Le major Philippe, un engagement quotidien au service de la lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique
- Par BCOM RGBRET
- Publié le 01 février 2026
Aujourd’hui officier adjoint environnement au sein du groupement de gendarmerie départemental du Finistère, le major Philippe consacre son quotidien à la lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique. Portrait d’un officier engagé au parcours atypique, que rien ne prédestinait à devenir un expert dans ce domaine, désormais marqué par une criminalité organisée en pleine expansion.
La protection de l’environnement est un enjeu important pour la gendarmerie. Aujourd’hui, de véritables groupes criminels ont investi le champ de la criminalité environnementale et pharmaceutique, en raison de la rentabilité de ces activités. Le major Philippe lutte au quotidien contre cette délinquance, dont on sous-estime parfois l’ampleur. Pourtant, rien ne le prédisposait à devenir un expert dans le domaine de la lutte contre les Atteintes à l’environnement et à la santé publique (AESP). Aujourd’hui, il est officier adjoint environnement au sein du Groupement de gendarmerie départementale du Finistère (GGD 29), à Quimper, conseiller du commandant de groupement, Référent atteintes à l’environnement et à la santé publique (RAESP) et formateur de niveau 4. Rencontre.
Un parcours atypique, marqué par une forte appétence pour la défense de l’environnement
Entré dans la gendarmerie en 1989, le major Philippe a commencé sa carrière comme gendarme mobile à Melun. Après sept ans en escadron, il est affecté au sein du peloton autoroutier de Gaillon (27), où il effectue des missions sur l’A13. Il poursuit sa carrière en Brigade rapide d’intervention (BRI) pendant huit années, d’abord dans l’Eure, puis en Seine-Maritime.
C’est en 2009 qu’il rejoint la Bretagne, plus précisément la Brigade territoriale autonome (BTA) de Fouesnant, en tant que gradé puis commandant de brigade adjoint. C’est lors de cette affectation qu’il est confronté pour la première fois aux atteintes à l’environnement, et plus particulièrement aux problèmes de pollution des cours d’eau, du littoral finistérien, ainsi qu’à ceux touchant la faune et la flore dans toute leur diversité. Pour parfaire ses connaissances et se mettre à niveau, il décide de suivre une formation exigeante de cinq semaines à Fontainebleau, avec des interventions en milieu extérieur. Il est qualifié Enquêteur pour les atteintes à l’environnement et à la santé publique (EAESP) et NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique ou Chimique) dès 2010, puis Référent atteintes à l’environnement et à la santé publique (RAESP) quelques années plus tard.
Après douze années en brigade, il rejoint le groupement du Finistère en 2021 afin de créer la Cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS 29) et de mettre en place, en parallèle, le bureau de la protection de l’environnement du GGD 29. Il crée un réseau d’une vingtaine de gendarmes enquêteurs, tous volontaires et formés par le major à la lutte contre les atteintes à l’environnement et à la maltraitance animale. Cinq ans plus tard, en 2026, ce réseau compte plus d’une centaine d’enquêteurs formés sur l’ensemble du département.
Le major Philippe a par ailleurs été détaché au Mali en 2019 en qualité de prévôt, dans le cadre de l’opération Barkhane. Pendant six mois, il a mis à profit sa spécialité, notamment lors d’une pollution au kérosène causée par un avion, ainsi qu’en réalisant des prélèvements sur des sites militaires pour évaluer les impacts en termes de pollution. Durant ce détachement, il a également conduit des actions de sensibilisation dans des écoles maliennes sur les thématiques de l’eau et des déchets.
En plus de sa mission de chef de groupe d’enquêteurs de police judiciaire, de conseiller et de formateur, le major a su tisser des liens très étroits et créer un réseau avec de nombreux services de l’État et partenaires œuvrant pour la protection de l’environnement et de la santé publique, comme l’Office français de la biodiversité (OFB), la Mission interservices de l'eau et de la nature (MISEN), l’Office national des forêts (ONF), la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) ou encore la Direction régionale de l'environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL).
