Finistère : de Bénodet à l’archipel des Glénan, la gendarmerie veille sur la « Riviera bretonne »
- Par Antoine Faure
- Publié le 02 septembre 2025

À terre comme en mer, les militaires d’active et de réserve du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) du Finistère, renforcés par des gendarmes d’autres territoires, veillent à la sécurité des estivants sur le littoral de Bénodet et autour de l’archipel des Glénan.
Ainsi baptisée en clin d’œil à celle de Méditerranée, la « Riviera bretonne » regroupe les communes de la zone côtière du sud du Finistère : Bénodet, Fouesnant et La Forêt-Fouesnant. À l’embouchure de la rivière de l’Odet, la plus jolie de France selon Napoléon III, la ville de Bénodet s’est même auto-proclamée « station balnéaire 5 étoiles ». Prisée des familles, avec ses quatre plages de sable fin, comme des amateurs de plaisance et d’activités nautiques, la ville voit sa population décupler en été. Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) du Finistère y ait installé un poste provisoire, du 1er juillet au 31 août 2025, dans le cadre de son Dispositif estival de protection des populations (DEPP).
Des motocyclettes électriques prêtées par la CoB de Saint-Pol-de-Léon
Situé dans des locaux fournis par la mairie de Bénodet, ce poste est armé par treize militaires. Trois sont des gendarmes d’active, les autres des réservistes opérationnels de la Région Bretagne mais aussi Île-de-France. Le chef de poste est l’adjudant Steven. Affecté à l’année à la Brigade territoriale autonome (BTA) de Fouesnant, il était volontaire pour remplir cette mission. « À titre personnel, cela me permet d’avoir une expérience de commandement, dans l’optique plus tard de commander une brigade ou d’occuper un poste d’encadrement. Je suis chargé notamment d’orienter le service en organisant les patrouilles quotidiennes. Nos missions sont assez variées : contact avec la population, les commerçants et les élus, prévention, sécurité routière et interventions. Nous fonctionnons comme une vraie brigade, ouverte du lundi au samedi, l’après-midi, pour accueillir le public et prendre les plaintes. »
Les patrouilles sont réalisées soit en véhicule, pour le contrôle des flux notamment, soit à pied, soit en utilisant les deux VTT ou les deux motocyclettes électriques prêtées par la Communauté de brigades (CoB) de Saint-Pol-de-Léon. « Cela nous permet d’évoluer sur les sentiers, d’avoir une présence sur les plages et d’aller à la rencontre des postes de secours », explique le gendarme Axel, affecté à la BTA de Montsoult, dans le Val-d’Oise, détaché au poste provisoire de Bénodet du 5 au 25 août.
La patrouille pédestre du jour, sur le front de mer, le long de la belle plage du Trez, est composée de deux gendarmes réservistes. Clément, qui travaille à Quimper dans le domaine des transports, rêve depuis tout petit de devenir sous-officier de gendarmerie. Il a déjà une idée assez nette de ce qu’il veut faire. « J’aimerais commencer par la gendarmerie mobile, pour voir du pays, puis changer de subdivision d’armes, avec pour objectif de devenir maître de chien au sein d’un Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG). »
Son camarade se nomme Rewan, « le prénom breton Erwan remixé », sourit-il. Après plusieurs années dans la réserve de l’armée de l’Air et de l’Espace, il a décidé de changer de corps d’armée. Il est réserviste opérationnel de la gendarmerie depuis deux ans. « Ma vie professionnelle s’est établie à Quimper, où il n’y a pas de base aérienne. La gendarmerie me permet d’être davantage au contact de la population, et c’est ce que je cherchais. » Son grand-père, Kurde de Turquie, avait dû immigrer dans les années 1970, comme bûcheron chaudronnier, pour fuir les persécutions. « Mon père avait 12 ans. Il est aujourd’hui professeur de mathématiques. On nous a inculqué depuis l’enfance, à moi comme à mon frère et ma sœur, la nécessité de rendre à la France ce qu’elle nous a apporté. Ce n’est pas une obligation, mais c’est un besoin pour moi, qui participe d’un équilibre avec ma vie professionnelle et ma vie familiale. »
La couverture de ce littoral bénodetois est complétée par l’ouverture en été d’un poste avancé à Beg Meil, armé par deux gendarmes d’active venus de la Région Île-de-France et par un réserviste. Ce lieu-dit de la commune de Fouesnant est une station balnéaire réputée, avec une vie nocturne animée, notamment lors des concerts du mercredi soir. Là aussi, la présence de gendarmes en patrouille rassure la population et joue un rôle dissuasif.
