Les Phénix de la Gendarmerie : une association engagée auprès des blessés

  • Par le commandant Céline Morin
  • Publié le 20 janvier 2024
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Quelques photos prises lors du défi sportif organisé fin 2023.

En complément de l’action de la Sous-direction de l’accompagnement des personnels, avec laquelle elle travaille étroitement, la toute jeune association des Phénix de la Gendarmerie s’est fixé l'objectif de tisser un réseau de soutien mutuel des blessés, mais aussi d’appuyer l’action de la gendarmerie, en contribuant au financement d’activités nouvelles lors des stages de reconstruction des blessés par le sport.

Chaque année, plus de 4 500 gendarmes sont blessés, à des degrés de gravité variables, dans l’exercice de leurs fonctions. Tel est le lourd tribut de leur engagement quotidien, parfois au péril de leur vie, pour protéger la population, les biens et plus largement notre territoire.

Pour les accompagner, ainsi que leurs familles, après la blessure, qu’elle soit physique ou psychologique, la gendarmerie mobilise ses différents services compétents. Elle a ainsi notamment développé, en coopération avec le Service de santé des armées (SSA) et le Centre national des sports de la Défense (CNSD), son propre dispositif de Reconstruction des blessés par le sport (RBS), lequel s’est largement étoffé ces dernières années.

Des offres propres à la gendarmerie sont ainsi venues s’ajouter aux stages et rassemblements interarmées, nationaux et internationaux, pilotés par le CNSD, à l’instar de la Journée annuelle des Phénix, des stages « Ad refectio blessés familles », « Cent’Or » (équitation adaptée), « Esprit de cordée » ou encore « Aquaphénix ». Tous labellisés par le CNSD et le SSA, ces stages s’intègrent dans la perspective du village des blessés, en construction sur le site du CNSD, à Fontainebleau, qui va offrir de nouvelles capacités d’hébergement et de prise en charge des gendarmes blessés.

Afin de compléter le dispositif piloté par la Sous-direction de l’accompagnement des personnels (SDAP), huit militaires, qui se sont d’ailleurs eux-mêmes rencontrés lors d’un stage RBS organisé par la SDAP, ont lancé, le 7 février 2023, une association, dont l’objectif est de créer une plus grande cohésion et entraide entre les blessés, mais aussi d’améliorer leur appréhension de certaines démarches, dans un parcours post-blessure encore souvent difficile. Son nom : Les Phénix de la Gendarmerie. Celle-ci fera d’ailleurs prochainement son entrée dans la famille des associations signataires de la Charte gendarmerie.

Par les blessés pour les blessés

« Tous les blessés à l’initiative de l’association, dont je fais partie, ont pu rencontrer des difficultés dans leurs démarches, non pas liées au dispositif mis en place par la gendarmerie, mais plutôt à des problèmes d’ordre humain, relate le lieutenant Nicolas Labbé, membre du Comité de direction des Phénix. En créant cette association et ce lien entre les blessés, nous voulions être en mesure de pouvoir les soutenir à notre niveau, les renseigner par exemple sur les dispositifs auxquels ils peuvent avoir accès et, surtout, faciliter leurs démarches en les orientant rapidement vers les bons interlocuteurs et services. Ce partage d’expérience nous permet de nous épauler, d’aller de l’avant ensemble. »

Un réseau de soutien et d’accompagnement des blessés par les blessés donc, mais qui travaille en lien permanent avec la SDAP et les Bureaux de l’accompagnement du personnel (BAP) en région. « Nous ne cherchons surtout pas à supplanter la gendarmerie sur ses missions d’accompagnement, mais bien à travailler en complément et en appui de ce qui est fait », insiste l’officier, avant d’ajouter avec satisfaction : « Nous commençons d’ailleurs à être associés aux travaux conduits par la SDAP mais aussi en interarmées, comme la construction du village des blessés. Notre souhait est d’être une force de propositions. »

Un peu moins d’un an après sa création, l’association des Phénix de la gendarmerie compte quelque 143 membres, essentiellement des blessés. Ce réseau, tissé à travers tout le territoire, en métropole et en outre-mer, permet d’établir un contact direct avec les nouveaux blessés, mais également de « détecter des situations qui sont potentiellement passées entre les mailles du filet et de les faire remonter à la SDAP. »

Un défi sportif au bénéfice des stages de RBS

L’une des premières actions visibles de l’association a été de s’associer à la journée des blessés de la gendarmerie, organisée à la direction générale le 7 novembre 2023, et de rendre hommage à l'ensemble des blessés de l’Institution à travers un défi sportif virtuel organisé sur une période d’un mois. « Nous souhaitions faire un parallèle avec l’opération « Pour nos blessés » organisée par les armées. Nous avons donc eu l’idée de ce défi, où chaque participant pouvait réaliser une activité physique sur 5 ou 10 km, ou encore un défi libre, puis poster ou nous envoyer une photo avec son dossard. C’est aussi une façon d’accompagner nos camarades blessés dans la reconstruction par le sport. »

Une action de soutien qui a remporté un franc succès, puisqu’elle a totalisé plus de 2 250 participants, et ce jusque dans les territoires les plus éloignés, comme Saint-Pierre-et-Miquelon, les Antilles ou encore la Polynésie, permettant de récolter 11 250 euros. Cette somme sera utilisée au profit des blessés, notamment pour contribuer au financement d’activités lors des stages RBS.

« Fin 2023, nous avons par exemple participé financièrement à la mise en place d’une activité chiens de traîneau lors du stage Esprit de cordée. Nous continuerons d’apporter notre aide sur les futurs stages, ce sera l’un de nos axes d’effort. »

Pour ce faire, l’association renouvellera donc ce type d’opération, songeant même déjà à un nouveau défi en phase avec l’année olympique qui s’ouvre à nous : faire circuler la flamme des Phénix de groupement en groupement. Elle enjoint également le plus de personnes possible à venir grossir ses rangs : « tout le monde ayant un lien avec la gendarmerie, personnels, enfants, conjoints, peut nous rejoindre et adhérer à l’association viaHelloasso.com. Nous avons aussi besoin de bonnes volontés pour faire fonctionner l’association, et bien sûr de sponsors », lance le LTN Labbé.

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