Face aux attaques ciblant les acteurs du monde rural dans le Doubs, la gendarmerie se mobilise
- Par Pablo Agnan
- Publié le 26 février 2020
Face à l’augmentation des actes de délinquance, le milieu rural du Doubs (25) a décidé d’agir. En décembre 2019, sept acteurs, dont la gendarmerie, ont signé une convention pour renforcer la lutte contre toutes les formes d’insécurité et de délinquance dans leur milieu. Ils ont même reçu le concours de la CIA...
Avec une forêt couvrant près de 40 % son territoire, le Doubs (25) est l’un des départements de la région qui produit le plus de richesse biologique naturelle. Il s’inscrit également dans une tradition agricole, essentiellement tournée vers l’élevage et sa production de formage (comté, morbier, mont d'Or), caractéristique de la Bourgogne-Franche-Comté.
Ces richesses attisent la convoitise et les vastes espaces vierges de toute présence humaine amplifient certaines formes de délinquances en milieu rural, comme le confirme le commandant Dario Zugnio : « Nous faisons face à de nombreuses problématiques, notamment environnementales, comme l’augmentation des dépôts sauvages par exemple, et bien d’autres phénomènes criminels. » Pour ces autres phénomènes, le patron du bureau renseignement de la région fait référence à faits liés aux affaires de prostitution, braconnage et autre rave party.
C’est dans ce contexte que la gendarmerie a signé, en décembre 2019, la convention DATER (Dis
positif d’Appropriation Territoriale, Environnementale et d’échange du Renseignement). « Elle a pour objectif de faciliter la remontée de l’information relative à tous faits de délinquance constaté en milieu rural ou forestier dans le département », explique le chef d’escadron. Elle repose sur un partenariat entre les acteurs spécialisés dans les domaines de la chasse, de la forêt, des milieux aquatiques et agricole, notamment celui de la CIA (Chambre Interdépartementale d’Agriculture).
C’est quoi DATER ?
Concrètement, comment s’articule ce dispositif ? « Il s’agit d’un échange de bons procédés entre la gendarmerie et ses partenaires, qui s’articule autour de deux axes », résume l’officier supérieur. Le premier est celui du renseignement ; les 200 correspondants locaux des différents signataires vont bénéficier, outre d’un partage d’informations, d’une inscription par la gendarmerie dans un module spécifique de la base de sécurité publique (BDSP). Désormais, lorsque l’un d’entre eux composera le 17, il sera immédiatement identifié comme faisant partie de la convention DATER.
En contrepartie, les 17 militaires référents DATER, « tous volontaires », vont tirer parti de l’énorme réseau de référents pour acquérir des renseignements sur des faits délictueux, obtenir leur appui lors d’opération ciblées ou encore d’un concours à l’occasion d’opération de recherche de personnes disparues.
Mais l’originalité de cette démarche réside dans la formation réciproque ; tandis que les gendarmes forment les correspondants au processus de la collecte du renseignement, les militaires bénéficient d’une instruction poussée aux réglementations spécifiques dans la chasse et la pêche, pour ne citer qu’eux.
Enfin, pour éviter tout type de comportement, l’article 5 de la convention précise « qu’une attention particulière sera portée au suivi des référents. » Si l’attitude ou le comportement de l’un d’entre eux n’est pas conforme à la convention, cette dernière précise qu’une désinscription du réseau sera immédiatement opéré.
Dernière nouveauté, une autre convention a été signé, le vendredi 21 février, entre la gendarmerie du Doubs et la CIA. Désormais, les référents bénéficieront d’un bilan de vulnérabilités adapté au monde agricole et aux exploitations ainsi qu’un abonnement à une Mailing Liste « Alertes sécurité Déméter ».
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