Les référents élus au cœur du partenariat territorial avec les maires
- Par le chef d'escadron Romain Bastet
- Publié le 18 novembre 2025
Fondé sur la confiance, l’écoute et la proximité, le lien qui unit la gendarmerie et les élus se concrétise par la relation privilégiée qu’entretiennent chaque commandant de brigade et chaque référent élus avec le maire des communes dont ils ont la responsabilité. En cette semaine de salon des maires et des collectivités locales, focus sur la Brigade territoriale autonome (BTA) de Ballancourt-sur-Essonne, où la majore Cécile, commandante de l’unité et la maréchale des logis-cheffe Angélique, référente élus, illustrent ce partenariat de confiance qui unit la gendarmerie et les maires.
Acteur incontournable de la vie locale et premier garant de l’ordre public dans sa commune, le maire constitue un partenaire privilégié de la gendarmerie. Pour soutenir cette responsabilité, les commandants d’unité territoriale entretiennent des relations suivies avec chacun d’entre eux. Chaque brigade désigne également un référent élus, gendarme spécialement chargé de maintenir un dialogue constant et réactif avec les maires des communes dont elle a la responsabilité. Le maire peut ainsi s’appuyer sur un interlocuteur unique qui connaît précisément les caractéristiques de son territoire : données de délinquance, typologie des interventions, renseignements de toute nature, etc. Fondée sur la proximité, l’écoute et la confiance, cette relation structurante fait du référent élus la clé de voûte du partenariat entre la Gendarmerie nationale et les autorités municipales, au service d’une action publique plus efficace et plus cohérente au profit de la population.
À Vert-le-Petit, la maréchale des logis-cheffe Angélique incarne le lien entre son maire et la gendarmerie
Affectée à la Brigade territoriale autonome (BTA) de Ballancourt-sur-Essonne depuis octobre 2022, la maréchale des logis-cheffe Angélique est la référente élus pour la commune de Vert-le-Petit, une des sept communes de la circonscription de sa brigade. En effet, à la BTA de Ballancourt-sur-Essonne, un binôme composé d’un référent élus et d’un adjoint est constitué pour chaque commune. Depuis un an, c’est la maréchale des logis-cheffe Angélique qui est l’interlocutrice directe de Madame Laurence Budelot, la maire de Vert-le-Petit, une commune de près de 3 000 habitants. « Le référent élus est un maillon essentiel entre la brigade et la mairie en ce qu’il permet d’avoir non seulement un lien privilégié avec le maire de la commune, mais également avec tous ses adjoints, ses conseillers et l’équipe municipale », explique la cheffe Angélique.
Pour que ce lien privilégié existe, une relation doit d’abord être créée puis se construire et se consolider grâce à la confiance. « Dès que nous sommes identifiés comme référent élus, être présent, être à l’écoute, se montrer disponible et attentif aux préoccupations des élus et de la population constituent des qualités incontournables qu’il faut immédiatement mettre en œuvre, poursuit-elle. Être réactif est tout aussi important. Il faut pouvoir répondre aux sollicitations dans les meilleurs délais. » Entre la maréchale des logis-cheffe Angélique et la maire de Vert-le-Petit, « les échanges sont réguliers. Je mets un point d’honneur à la bonne communication. Nous agissons ensemble avec un même objectif : être présent pour la population ».
Les missions du référent élus sont donc variées et exigent d’avoir une parfaite connaissance de la commune, comme en témoigne la cheffe Angélique : « il faut s’imprégner de la vie locale, ses spécificités et ses problématiques. Il faut donc s’informer en permanence auprès de l’équipe municipale, de la population et des partenaires. Le référent élus doit savoir quels sont les événements à venir (manifestations sportives, fêtes communales, etc.), les difficultés susceptibles de générer des troubles à l’ordre public (projet urbain, arrêtés de circulation, fermeture d’une classe scolaire, difficultés au sein d’un commerce, etc.), ainsi que les potentiels comportements suspects détectés (démarchages, incivilités, différend de voisinage, etc.). Le lien avec l’ensemble du tissu local est donc essentiel pour le référent élus. »
En effet, cette parfaite maîtrise du territoire permet au référent élus de pouvoir proposer au maire une offre de sécurité sur mesure, notamment dans le domaine de la prévention. « En tant que référent élus, je suis en mesure de proposer des actions ciblées au profit de la municipalité et de la population. Par exemple, les fêtes de fin d’année approchant, nous intervenons sur la lutte contre les cambriolages par des campagnes de sensibilisation renforcées et par des opérations anti-délinquance dans des secteurs clairement identifiés. Tout au long de l’année, le référent élus s’investit également dans la prévention des violences intrafamiliales par des actions dédiées, tout en proposant des interventions de sensibilisation sur le harcèlement, en particulier dans les établissements scolaires. Il peut aussi travailler avec la mairie pour améliorer la sécurité routière en suggérant des aménagements tels que des ralentisseurs ou des dispositifs de signalisation. Le référent élus contribue en outre à la mise en œuvre de l’Opération tranquillité vacances (OTV), vers laquelle les mairies orientent les administrés souhaitant bénéficier d’une surveillance de leur domicile. Enfin, il mène des actions régulières auprès des seniors, dans les EHPAD ou à domicile, pour les informer et les protéger contre les escroqueries, les faux artisans ou encore les cambriolages par ruse. »
Le référent élus demeure le premier point de contact et gère les contacts réguliers. Chaque échange entre le référent élus et le maire d’une commune fait l’objet d’un compte rendu au commandant de brigade qui est amené à prendre le relais lorsque certains faits prennent de l’ampleur.
