Présentation du projet CapSatory au ministre de l’Intérieur

  • Par le commandant Céline Morin
  • Publié le 12 décembre 2025
© SIRPA-G - MAJ F. Bourdeau

En déplacement sur le plateau de Satory, ce vendredi 12 décembre 2025, le ministre de l’Intérieur, M. Laurent Nuñez, s’est vu présenter les grandes lignes du projet CapSatory, première opération immobilière d’ampleur en partenariat public-privé engagée par la gendarmerie depuis plus de dix ans. Ce projet vise à améliorer les conditions de travail et de vie des militaires et de leurs familles en modernisant et sécurisant cette emprise gendarmerie de plus de 45 hectares, où sont implantés le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, le Groupement blindé de gendarmerie mobile et près de 1 000 logements.

Ce vendredi 12 décembre 2025, en milieu de matinée, à l’issue de la prise de commandement du colonel Benoît Villeminoz dans l’enceinte de la caserne Pasquier, où est implanté le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), le ministre de l’Intérieur, M. Laurent Nuñez, accompagné du préfet des Yvelines, M. Frédéric Rose, et du Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau, s’est rendu au quartier Moncey, emprise voisine abritant notamment les unités du Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM), où ils ont été accueillis par le général Éric Lebas, à la tête du GBGM depuis l’été dernier.

Après avoir traversé le site, longeant les hangars dédiés aux différents escadrons, c’est dans l’un d’eux, au milieu des véhicules Centaure, que M. Frédéric Rose et le général Olivier Dubois, chef de la Mission des marchés de partenariat (MMP) et directeur du projet CapSatory, ont successivement présenté ce projet immobilier de grande ampleur au ministre et aux autorités civiles et militaires présentes, parmi lesquelles M. François De Mazières, maire de Versailles, en présence d’une délégation représentant les différentes unités du GBGM.

CapSatory : le processus de sélection des groupements candidats est lancé

Né à l’automne 2023, dans le prolongement de la lettre plafond adressée par la Première ministre de l’époque, Élisabeth Borne, autorisant la gendarmerie à recourir de nouveau aux marchés de partenariat pour conduire ses grands projets immobiliers, ce vaste programme (le premier en partenariat public-privé conduit par la gendarmerie depuis une dizaine d’années) répond à la volonté de l’institution d’améliorer les conditions de vie et de travail des gendarmes et de leurs familles. Le choix de la réhabilitation des infrastructures du plateau de Satory, comprenant celles du GBGM, du GIGN et près de 1 000 logements attenants, a été guidé par l’urgence de la situation : construits pour la plupart dans les années 1970 et 1980, les bâtiments sont devenus inadaptés à la montée en puissance des unités et présentent une vétusté marquée, notamment en matière de performance énergétique.

Avec un investissement estimé à 600 millions d’euros, CapSatory prévoit la rénovation complète de la plus grande caserne de gendarmerie de France (45 hectares) sur une période de sept ans, en site occupé afin de ne pas interrompre l’activité opérationnelle des unités, ce qui implique un phasage précis des travaux. L’un des grands avantages du marché de partenariat est que le titulaire assure non seulement la conception et la construction, mais aussi l’entretien et la maintenance des bâtiments. À l’issue du contrat d’exploitation de vingt ans, soit en 2054, les infrastructures, implantées sur le foncier de la gendarmerie, reviendront intégralement en domanialité.

Au-delà de la modernisation des bâtiments, le projet prévoit notamment la création d’un « hub » logistique mutualisé pour le GBGM, le doublement de l’emprise du GIGN, la réhabilitation du parc de logements existant et la construction de 300 supplémentaires, ainsi que la sécurisation intégrale du site. Il s’inscrit également dans une logique de durabilité exemplaire, intégrant par exemple la gestion des eaux pluviales, la désimperméabilisation des sols, la végétalisation des espaces et le développement des énergies renouvelables.

Depuis la décision de la réunion interministérielle du 8 septembre 2025, le projet CapSatory est entré dans sa phase d’appel à candidatures, qui marque le lancement officiel du processus de sélection des groupements candidats au partenariat public-privé.

Un « projet majeur » du ministère « absolument indispensable »

À l’issue de cette présentation, et avant de signer le livre d’or du projet CapSatory, le DGGN a remercié le ministre, ainsi que le préfet des Yvelines et le maire de Versailles, où la gendarmerie est très fière d’être présente, pour leur soutien et leur appui dans la conduite de ce projet. Car pour la gendarmerie, force armée de couverture des territoires, « l’immobilier est absolument essentiel » pour fidéliser les militaires, à travers l’amélioration de leur quotidien, qu’il s’agisse de leurs conditions de travail comme de leurs conditions de vie et celles « des familles qui supportent nos militaires au quotidien, notamment au GBGM. » « Ce lancement est vraiment porteur d'espoir pour tous nos gendarmes, toutes leurs familles », a conclu le général d’armée Hubert Bonneau, pointant la symbolique forte de se retrouver sur le plateau de Satory, au cœur du GBGM.

Prenant à son tour la parole, le ministre de l’Intérieur a également remercié le maire de Versailles pour « ce partenariat extrêmement fort » dans le cadre du projet CapSatory. Un « projet majeur » du ministère qui « était absolument indispensable. » Et de replacer CapSatory dans une stratégie plus large, dont l’enjeu est de permettre à la gendarmerie un retour à la domanialité, dans un souci de proximité. « La proximité, c'est l'ADN même des gendarmes, […] être au plus proche des citoyens, au plus proche de ceux que vous défendez », a rappelé Laurent Nuñez.

Précisant que cette « orientation importante pour la gendarmerie » nécessitera des investissements, il a à ce titre souligné l’effort sans précédent consenti par l’État à l’immobilier de l’institution, avec 350 millions de budget prévu pour 2026, contre 300 en 2025. Il a également souligné la nécessité de maintenir « un équilibre et beaucoup de transparence avec nos partenaires que sont les collectivités territoriales ».

Le ministre de l’Intérieur a conclu son propos en saluant l’action du GBGM et, plus largement, « l’importance de la gendarmerie nationale dans notre dispositif de sécurité ». « Le GBGM […] est une unité pour nous qui est extrêmement importante, […] qui accomplit énormément de missions, qui est indispensable pour la sécurité de nos concitoyens, pour la protection de nos institutions », a-t-il déclaré avant de remercier « l'ensemble des effectifs pour leur concours extrêmement précieux sur toutes ces missions […] diverses variées mais qui sont essentielles pour la protection de nos concitoyens. »


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