Capitaine Franck Martineau : un engagement sans faille aux côtés des blessés de la gendarmerie
- Par la lieutenante Floriane Hours
- Publié le 03 décembre 2024

Depuis quatre ans maintenant, le capitaine Franck Martineau, adjoint de la section sociale, de l’accompagnement des blessés et du handicap, et référent national sur le sujet, développe des projets d’accompagnement des blessés de la gendarmerie. Un engagement sans faille au service des gendarmes, que Gendinfo a souhaité mettre en lumière à l’occasion de la journée nationale des Phénix de la gendarmerie, ce mardi 3 décembre 2024.
Chaque année, ce sont entre 8 000 et 9 000 gendarmes qui sont blessés en service. Parmi eux, environ 2 300 sont considérés comme des blessés graves, souffrant de traumatismes physiques et/ou psychologiques. Pour accompagner ces militaires, touchés dans le cadre de leur activité professionnelle, la gendarmerie a créé, en 2017, au sein de la section sociale de l’accompagnement des blessés et du handicap, un poste de référent national au niveau de l’administration centrale. Ce poste a été confié à un officier de gendarmerie, le capitaine Franck Martineau.
Venir en aide aux camarades
Le capitaine Martineau a commencé sa carrière en tant que sous-officier dans la gendarmerie mobile. Au sein de cette subdivision d'armes, il vient régulièrement en aide à ses camarades blessés. « Pendant mes années de sous-officier, j’ai obtenu mes qualifications dans les domaines de l’intervention et du sport, le CT1, puis le CT2 EPMS. J’ai également développé une appétence pour aider mes camarades quand ils se blessaient. Il s’agissait de petites blessures, des entorses par exemple, mais je leur élaborais des programmes sportifs grâce à mes qualifications dans le domaine de la ré-athlétisation. Pour poursuivre dans cette voie, j’ai également passé un diplôme dans ce domaine au sein du Centre national des sports de la défense (CNSD). J’ai ensuite passé le concours d’officier issu du rang, et c’est pendant mon année de formation à l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (anciennement École des officiers de la gendarmerie nationale / EOGN) que j’ai vu un appel à volontaires pour le poste de référent blessés. J’ai immédiatement postulé pour cette noble cause. »
À sa sortie de formation, en 2020, le capitaine Martineau, alors lieutenant, intègre ainsi la section d’accompagnement des blessés de la gendarmerie, au sein de la Sous-direction de l’accompagnement du personnel (SDAP). Dans cette section, créée trois ans auparavant, en 2017, tout reste à construire.
Des bulles hors du temps pour se reconstruire
À peine arrivé, le capitaine décide de mettre en place de nouveaux stages d’accompagnement des blessés de la gendarmerie. Des moments privilégiés où ces militaires, surnommés Phénix au sein de l’institution, peuvent se retrouver, échanger et se reconstruire doucement. « J’ai développé le dispositif de la RBS en créant à mon arrivée un stage d’équitation adaptée, baptisé Cent’Or, en lien avec la garde républicaine. Ensuite, voyant les bienfaits que la montagne pouvait apporter aux blessés, j’ai mis en place le stage « Esprit de cordée », avec l’appui du Centre national d'instruction de ski et d'alpinisme de la gendarmerie (CNISAG) de Chamonix. Plus récemment, j’ai mis en place le stage aquatique, Aqua’Phénix, à Argelès-sur-Mer, lequel demande un peu plus d’engagement. Afin de moduler l’offre et de répondre aux attentes, j’ai également cherché à améliorer le stage famille existant (Ad Refectio), afin de mieux répondre aux besoins des blessés et de leurs proches. »
Lors de ces stages, les Phénix se retrouvent durant une semaine. Deux sessions sont organisées chaque année pour chacun d’eux, réunissant à chaque fois entre dix et douze personnes maximum. « Le nombre de participants et la durée des stages sont restreints, parce que je privilégie la qualité à la quantité », précise le capitaine, qui prépare puis encadre chacun de ces stages.
