Le Groupe montagne gendarmerie vert de l'Ariège contrôle les pêcheurs en altitude

  • Par Léopold Dubois
  • Publié le 08 juin 2025
Un gendarme en extérieur, de jour, en train de regader dans des jumelles. A côté de lui se trouve quatre autres personnes.
© SIRPA-G - BRI G. Pigot

Pour valoriser les compétences des militaires du Groupe montagne gendarmerie (GMG) et leur connaissance du milieu spécifique de la montagne, le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de l’Ariège a initié le concept de GMG vert, qui réalise des missions portant sur les atteintes environnementales, en coopération avec les divers partenaires de la Gendarmerie. Samedi 31 mai 2025, à l’occasion de l’ouverture de la pêche en lac de montagne, les militaires du groupe et des agents d'autres services étatiques de protection de l'environnement ont mené des opérations de contrôle des pêcheurs et de leurs prises autour des lacs d'Orlu et de Soulcem.

Vendredi 30 mai 2025, dans l’après-midi. Dans la cour de la Brigade territoriale autonome (BTA) de Tarascon-sur-Ariège, cinq gendarmes chargent les deux 4x4 du Groupe montagne gendarmerie (GMG) vert de l’Ariège. Ce concept a été initié par le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) pour valoriser les compétences des militaires du GMG et leur connaissance du milieu spécifique de la montagne. Ces cinq militaires, affectés dans différentes unités du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de l’Ariège, sont détachés au profit du GMG vert.

Ce jour-là, les gendarmes sont rejoints par des agents de l'Office national des forêts (ONF) et de l'Office français de la biodiversité (OFB). Une fois le briefing terminé, le petit groupe se scinde en deux équipes mixtes. Après une longue route sinueuse, les deux patrouilles progressent à pied dans les vallées d'Orlu et de Soulcem. Ils doivent parcourir 10 kilomètres sous une forte chaleur. Au bout de trois heures, ils arrivent à destination et commencent les contrôles en soirée le long des berges du lac, afin de s’assurer que des pêcheurs n’ont pas anticipé l’ouverture de la saison de la pêche en lac de montagne (à plus de 1 000 mètres d’altitude), prévue le lendemain, samedi 31 mai 2025.
 

La photo est prise en extérieur, de jour. Elle montre trois personnes, parlant ensemble au bord d'un lac. Deux sont des gendarmes. En fon, une femme pêche.
© SIRPA-G - BRI G.Pigot

Les militaires passent ensuite la nuit dans le refuge de montagne pour reprendre les contrôles dès six heures du matin. Les deux groupes parcourent alors les sentiers de montagne environnants pour rejoindre les différents lieux de pêche. « Nous contrôlons l'identité et la carte de pêche qui doit être valide, ainsi que ce qui a pu être pêché, notamment le respect de la taille minimale de 20 centimètres pour les poissons », précise l’adjudant-chef (ADC) Christophe, du GMG vert. Au total, 32 pêcheurs et leurs prises ont été contrôlés, dont cinq étaient en infraction pour avoir jeté l'hameçon à l'eau en dehors de la période de pêche autorisée.

Un partenariat efficace

« La mission de contrôle des pêcheurs en lac de montagne, comme dans le secteur d'Orlu, s’appuie sur un partenariat entre la Gendarmerie nationale, l'OFB et l'ONF », rappelle l’ADC Christophe. Cinq agents de l'OFB ont ainsi accompagné les gendarmes du GMG vert pour contrôler conjointement les pêcheurs dans la zone et déceler les infractions à la réglementation. Un agent de l'ONF a également participé au dispositif dans la vallée de Soulcem.

Trois personnes de dos avec des sacs à dos. Parmi eux, un gendarme et deux personnels de l'OFB. Il fait jour et la photo est prise en extérieur
© SIRPA-G - BRI G.Pigot

Cette collaboration étroite entre les effectifs de la gendarmerie et d'autres services de l’État a fait ses preuves. Le dispositif a même été plébiscité par les pêcheurs contrôlés, qui remarquent une hausse des incivilités et des comportements irrespectueux (abandon de déchets, pêche hors période…).
Ce partenariat permet aussi l'échange de compétences et de bonnes pratiques. « Cette mission a permis de réaliser un contrôle multi-services où les participants ont pu, chacun à leur niveau, partager leurs spécificités et expériences professionnelles », souligne l’adjudant Landry, référent du GMG vert Ariège.

Une unité de montagne spécialisée en environnement

Durant ces deux jours d'ascension, les gendarmes du GMG vert, équipés de leur piolet et de cordages, ont traversé des névés toujours présents en altitude à cette période de l’année. Rien d'impossible pour ces militaires, qui ont l'habitude de renforcer le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Savignac-les-Ormeaux dans leurs missions de recherche de personnes ou d'intervention en milieu montagneux. En plus de ses missions habituelles, le GMG de l'Ariège dédie son action à l'environnement, en assurant des contrôles en période de chasse à l'isard ou en sensibilisant les randonneurs.

Un agent de l'OFB contrôle la nasse d'un pêcheur au bord d'un lac.  La photo est prise de jour en extérieur.
© SIRPA-G - BRI G.Pigot

Pour évoluer dans ce milieu aux contraintes particulières, les vingt-cinq gendarmes qui composent le GMG sont détachés de leurs unités le temps des formations et des missions. Ils doivent tous passer le Certificat élémentaire montagne (CEM), obligatoire pour faire partie de l’unité. Ils peuvent approfondir et parfaire leurs connaissances en passant le Diplôme de qualification technique montagne (DOT). D'autres formations leur sont également proposées comme le secourisme en équipe.


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