« Cultiver une relation de confiance » : l’engagement de la majore Cécile au profit des élus de sa circonscription
Commandant la BTA de Ballancourt-sur-Essonne, la majore Cécile décrit sa relation avec les élus comme « primordiale et essentielle ». Toujours selon ses mots, « cette relation constitue un pilier de l’action territoriale ». Sa circonscription s’étend sur sept communes de l’Est essonnais, et chacune d’entre elles présente des caractéristiques spécifiques nécessitant une réponse personnalisée.
« Les maires constituent le premier relais de la population. Ils portent la voix de leurs administrés, relaient leurs attentes, leurs inquiétudes, mais aussi leur fierté. Facteurs de stabilité et parfaitement identifiés, ils sont les garants de la cohésion communale. Enfin, ils demeurent des acteurs à part entière de la sécurité de leur territoire. À ce titre, il est fondamental qu’ils sachent que nous sommes là pour eux », explique la majore Cécile.
Pour que cette relation soit efficace, elle doit reposer sur des bases solides. L’instauration d’un climat de confiance est décrite comme un objectif central et une condition non négociable. « Il faut cultiver une relation de confiance. Cette dernière permet des échanges plus fluides, plus sereins, plus francs », explique la commandante de la BTA de Ballancourt-sur-Essonne. Au-delà de la confiance, la permanence du lien entre le commandant de brigade et ses élus constitue un facteur clé du succès. Enfin, « il existe une certaine attente des élus vis-à-vis de la gendarmerie. Répondre à cette attente en étant présent à leurs côtés et disponible en cas de sollicitation de leur part doit être considéré comme un devoir », poursuit-elle.
Cette relation est mutuellement bénéfique, tant pour l’élu que pour l’Institution. « Le fait de savoir la gendarmerie présente et disponible a un effet rassurant sur les élus. Nous agissons comme des conseillers, notamment face à des situations délicates. Les élus peuvent nous solliciter pour être orientés ou obtenir un avis sur des questions de sécurité pour lesquelles ils n'ont pas nécessairement les éléments de réponse. En sachant qu'ils peuvent compter sur la gendarmerie, les élus se sentent plus sûrs et mieux armés pour gérer les problématiques locales. Sans ces échanges réguliers, ce soutien et ces conseils n'existeraient pas, poursuit la majore Cécile. Le lien étroit avec les maires, c'est aussi une plus-value pour l'unité. » Les élus possèdent une connaissance fine de leur commune et de leurs administrés. Ils constituent une source d'information précieuse sur la vie locale, permettant d’orienter l’action de la gendarmerie. Les élus servent aussi de relais efficaces pour diffuser des informations, notamment dans le cadre de la prévention (cambriolages, etc.), pour lesquelles la gendarmerie a besoin de sensibiliser la population. Enfin, le lien direct avec un élu peut accélérer de manière significative la résolution d'une situation critique. « Je me souviens d’une intervention pour laquelle le Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (CORG) nous avait engagés. Il s’agissait d’une personne en situation de détresse qui menaçait de mettre fin à ses jours mais pour laquelle nous ne disposions d’aucun élément permettant de la localiser précisément. Après avoir appelé le maire de la commune, cet élu avait pu nous fournir l’adresse du domicile de la victime, permettant une intervention rapide des premiers à marcher, une prise en charge de la personne dans des délais brefs, et donc une issue heureuse. »
La relation entre un maire et son référent élus ou le commandant de brigade est donc bien plus riche qu'il n'y paraît. Elle est construite sur un dialogue personnalisé, une stratégie de prévention proactive, une panoplie d'outils numériques modernes et un engagement fort pour la protection des élus eux-mêmes.
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