Sommet du G7 : escortes et viabilité des axes, éléments-clés de la séquence diplomatique

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 16 juin 2026
© GEND/SIRPA/MDC B. LAPOINTE

Qui dit sommet international, dit escortes de délégations et donc nécessité de garantir la viabilité des axes pour leur libre circulation. Pour mener à bien cette mission essentielle, la Gendarmerie nationale a déployé 200 motocyclistes issus de la Région de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes et de la Garde républicaine.

Pour les 200 motocyclistes de la Gendarmerie nationale engagés dans la manœuvre de sécurisation du G7, la mission a débuté le samedi 13 juin 2026. La veille, ils étaient réunis à la Base logistique avancée (BLA) de La-Roche-sur-Foron. Les généraux de corps d’armée Lionel Lavergne, Directeur des opérations et de l’emploi (DOE), et Frédéric Boudier, commandant la Région de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes (RGARA) et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Sud-Est, et Commandant des forces de gendarmerie (COMFORGEND) pour le sommet du G7, sont venus à leur rencontre, accompagnés du général de division Jean-François Morel qui commande le Centre national des opérations (CNO).

© GEND/SIRPA/MDC B. LAPOINTE

Quelques instants plus tard, dans la salle de réunion qui surplombe la BLA, c’est l’heure du dernier briefing des chefs de groupe, avant que les motocyclistes ne rejoignent leur camp de base respectif. Le colonel Stanislas Ganuchaud, commandant du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Haute-Savoie, présente les grandes lignes de la manœuvre. « La sécurisation du G7 nécessite un dispositif de très grande ampleur avec d’importantes capacités logistiques au service de l’opérationnel. Ce sont plus de 6000 gendarmes qui vont œuvrer sur une petite portion du territoire national, dont 200 motocyclistes de la RGARA et de la Garde républicaine. Vous allez prendre part à une manœuvre d’ordre public déconcentrée sur les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. Notre action vise avant tout à être dissuasive. Notre effet majeur est de déceler toute action hostile de l’adversaire dans la profondeur, au plus loin de la zone où se déroulera le sommet. » Le colonel Ganuchaud a par ailleurs rappelé « l’importance de faire remonter les informations du terrain à vos chefs de groupe qui les feront suivre au chef du groupe de force flux ».

© PGHM Chamonix

Le chef de ce groupe de forces flux, c’est le commandant de l’Escadron départemental de contrôle des flux (EDCF) de la Haute-Savoie, le chef d’escadron (CEN) Vincent Pautrat. Dès le mois de septembre 2025, lorsque la structure G7 a été mise en place par la Région, il s’est vu confier le commandement de ce groupe de forces essentiel dans un sommet diplomatique. A commencé alors un travail de longue haleine, avec un double rôle puisqu’il animait également le groupe de travail flux-transports pour la préfecture de la Haute-Savoie. « J’ai mené de front ce travail avec les différents partenaires et le montage du groupe de forces flux, fruit d’une réflexion avec l’état-major de la RGARA, explique-t-il. Nous nous sommes appuyés sur l’expérience des Jeux olympiques et paralympiques de Paris pour organiser le dispositif selon trois types de missions : les escortes d’autorité, la viabilité des axes et l’appui à la mobilité, pour escorter un Escadron de gendarmerie mobile (EGM) notamment, mais aussi, le cas échéant, pour encadrer le transfert d’une personne interpellée dans le cadre du G7, à l’issue de sa garde à vue, depuis le pôle judiciaire de la BLA jusqu’au tribunal de Thonon-les-Bains pour sa présentation à une autorité judiciaire. »

© GEND/SIRPA/MDC B. LAPOINTE

Le nombre des forces générées pour ces missions s’élève donc à 200 : 37 motocyclistes de l’EDCF de la Haute-Savoie, 16 de l’escadron motocycliste de la Garde républicaine, le reliquat étant issu des autres EDCF de la RGARA. Le chef du groupe de forces est par ailleurs épaulé dans sa mission par le CEN de réserve Éric Fantin, ancien commandant d’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR, désormais nommé EDCF), et le CEN Adrien Gauthier, qui commande l’EDCF de l’Ain, à la manœuvre sur ce département, notamment à la barrière de douane principale de Bardonnex.

La mission « escortes » est répartie entre motocyclistes de la police et la gendarmerie. Ils seront 75 gendarmes engagés, dédiés à une délégation pendant toute la durée de sa présence au G7. « Les escortes sont composées de cinq ou huit motocyclistes selon qu’il s’agit d’une délégation d’un pays du G7, d’un pays invité ou d’une organisation internationale », précise le CEN Pautrat. Toute la difficulté de cette mission étant de planifier les engagements, les emplois du temps étant particulièrement fluctuants. « L’adaptabilité est le maître-mot », confirme l’officier.

© GEND/SIRPA/MDC B. LAPOINTE

Autre écueil : le territoire, enclavé, avec un seul axe pénétrant. C’est le rôle des motocyclistes dédiés à la viabilité des axes que de faire en sorte, en cas d’accident ou d’incident, que la route soit dégagée au plus vite avant le passage de l’escorte et, en cas d’impossibilité, de renseigner le chef du groupe de forces flux. « Leur rôle est de s’assurer que la capsule avance dans le tube, confirme ce dernier. C’est un travail de l’ombre. S’ils remplissent leur mission, les escortes ne rencontreront pas de difficultés majeures. » Un hélicoptère de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Chamonix fournira également un appui 3D. 

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Le CEN Pautrat sera lui positionné au Poste de commandement interministériel (PCI), au sein de la cellule « cortèges circulation ». « Le Service de la protection (SDLP) de la Police nationale est menante sur la partie cortèges, et la gendarmerie menante sur la partie circulation pour tout le département, sans tenir compte des zones de compétences, précise-t-il. Quand le COMFORGEND fait un point de situation à la préfète, c’est pour l’ensemble du département. »


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