilisés dans les Pyrénées-Orientales qui s'exprime. Depuis le début de cette crise, ils se relaient jour et nuit pour évacuer les populations menacées, sécuriser les secteurs sinistrés, appuyer l'action des services de secours et protéger les habitants confrontés à un incendie d'une intensité exceptionnelle.
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