Stage OPSIS : les militaires de la Garde républicaine en formation opérationnelle
- Par le chef d’escadron Charlotte Desjardins, du 2e régiment d'infanterie de la Garde républicaine
- Publié le 24 février 2026
Au cours du mois de janvier 2026, pendant onze jours, deux sections d’infanterie de la Garde républicaine ont participé au stage OPSIS. Une formation placée sous le signe de l’engagement opérationnel et de la montée en compétences.
8 h 45, quelque part en Île-de-France. Quatre-vingts militaires de la Garde républicaine sont rassemblés dans la brume fraîche de ce matin d’hiver. Deux sections d’infanterie, un peloton d’intervention, des gendarmes de la Section protection appui drone (SPAD), une Section de réaction rapide (SRR) et des « plastrons ».
Un peu à l’écart, le major Grégory, chef de section, décline son ordre initial à l’intention de ses chefs de groupe, sous le contrôle de plusieurs cadres arborant une chasuble jaune.
Présentation du terrain, situation, missions, cadre légal… chacun sait ce qu’il a à faire. Les chefs de groupe répercutent les ordres auprès de leurs militaires.
Avant le départ sur le secteur de l’exercice, le colonel David Neto, commandant le 2ᵉ Régiment d’infanterie (R.I.), s’adresse aux personnels. Un dernier briefing de sécurité est ensuite délivré par le capitaine Thomas. Tous rejoignent alors leur poste.
« À 10 heures, je lance le premier incident », annonce le capitaine aux autres instructeurs.
La journée de synthèse du stage OPSIS de janvier 2026 débute.
OPSIS signifie Opérateur de protection de site institutionnel sensible.
Derrière cet acronyme, une idée simple : former des militaires capables de tenir, protéger, durer et réagir, seuls ou en unité constituée, face à une menace grave, évolutive et souvent imprévisible.
Une formation opérationnelle
« Mis en place depuis 2024 au sein de la Garde républicaine, le stage OPSIS est une formation opérationnelle dont l’objectif est d’entraîner les militaires à la protection et à la défense des sites institutionnels sensibles, dans un contexte de menace élevée », explique le capitaine Thomas, commandant la Compagnie d’infanterie, d’appui et d’intervention (CIAI) du 2ᵉ R.I. et directeur du stage pour le régiment.
Depuis sa création, le stage a évolué. Sa formule est régulièrement adaptée afin de répondre au plus près aux besoins opérationnels des unités, tout en permettant une progression cohérente à mesure que les sections sont formées.
Au-delà de la protection des palais institutionnels, la Garde républicaine connaît une montée en puissance de son engagement opérationnel. Le stage OPSIS s’inscrit pleinement dans cette transformation.
Missions, transformations et défis de la Garde Républicaine
Le général de division Charles-Antoine Thomas livre sa vision d’une Garde républicaine en pleine transformation, articulée autour de ses trois missions clés :...
Article
Pendant onze jours, les militaires travaillent les actes individuels, en groupe et en section, sur plusieurs sites et autour d’objectifs concrets.
Un stage dense et progressif
Défense ferme d’un site en maintien de l’ordre, attaque au véhicule bélier, mise en place d’un poste de commandement de crise, prise d’otage dans un palais, défense d’un site en contexte de conflit armé…
Lors de la journée de synthèse, les incidents s’enchaînent et sollicitent l’ensemble des stagiaires, quelles que soient leurs fonctions et responsabilités.
Commandant de section, chefs de groupe, mais aussi gardes à titre individuel sont pleinement engagés. Confrontés à des situations réalistes, ils doivent restituer les savoir-faire acquis, appliquer les actes réflexes, s’adapter et faire preuve d’initiative.
« Au cours de l’OPSIS, les stagiaires alternent combat, tactique d’intervention, rétablissement de l’ordre, tir, gestion de situations complexes, mais aussi un fort volet tactique : travail en groupe, coordination, commandement et prise de décision sous stress, précise le capitaine Thomas. L’environnement évolue volontairement, d’un cadre maîtrisé vers des contextes plus dégradés, notamment en milieu urbain, familier pour nos gardes républicains mais particulièrement dangereux. »
Instructions, mises en situation, temps d’analyse et retours d’expérience s’enchaînent. Les journées sont longues, denses, et la fatigue volontairement entretenue. Le peu de temps faibles participe pleinement à la formation, en reproduisant la charge cognitive d’un engagement réel, selon un cadencement progressif destiné à consolider les acquis.
« Élever le niveau opérationnel et renforcer la résilience »
La mission confiée aux instructeurs du 2ᵉ R.I. est claire : « Élever le niveau opérationnel, renforcer la résilience, la rusticité et la capacité à agir collectivement dans une crise majeure. Il s’agit aussi de développer des réflexes communs, une culture tactique partagée et une véritable cohésion. »
Les enjeux sont à la hauteur des exigences de la Garde républicaine. Malgré le froid, la neige et la fatigue, les militaires répondent présent. « Ils se sont adaptés et ont progressé chaque jour », souligne le directeur de stage.
Et cette progression est évaluée tout au long de la journée de synthèse. Les « traqueurs » suivent les stagiaires d’un poste à l’autre, ajustent les incidents en temps réel, sous la coordination du capitaine.
Un bilan convaincant
La fin de la journée de synthèse précède celle du stage. Le débriefing final met en lumière les points forts, individuels et collectifs, et fixe les axes de progression à poursuivre.
L’OPSIS s’achève, mais l’instruction continue au sein des unités afin de capitaliser sur les acquis.
Avant le retour en compagnie, sous un soleil contrastant avec la météo des jours précédents, les stagiaires ayant satisfait aux exigences reçoivent leur brevet OPSIS, remis par les instructeurs et le commandant en second du 2ᵉ R.I.
Bronze, argent ou or, il reflète le niveau d’emploi et d’évaluation de chacun.
Contacter la gendarmerie
Numéros d'urgence
Ces contenus peuvent vous intéresser
Val d’Isère : un exercice de type tuerie de masse en montagne dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030 (partie 2/2)
La préfecture de la Savoie a organisé, mercredi 6 mai 2026, un exercice...
Article
Val d’Isère : un exercice de type tuerie de masse en montagne dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030 (partie 1/2)
La préfecture de la Savoie a organisé, mercredi 6 mai 2026, un exercice...
Article
48 heures de sélection pour intégrer la Section de protection et d’appui drones (SPAD)
Seule unité des forces de sécurité intérieure entièrement...
Article
La GARM se transforme pour mieux protéger les intérêts stratégiques de la Nation
Aussi discrète qu’indispensable depuis 53 ans, la Gendarmerie de l’armement...
Article