Ces moments privilégiés, rassurants et encadrés, notamment par des psychologues, permettent aux blessés de reprendre doucement confiance en eux et en leurs capacités. Outre ces stages 100 % gendarmerie, le capitaine Martineau copilote également des stages interarmées proposés par le CNSD ou une des trois armées. « Le nombre de places qui nous est ouvert est très limité, avec souvent trois ou quatre places maximum. Mais cela permet aux blessés d’avoir une ouverture vers l’extérieur, de voir autre chose et d’échanger différemment. » Par ailleurs, des manifestations sportives sont également proposées aux blessés au cours de l’année, comme la participation à la course « Les gendarmes et les voleurs de temps ». Un événement durant lequel ils se retrouvent pour participer à de nombreuses activités, telles que la marche nordique de 15 km et/ou une course à pied de 10 km.
Toujours sous l’impulsion du capitaine Martineau, chaque année, depuis 2022, les Phénix se rendent sur le Tour de France et parcourent les soixante derniers kilomètres d’une étape en amont du peloton. Des défis sportifs sont également organisés avec les différentes promotions des écoles de gendarmerie. « Au travers de ces événements sportifs, les blessés sont inclus avec d’autres sportifs ou d’autres camarades gendarmes et se retrouvent au sein de la grande famille de la gendarmerie, qui prend là tout son sens », poursuit le capitaine.
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Connu et reconnu
Peu connu en gendarmerie il y a quelques années, le travail du capitaine Franck Martineau en matière de Reconstruction des blessés par le sport (RBS), prend chaque année un peu plus d’ampleur et de notoriété. Alors qu’auparavant, il allait à la rencontre des blessés pour leur proposer un accompagnement, ce sont désormais régulièrement les blessés ou leurs camarades, convaincus des bienfaits de cet accompagnement, qui s'adressent directement à lui. « Un grand nombre d'entre eux témoignent et reconnaissent qu’ils sont remotivés et que les stages constituent une véritable thérapie. Nous avons également reçu des retours de commandants d’unité qui nous remercient car ils voient leurs militaires revenir avec le sourire et un dynamisme retrouvé. Les blessés retrouvent l’envie de faire des activités, de s’engager au sein de leur unité, ce qu’ils ne faisaient plus auparavant à cause des blocages causés par leur blessure et leur crainte. C’est également une grande satisfaction lorsque les blessés constatent, lors des stages de RBS, qu’ils sont encore capables d’accomplir certaines choses. Certains poursuivent même la pratique sportive découverte lors du stage en s’inscrivant dans un club sportif, et retrouvent ainsi des aptitudes professionnelles. »
Parmi les ambassadeurs sur lesquels la section du capitaine Martineau peut compter, se trouve l’association des Phénix de la gendarmerie. Créée en février 2023 par huit militaires ayant participé eux-mêmes aux stages de RBS, cette association signataire de la Charte de la gendarmerie s’est fixé pour objectif de créer une plus grande cohésion et une entraide entre les blessés, mais aussi d’améliorer leur appréhension de certaines démarches, dans un parcours post-blessure encore souvent difficile. L’association apporte également une grande visibilité aux actions menées par le capitaine Martineau, notamment les stages RBS, dont elle contribue au financement à travers des collectes de fonds réalisées par le biais de la vente de « goodies » et l’organisation de challenges sportifs.
Enfin, dans la continuité des évolutions en matière d’accompagnement, le village des blessés, dont l’inauguration est prévue en février 2025, permettra d’offrir, sur le site du CNSD, à Fontainebleau, un meilleur accueil ainsi qu’une meilleure prise en compte des blessés des armées et de la gendarmerie. Il permettra également de mettre en place des actions de prévention à destination des militaires de la gendarmerie confrontés quotidiennement à des situations traumatisantes ou complexes.
Cette initiative interarmées, pilotée par le CNSD et le Service de santé des armées (SSA), a vu le jour grâce au soutien financier de l’armée de Terre et de la Gendarmerie, auxquelles se sont ajoutés plusieurs mécènes extérieurs, également convaincus par cette noble cause. Un projet qui réjouit le capitaine : « C’est tellement riche humainement de voir des gens qui ne pensaient plus pouvoir faire telle ou telle chose et qui finalement y parviennent. Cela apporte tellement. À la fin des stages, ils nous remercient immanquablement pour tout ce qu’on leur apporte. Et je les remercie en retour pour tous les bienfaits et toutes les choses fantastiques qu’ils nous transmettent à travers leur résilience. »
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