Fourmillant d’idées, il ne s’arrête pas là. Afin de gagner en efficacité et de travailler davantage en interservices, il préconise la création d’un Groupe interministériel de recherches (GIR) dans le domaine de l’environnement. Dans le même esprit, il souhaiterait également intégrer des partenaires extérieurs au sein de son bureau.
Les atteintes à l’environnement et à la santé publique : des problématiques croissantes, des sujets complexes et une réglementation pléthorique
Les atteintes à l’environnement revêtent des formes très diverses, affectant notre quotidien. Elles peuvent concerner l’air, l’eau, la terre, les sous-sols. Elles peuvent aussi être visuelles ou sonores. Le champ d’investigation est large.
Chaque année, entre 900 et 1 000 infractions en lien avec l’environnement et la santé publique sont relevées par les militaires du groupement du Finistère. Les plus fréquentes sont les dépôts illégaux de déchets (pneus, bidons, etc.), les abandons de véhicules hors d’usage, le camping sauvage, l’urbanisation sans autorisation, les pollutions, les atteintes à la biodiversité, les trafics de médicaments, la maltraitance animale, etc. La liste est loin d’être exhaustive.
La réglementation relative à l’environnement et à la santé publique étant pléthorique, les militaires en charge du suivi de ces dossiers et de ces enquêtes doivent maîtriser plus d’une quinzaine de Codes (pénal, rural, environnement, urbanisme, forêt, etc.) La somme des compétences et des connaissances à acquérir pour maîtriser le sujet est colossale.
Ce qui est avant tout recherché, c’est de faire cesser l’infraction, empêcher qu’elle ne se reproduise et surtout obtenir une remise en état des lieux lorsque ceux-ci ont subi des atteintes.
Le major Philippe suit plus particulièrement les enquêtes du haut du spectre : pollutions majeures, gestion des ressources en eau, problématiques environnementales liées au radon, affaires de maltraitance animale médiatisées par l’association L214, ainsi que la problématique de la présence du loup dans le Finistère.
Parmi les dossiers d’actualité également suivis par son bureau, on peut citer les algues vertes, la grippe aviaire, la Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC), les trafics d’espèces protégées, la détention d’animaux sauvages ou encore les trafics de produits utilisés dans l’industrie agroalimentaire. Le major est aussi chargé d’organiser et de superviser les deux opérations annuelles « Territoires propres » sur le ressort du groupement.
Au quotidien, il peut compter sur l’appui du détachement de l’Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) à Rennes, spécialisé dans les affaires de criminalité organisée, ainsi que sur celui du Commandement pour l'environnement et la santé (CESAN), qui renforce et coordonne l’action des unités, en adoptant une approche globale allant de la prévention à la répression, en lien avec les élus et les acteurs locaux.
Le militaire travaille aussi étroitement avec le pôle judiciaire régional spécialisé en matière d’atteintes à l’environnement, qui est rattaché au tribunal judiciaire de Brest, avec pour ressort territorial celui de la Cour d’appel de Rennes. L’installation de ce pôle en 2023 a permis de rassembler des magistrats, des avocats, des universitaires (juristes, économistes, scientifiques de la nature) et des enquêteurs.
À 57 ans, le major est toujours aussi passionné par son métier et investi dans ses missions d’enquêteur, de formateur et de conseiller auprès des unités et du commandant de groupement. Son parcours illustre particulièrement bien toute la diversité des métiers et des opportunités qu’offre la gendarmerie.
Contacter la gendarmerie
Numéros d'urgence
Ces contenus peuvent vous intéresser
Val d’Isère : un exercice de type tuerie de masse en montagne dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030 (partie 2/2)
La préfecture de la Savoie a organisé, mercredi 6 mai 2026, un exercice...
Article
Val d’Isère : un exercice de type tuerie de masse en montagne dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030 (partie 1/2)
La préfecture de la Savoie a organisé, mercredi 6 mai 2026, un exercice...
Article
48 heures de sélection pour intégrer la Section de protection et d’appui drones (SPAD)
Seule unité des forces de sécurité intérieure entièrement...
Article
La GARM se transforme pour mieux protéger les intérêts stratégiques de la Nation
Aussi discrète qu’indispensable depuis 53 ans, la Gendarmerie de l’armement...
Article























