Eurockéennes de Belfort : immersion avec le P.Mo. et le PSIG
- Par la capitaine Grondel Pénélope
- Publié le 06 juillet 2026
Situé sur la presqu’île du Malsaucy, à Belfort, le festival des Eurockéennes se déroule chaque année depuis 1989 au début du mois de juillet. Près de 30 000 visiteurs sont attendus chaque jour sur ce site de 55 hectares, accessible par une voie unique. L’afflux condensé de festivaliers représente un enjeu majeur, tant en termes de contrôle des flux à l’extérieur, que de troubles à l’ordre public à l’intérieur du festival. Agissant dans leur cœur de métier respectif, le Peloton motorisé (P.Mo.) et le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Belfort sont particulièrement sollicités dans le cadre de la sécurisation de cet événement. Immersion.
Vendredi 3 juillet 2026, deuxième jour du festival. Il est quinze heures lorsque le Peloton motorisé (P.Mo.) de Belfort s’installe aux abords du site du festival. Les portes n’ouvriront que deux heures plus tard mais les festivaliers commencent doucement à converger vers l’entrée. À ce stade, les axes routiers ne sont pas encore encombrés. Les militaires du P.Mo., renforcés par des réservistes, s’installent au point de dépose des navettes, mises en place par les organisateurs de l’événement, afin de contrôler le flux entrant de piétons. Une équipe cynophile se joint à eux afin de détecter les individus qui essayeraient de faire entrer de la drogue sur le site du festival. « Le chien, c’est vraiment efficace, il marque à chaque fois, reconnaît un militaire du P.Mo. Nous n’avons plus qu’à contrôler les individus une fois identifiés. » À partir de 16 h 30, l’affluence des navettes s’intensifie et les contrôles positifs également.
Le flux routier augmente dans le même temps. Les militaires du P.Mo. arrêtent leurs contrôles à la sortie des navettes pour se concentrer sur la fluidification du trafic. Ils vont également s’assurer toute la soirée de la viabilité de l’axe identifié pour l’arrivée rapide des secours sur le site en cas de besoin.
À 18 heures, le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Belfort commence son service sur la zone. Au cours de la soirée, les militaires veilleront à empêcher la survenue de troubles à l’ordre public à l’intérieur du site. En attendant, tant que le taux d’entrées reste relativement faible, ils prennent la place du P.Mo. à la sortie des navettes pour continuer la recherche de drogue. « L’idée est de limiter la quantité de drogue sur le site. Vu le monde, c’est difficile de totalement l’empêcher. Notre objectif est de contenir et surtout d’essayer d’intercepter les individus qui viennent au festival uniquement pour en vendre », explique le major Vincent Horn, commandant du PSIG. C’est vers 20 heures que l’unité d’intervention entrera sur le site, en réserve, en mesure de se porter sur tout événement, d’initiative ou sur appel des partenaires ou du commandement positionné au Poste de commandement avancé (PCA) situé à l’entrée du festival.
Face au ballet de véhicules qui essayent de se rapprocher au maximum de l’entrée du festival, les militaires du P.Mo. procèdent à des contrôles aléatoires, orientent les festivaliers pour se stationner correctement et font de la prévention sur les conduites addictives, notamment en prévision de la fin de soirée. Pour assurer la viabilité des axes, des verbalisations ou des mises en fourrière sont effectuées. Les routes aux abords du site du festival ne sont pas dimensionnées pour accueillir une telle quantité de véhicules. Pour éviter tout incident, il est impératif de garder les axes libres et qu’un maximum de véhicules se stationnent sur les parkings prévus par les organisateurs du festival.
Il est 20 heures, le PSIG gagne son emplacement à l’intérieur du festival. En ce deuxième jour de concerts, l’affluence de spectateurs est plus importante et plus éclectique que la veille au regard de la programmation du soir. Toutes les entrées ont été vendues. Les militaires du PSIG sont à l’affût, ils sont déjà alertés de la présence d’individus qui commettent des vols de bijoux à l’arrachée au milieu de la foule. Quelques minutes plus tard, ils aperçoivent une vente de drogue entre deux individus, ils les contrôlent. « À l’intérieur du festival, nous sommes obligés de sélectionner, on ne peut pas contrôler tous les consommateurs. On augmenterait le risque d’échauffement des esprits et on ne serait plus disponibles pour des faits plus importants, comme du deal, des bagarres, des vols ou encore des agressions, explique le major Vincent Horn. L’important, c’est de limiter les troubles à l’ordre public pendant la soirée pour permettre aux festivaliers de profiter le plus sereinement possible de la fête. »
Les militaires du PSIG enchaînent les interventions toute au long de la soirée, sans événements majeurs. L’ambiance globale du festival reste « bon enfant », reconnaissent collectivement les équipiers de l’unité d’intervention.
Il est 23 heures et la fin de soirée approche doucement. Le flux sortant s’intensifie progressivement sans encombre à l’intérieur du festival. Les militaires du P.Mo., quant à eux, mettent en place des dispositifs de contrôle routier sur les points stratégiques des axes de dégagement. Deux objectifs pour eux à ce moment clé de la soirée : fluidifier l’évacuation des véhicules et surtout réaliser des contrôles d’alcoolémie pour éviter que des individus qui ne sont pas en état de conduire représentent un danger pour les autres automobilistes. Ils resteront en place jusqu’à l’évacuation totale des véhicules, vers 4 heures du matin.
Le bilan de la soirée est bon : peu de contrôles positifs. La visibilité et la prévention réalisée par les gendarmes tout au long de la journée semble avoir porté ses fruits. Les festivaliers se sont montrés raisonnables et ont repris la route sereinement pour se reposer avant une nouvelle journée au rythme des caissons de basses et des guitares électriques.
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