Lieutenant-colonel Olivier Monceret : de la gendarmerie mobile à l’international

  • Par la lieutenante Floriane Hours
  • Publié le 15 novembre 2025
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Fin octobre 2025, s’est tenu à Paris le sommet de la présidence française de la FIEP. Venant clore une année de réflexion tournée autour de la question de l’intelligence artificielle, ce grand événement, présidé par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réuni les vingt-trois directeurs généraux des forces de gendarmerie. Un sommet majeur, piloté par le bureau des partenariats extérieurs du Commandement de la gendarmerie pour les missions extérieures (CGMEx), à la tête duquel se trouve un homme, ancien sous-officier de gendarmerie mobile devenu aujourd’hui l’interlocuteur privilégié de gendarmes du monde entier, le lieutenant-colonel Olivier Monceret.

Lorsqu’il intègre la gendarmerie, en novembre 1990, en tant que gendarme auxiliaire (un peu par hasard), le lieutenant-colonel Olivier Monceret n’imagine pas un instant qu’un jour il deviendra officier supérieur, chef de bureau au Commandement de la gendarmerie pour les missions extérieures (CGMEx), en lien chaque jour avec des généraux et des officiers du monde entier. Et pourtant ! Après une carrière de sous-officier en gendarmerie mobile, il décide, alors qu’il est maréchal des logis-chef, de passer le concours pour devenir officier. Après un premier échec, il retente sa chance et réussit. Nous sommes en 2006, et le chef Olivier Monceret quitte l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, pour rejoindre les bancs de l’EOGN (aujourd’hui Académie militaire de la Gendarmerie nationale). Une nouvelle carrière débute.

Un virage à l’international

En tant qu’officier, Olivier Monceret va commander le Peloton d’intervention (P.I.) de l’EGM de Dijon, avant de prendre le commandement en second (et de participer à la création) du PI2G (Peloton d’intervention de 2génération) de Dijon, unité qui deviendra une antenne GIGN. Gendarme mobile jusqu’au bout du képi, il prend, en 2015, la tête de l’EGM de Châteauroux, puis celle de l’antenne GIGN de Tours.

Marqué par l’opérationnel, par l’intervention et par la gestion des événements, il décide, en 2021, de donner un tout nouveau virage à sa carrière : celui de l’international. « En 2021, je suis affecté au CGMEx. Je ne connaissais pas tellement cette unité, mais cela faisait longtemps que j’avais envie de travailler sur une mission en lien avec l’international. Au cours de mes précédentes affectations, je suis d’ailleurs parti en Guinée, en Guinée équatoriale, au Mali ou encore au Tchad pour faire de la formation. J’avais également effectué une demande pour une mission en Opérations extérieures (Opex) au Kosovo, mais je n’ai pas été retenu. Je ne savais pas beaucoup de choses sur l’international, mais la mobilité, en revanche, je connaissais. En gendarmerie mobile, on est bercé par les déplacements, la rencontre avec d’autres cultures, d’autres populations, l’ouverture d’esprit et l’adaptation aux différents terrains : c’est quelque chose qu’on connaît déjà. La population de Guyane n’est pas la même que celle de Nouvelle-Calédonie, par exemple. »

Au CGMEx, l’officier est affecté au bureau des partenariats extérieurs, dont il deviendra l’adjoint, puis le chef. Au sein de cette entité de la gendarmerie, en charge de la préparation, du déploiement et du soutien des militaires affectés en mission extérieure, son bureau est le point d’entrée de la gendarmerie pour la Force de gendarmerie européenne (FGE), pour l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) et pour la FIEP, l’association des gendarmeries du monde. Dans le cadre de ces trois missions, le lieutenant-colonel Olivier Monceret va découvrir un tout nouvel univers.

Point de contact national

Dans le cadre de la FIEP, l’officier a eu pour mission d’organiser et de coordonner les différentes commissions sur le plan national au sein de la gendarmerie, mais aussi, avec l’année de la présidence française, pour l’ensemble des commissions et des pays. Un travail considérable, mené en lien direct avec le Pôle des affaires européennes et internationales de la gendarmerie (PAEI).

Au sein de la FGE, la Force de gendarmerie européenne, force opérationnelle déployée sur plusieurs territoires, comme le Kosovo, en appui des forces de sécurité intérieure, le lieutenant-colonel et son bureau œuvrent au renforcement des liens entre les pays membres, au développement de nouvelles initiatives, au déploiement des gendarmes à l’étranger et à la montée en puissance de cette force, dont la gendarmerie prendra la présidence fin 2026.

Son bureau a également un rôle de point de contact national avec l’OTAN. « Au sein de cette organisation, nous travaillons avec le commandement de la gendarmerie prévôtale et les autres armées pour avancer ensemble sur la doctrine et sur la police de stabilisation. »

Des échanges de haut niveau, au cours desquels le lieutenant-colonel Monceret porte régulièrement, au milieu de plusieurs dizaines d’autres pays, la voix de la gendarmerie. Des discussions exigeantes, pour lesquelles il a dû apprendre à faire preuve de tact et de diplomatie. « La patience n’est clairement pas mon point fort, mais quand on travaille à l’international, il peut exister, avec l’ensemble des partenaires (surtout dans le multilatéral), une certaine inertie. Il faut en tenir compte et faire avec si l’on veut pouvoir faire avancer les choses. Ça peut être un peu frustrant, mais quand le projet aboutit enfin, c’est très satisfaisant de voir que quand on s’accroche, ça donne de bons résultats. »

Cet intérêt pour l’international, le lieutenant-colonel Olivier Monceret ne sait pas vraiment l’expliquer. Issu d’une famille modeste, son père, cheminot, part vivre en Algérie, puis en Mauritanie, où la France œuvre à la création de ce qui deviendra la plus grande voie de chemin de fer au monde. C’est dans ce pays, à l’ouest de l’Afrique, que le lieutenant-colonel passe ses deux premières années avant de rentrer en métropole. « C’est peut-être la frustration d’être né et d’avoir vécu à l’étranger sans m’en souvenir qui m’a poussé à vouloir travailler sur le sujet de l’international », déclare-t-il en souriant.

Un attrait qui, même après quatre ans au CGMEx, ne le quitte pas. Après la réussite de l’année de présidence FIEP et la préparation de la présidence FGE à venir, l’officier quittera ce service de la gendarmerie avec toujours en tête une nouvelle affectation à l’étranger. Peut-être la dernière avant son départ à la retraite. Lorsqu’il repense à son parcours, il esquisse un petit sourire en concluant : « Quand on y pense, je suis entré en gendarmerie sans le bac, je ne savais même pas ce que je voulais faire, et aujourd’hui me voilà lieutenant-colonel, passé de l’intervention aux relations internationales. C’est quand même une belle maison, la gendarmerie »


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