Les missions variées de la B.N. de La Forêt-Fouesnant
Face à Bénodet, l’archipel des Glénan. Ses îles et îlots au sable blanc, ses eaux bleu lagon, sont le terrain de jeu des « voileux », des plongeurs, mais aussi une zone de patrouille de la Brigade nautique (B.N.) de La Forêt-Fouesnant, l’une des deux du Finistère avec celle de Roscoff. Armée par cinq sous-officiers, l’unité couvre un large secteur qui va de la rade de Brest au Pouldu, à la limite du Morbihan.
Ce matin du mardi 19 août, l’adjudant-chef Olivier, commandant de l’unité, et l’adjudant Éric embarquent sur le semi-rigide et mettent les gaz. L’épaisse toiture nuageuse semble ne pas vouloir laisser de fenêtre à l’astre solaire. Pourtant, quelques encablures plus loin, à l’approche du phare des Moutons, le ciel se débarrasse progressivement de son manteau gris et se pare de bleu. C’est la magie des Glénan !
« En été, nos missions principales sont constituées de contrôles d’initiative des bateaux de plaisance, décrit l’adjudant-chef Olivier. Nous vérifions que le matériel de sécurité obligatoire est bien à bord et que les papiers sont en règle, le permis mer du pilote comme la carte de circulation du navire. Nous faisons avant tout de la prévention. En cas de manquement, nous demandons aux gens de se mettre en conformité dans la semaine, en nous envoyant une preuve d’achat du matériel ou une photo du papier manquant. Notre objectif est que la navigation suivante se déroule en sécurité. Nous contrôlons aussi la vitesse, limitée à 8 nœuds dans l’archipel des Glénan, du 15 juin au 15 septembre, et à 5 nœuds dans la bande des 300 mètres de la côte dans les zones littorales. Là, en revanche, en cas d’infraction, nous sommes intransigeants. Nous vérifions aussi la pêche des plaisanciers, afin de nous assurer que les espèces sont bien marquées avant la débarque, et que les pêcheurs respectent bien les tailles et les quotas propres à chaque espèce. »
Les militaires veillent aussi à ce que personne ne mette un pied sur l’île aux Moutons, en dehors des deux jeunes en service civique qui y ont pris leurs quartiers pour deux semaines. Un arrêté préfectoral, pris en 2021, interdit en effet tout débarquement sur l'estran entre le 1er avril et le 31 août, pour préserver la tranquillité des sternes et des phoques gris.
La B.N. a également pour mission de transporter régulièrement des militaires sur les îles de son secteur, comme ceux de la BTA de Fouesnant, qui ont les Glénan dans leur zone de compétence, mais ne disposent pas de moyen nautique. « Nous sommes le bras armé du GGD sur l’eau », confirme Olivier. La veille, ils ont ainsi permis à trois gendarmes du PSIG de Douarnenez et à l’Officier de police judiciaire (OPJ) de permanence de la CoB d’Audierne d’interpeller sur l’île de Sein un homme suspecté d’avoir volé un véhicule, puis de l’avoir abandonné au port d’Audierne pour s’enfuir par la mer. Le semi-rigide avait donc un passager de plus au retour, le mis en cause…
Concernant les activités nautiques comme la voile ou la plongée, les gendarmes de la B.N réalisent des contrôles des structures en amont de la saison, afin de s’assurer que tout est en règle, « avec les services du ministère de la Jeunesse et des Sports », précise le commandant de l’unité.
La B.N. de La Forêt-Fouesnant participe également à la lutte contre le narcotrafic en menant des opérations à terre comme en mer. Jeudi 21 août, ils ont ainsi embarqué une équipe du Groupe d’investigations cynophile (GIC) de Châteaulin, pour une mission de contrôle de voiliers susceptibles de servir de nourrices pour les trafiquants afin de faire entrer des produits stupéfiants sur le territoire national. « Nous utilisons également des drones subaquatiques, dont la Région Bretagne a doté ses quatre B.N., pour inspecter la coque », ajoute Olivier.
Prochaine étape de notre tour du DEPP du GGD du Finistère : le poste provisoire de l’île d’Ouessant.
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