Finistère : un engagement réarticulé pour un été en sécurité
- Par Antoine Faure
- Publié le 29 août 2025
Patrouille de gendarmerie à Crozon, dans le Finistère.
Chaque été, la Gendarmerie nationale renforce ses Groupements de gendarmerie départementale (GGD) impactés par l’afflux de population touristique. C’est le cas notamment de celui du Finistère, qui a pu compter sur l’apport de nombreux militaires d’active et de réserve, dont certains venus d’autres régions de gendarmerie. Présentation par le commandant en second du GGD, le lieutenant-colonel Benoît Pierre.
Avec plus de 2 200 kilomètres de côtes, ses plages, îles et archipels, le Finistère n’est peut-être pas la fin de la terre, puisque celle-ci est ronde, mais il constitue bien souvent la fin du voyage pour nombre de vacanciers. Le changement démographique qui s’y opère chaque été, parfois spectaculaire à certains endroits, oblige la Gendarmerie nationale à adapter sa présence grâce à la mise en place d’un Dispositif estival de protection des populations (DEPP). « La terre finistérienne est une terre de tourisme, mais aussi de festivals, le plus emblématique étant celui des Vieilles Charrues, à Carhaix-Plouguer, mais il y a aussi celui du Bout du Monde, sur la presqu’île de Crozon, la Fête du Bruit, à Landerneau, ou encore Motocultor, également à Carhaix-Plouguer, sans oublier les nombreuses fêtes maritimes, précise le lieutenant-colonel Benoît Pierre, commandant en second du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) du Finistère. Tous ces événements nécessitent un renforcement de la présence de la Gendarmerie nationale, afin de s’assurer que tout se passe en sécurité, pour les personnes comme pour les biens. »
92 renforts, quatre postes provisoires et quatre postes avancés
Les six compagnies du GGD sont concernées par cet afflux de population, chacune ayant une zone côtière sur son territoire, et donc des hébergements touristiques et des campings. Par ailleurs, le département compte quatre communes qui sont des îles : Ouessant, Molène, Sein et Batz. « En été, nous réarticulons notre dispositif afin d’être plus présents sur le trait de côte, à des endroits où nous le sommes moins le reste de l’année, poursuit le LCL Pierre. Nous avons renforcé 19 unités territoriales. Nous avons aussi ouvert quatre postes provisoires, à Trégunc, Bénodet et sur les îles de Sein et Ouessant, ainsi que quatre postes avancés, à Beg Meil, Le Pouldu, Cap Sizun et sur l’île de Batz, avec des locaux permettant d’accueillir le public, de recueillir des plaintes et de projeter des patrouilles. Nous avions également deux Détachements de surveillance et d’intervention (DSI) à Crozon et Lannilis. En tout, nous avons pu compter sur 92 renforts, dont 73 réservistes opérationnels, 13 gendarmes départementaux et 6 gendarmes mobiles. »
Si la plupart de ces militaires venaient du GGD du Finistère ou d’autres GGD de la Région Bretagne, certains venaient de plus loin. « Nous avons eu l’opportunité de fournir cette année des renforts en montagne dans le cadre du Dispositif hivernal de protection des populations (DHPP), souligne le commandant en second du GGD. En retour, nous avons eu la chance d’accueillir cet été des renforts de sous-officiers des Régions Île-de-France et Hauts-de-France. Des gradés rodés à la procédure qui nous ont appuyés de manière efficace. Ils ont apporté une plus-value significative. »
S’inscrivant pleinement dans la dynamique portée par le Plan d’actions départemental de restauration de la sécurité du quotidien (PADRSQ), les missions du quotidien de ces militaires étaient d’être au contact de la population, afin de rassurer et dispenser des messages de prévention. Une présence qui se voulait également dissuasive pour prévenir les vols à la roulotte sur les parkings des plages et, en soirée, éviter que la consommation d’alcool ne dégénère et réprimer fermement l’usage très répandu des stupéfiants.
Des routes sous surveillance
Autre enjeu majeur en été : la sécurité routière. Selon des données de la préfecture, depuis début 2025, 31 décès ont été recensés sur les routes du Finistère, contre 15 en 2024, et 687 personnes ont été blessées contre 569 l’année dernière. Le préfet du département, Louis Le Franc, a donc souhaité intensifier la mobilisation des forces de l’ordre, notamment durant l’été, pour préserver des vies. Les gendarmes étaient donc très présents sur les axes structurants du département lors des week-ends de chassé-croisé, mais également quotidiennement sur les routes secondaires.
Le GGD a pu s’appuyer pour cela sur la polyvalence de ses militaires, à l’instar de ceux des Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG). Ce lundi 18 août 2025, ce sont trois gendarmes de celui de Quimper qui tenaient un point de contrôle sur une route de la commune de Plomeur, sur le territoire de la Communauté de brigades (CoB) de Pont-Labbé. « La Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Quimper compte deux PSIG, à Quimper et à Douarnenez, qui se répartissent le territoire, explique l’adjudant Vincent. Nous sommes formés à la police route et nous remplissons régulièrement ce type de mission, en plus de celles de surveillance et d’intervention. Nous renforçons les dispositifs de contrôle des flux en période estivale, de jour comme de nuit, de manière à être vus et à détecter des comportements dangereux, qu’il s’agisse de vitesses excessives ou de refus de priorité, sur certains axes secondaires qui permettent d’éviter les flux engorgés lors des retours des plages. Nous restons bien sûr en lien permanent avec le centre opérationnel et donc en mesure de quitter le dispositif rapidement pour procéder à une intervention. »
Alors que la période prioritaire liée au pic de fréquentation, du 16 juillet au 24 août, est passée, le DEPP du Finistère demeure en place jusqu’au 31 août, avec des effectifs moindres. Prochaine étape du tour de ce dispositif : le sud du département, de Bénodet à l’archipel des Glénan.
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