Prolonger sa carrière au-delà de la limite d'âge ou se réengager : deux opportunités quand l’envie de servir demeure
- Par le commandant Céline Morin
- Publié le 30 mai 2025

La Gendarmerie enregistre de nombreuses demandes de militaires, sous-officiers comme officiers, qui aspirent à être maintenus dans les rangs au-delà de la limite d’âge de leur grade. D’autres souhaitent également se réengager après une retraite anticipée, comme l’autorise désormais la loi du 1er août 2023 de programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Cette tendance, ajoutée aux excellents résultats obtenus en termes de recrutement, souligne l’attractivité de la gendarmerie et témoigne d'une envie de servir pérenne.
Si les démissions en gendarmerie interrogent et font parfois couler beaucoup d’encre, les derniers chiffres sont pourtant rassurants. La tendance est en effet à une stabilisation de la courbe, avec, à ce stade de l’année, des chiffres conformes à la programmation 2025. Par exemple, le cumul des départs de sous-officiers avant la limite d’âge (hors attrition en écoles) depuis le début de l'année est inférieur de 34 par rapport au cumul constaté l'année dernière à la même époque.
D’ailleurs, dans le même temps, la direction des ressources humaines de la gendarmerie nationale (DRHGN) enregistre de nombreuses demandes de gendarmes souhaitant exercer leur emploi au-delà de la limite d’âge ou se réengager après une expérience externe ou une retraite anticipée, comme l’autorise désormais la loi de programmation militaire (LPM) du 1er août 2023 pour la période 2024-2030. Concrètement, celle-ci permet aux anciens militaires de carrière qui ont cessé leurs fonctions depuis moins de cinq ans de demander à reprendre une carrière militaire, et d’être possiblement réintégrés au grade et à l’ancienneté de grade qu’ils détenaient lors de leur radiation des cadres.
En 2024, 296 sous-officiers de gendarmerie (SOG) ont ainsi pu bénéficier d’un maintien dans les rangs au-delà de la limite d’âge. Dans le même temps, 63 SOG du cadre général et un militaire du cadre des spécialistes ont vu leur demande de réengagement agréée. S’agissant des militaires du corps de soutien technique et administratif (CSTAGN), 27 demandes de maintien ont été agréées en 2024, la grande majorité pour des périodes inférieures à un an. Huit militaires du CSTAGN sont actuellement en service au-delà de la limite d'âge.
Enfin, 134 demandes de maintien au-delà de la limite d’âge ont été étudiées au titre de 2024 concernant les Officiers de gendarmerie (OG) et du corps technique et administratif (OCTA), et 87 pour 2025, lors de la première commission qui s’est tenue en janvier dernier. Une seconde commission est prévue le 10 juin 2025. Les dossiers de demandes de maintien au-delà de la limite d’âge sont en cours d’analyse.
En outre, en plus des dispositifs prévus par la LPM, quatorze officiers ont demandé à réintégrer l’Institution à l’issue d’une position statutaire particulière sur demande (congé pour convenance personnelle non rémunéré, détachement sur demande, disponibilité, congé de reconversion) en 2024.
Autre élément factuel confirmant l’attractivité de la Gendarmerie nationale, dans un contexte de recrutement pourtant sous tension dans le service public : le nombre important de candidats se présentant aux différents concours, permettant à la Gendarmerie de se prévaloir d’un très bon taux de sélectivité. Le dernier concours de sous-officier, qui s’est déroulé en septembre 2024, a ainsi permis de pourvoir sans difficulté les 2 400 postes offerts, avec un taux de sélection en hausse par rapport à l’année précédente, soit 1 admis pour 3,31 candidats ayant composé. Aucune liste complémentaire n’a d’ailleurs été établie, traduisant une volonté affirmée de garantir un recrutement de qualité.
Le concours de mars 2025, dont les résultats seront proclamés le 11 juillet 2025, confirme cette tendance, avec 7 803 candidats pour 2 100 postes offerts, soit une sélectivité toujours en hausse de 1 recruté pour 3,71 candidats ayant composé.
Il est également intéressant de noter qu’en moyenne 37,5 % du recrutement SOG provient de la population de GAV, qui choisissent d’intégrer la gendarmerie après quelques années passées dans ses rangs, et que 44 % du recrutement OG. provient du corps des SOG, preuve là encore d’une dynamique de carrière intéressante.
Un attachement à l’Institution qui se retrouve également au sein de la réserve opérationnelle. En effet, de nombreux officiers et sous-officiers, partis à la retraite en limite d’âge ou de manière anticipée pour des raisons personnelles ou à la suite d’une opportunité professionnelle, s’y investissent.
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