La majore Nathalie n’a de cesse de courir
- Par la rédaction du site Gendinfo
- Publié le 10 mai 2026

Affectée à la Compagnie de gendarmerie départementale de la Trinité, en Martinique, la majore Nathalie a décroché les 11 et 12 avril 2026 à Tullins, en Isère, son deuxième titre de championne de France de course 24 heures toutes catégories, en parcourant 223,195 km. Également sacrée championne de France dans la catégorie M3 (50-54 ans), elle a terminé 8e du classement général, hommes et femmes confondus, parmi 250 participants. Portrait d’une gendarme endurante.
Le parcours sportif de la majore Nathalie a commencé en même temps que sa carrière militaire, car comme elle le dit elle-même : « Il faut être un minimum sportif quand on est gendarme ! » Mais à cette époque-là, en 1997, il n’était pas encore question de compétition.
Après son service national en gendarmerie, suivi de deux mois de classe à l’école de Chaumont, elle rejoint la légion de gendarmerie d’Auvergne à Clermont-Ferrand, puis, après un nouveau passage en école en qualité d’élève sous-officier, la compagnie d’Évreux.
En décembre 2004, elle est mutée au centre du service national de Châlons-en-Champagne. C’est là que sa carrière sportive va prendre une autre dimension. Elle rencontre Marc, qui deviendra son entraîneur et son mari. « C’est lui qui va déceler en moi des qualités d’endurance. Il me propose de faire mes premières compétitions sur des distances allant du cross au semi-marathon. »
Après avoir été affectée pendant quatre années en Polynésie-Française, elle rejoint en 2012 la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Gex. « C’est le début de ma vraie carrière sportive », estime-t-elle. Marc habitant dans la Haute-Marne, il lui prépare des plans d’entraînement à distance qu’elle respecte à la lettre. Mutée à la compagnie de Langres, elle accentue ses efforts et, en novembre 2016, bat son record personnel au marathon d’Orléans, en passant la ligne d’arrivée en 3 heures et 18 minutes, se classant deuxième chez les femmes.
Une obsession : porter le maillot de l’équipe de France
Nathalie se fixe alors comme objectif de porter un jour le maillot de l’équipe de France. « Étant une athlète d’endurance et non de vitesse, nous savions qu’il fallait monter sur les distances. Marc m’a proposé de me lancer sur les courses de 100 kilomètres. Je savais que la préparation allait se corser, qu’il y aurait des moments de doute, de fatigue…. »
Affectée en Nouvelle-Calédonie en 2017, elle va préparer ce défi du « 100 kil » en prenant le départ du marathon de Nouméa, où elle pulvérise son record personnel de 12 minutes ! Ce résultat lui permet d’être invitée au semi-marathon de Tachikawa, ville du Japon jumelée avec Nouméa, le 5 mars 2018, où elle bat à nouveau son record de 5 minutes et termine deuxième femme à 18 secondes de la gagnante japonaise. C’est la première fois qu’une athlète calédonienne monte sur le podium de cette compétition très relevée.
Après plusieurs mois de préparation et des réveils à 3h30 pour s’entraîner avant les fortes chaleurs, vient l’heure du premier 100 km en compétition. Direction l’Australie, le 10 juin 2018. Le parcours : une boucle de 6,250 km à effectuer 16 fois. Nathalie termine première femme et quatrième au classement scratch (homme et femme confondus) dans un temps de 8 heures et 27 minutes.
Un objectif pouvant en cacher un autre, Marc propose alors à Nathalie de repousser encore ses limites en se testant sur les courses de 24 heures, toujours avec l’objectif de décrocher une sélection en équipe de France. C’est ainsi qu’un mois seulement après le marathon de Nouméa, en août 2019, ils prennent la direction de la Nouvelle-Zélande, où Nathalie s’aligne sur les 24 heures d’Auckland, les 28 et 29 septembre 2019. Le principe : faire le plus de kilomètres en 24 heures, sur une piste d’athlétisme de 400 mètres, en gérant son temps comme on veut. Seule interdiction : ne pas sortir du parcours sous peine de disqualification. « J’arrive à parcourir 206 kilomètres et 93 mètres, soit plus de 515 tours de piste. Je gagne la course au scratch, à ma grande surprise. »
De retour en métropole en 2020, affectée à la CGD de Clermont-Ferrand, elle s’inscrit à son premier championnat de France de course 24 heures, à Vierzon, les 10 et 11 octobre 2020, où elle réalise une performance d’un niveau international A (IA), c’est-à-dire le plus haut niveau reconnu par la Fédération française d’athlétisme : 220 kilomètres et 319 mètres. Ce qui lui permet de devenir vice-championne de France et championne de France dans sa catégorie d’âge. « Ce résultat me permet d’être sélectionnée en équipe de France pour le championnat de Monde en Roumanie. Mais, malheureusement, la compétition est annulée à cause de la pandémie de COVID. »
Ce n’est que partie remise et, deux ans plus tard, Nathalie est sélectionnée pour le championnat d’Europe, à Vérone, les 17 et 18 septembre 2022. Et cette fois-ci la compétition a bien lieu. L’équipe de France féminine termine vice-championne d’Europe.
Les 27 et 28 mai 2023, elle participe au championnat de France de course 24 heures à Albi. Il fait une chaleur torride. Temps idéal pour Nathalie qui arrive de Martinique, où elle a été affectée, et s’entraîne depuis dix mois sous les tropiques. Elle bat son record personnel en parcourant 228 kilomètres et 96 mètres, terminant quatrième au classement général et double championne de France, toutes catégories et dans sa catégorie d’âge. « L’aboutissement de toutes ces heures d’entrainement, souffle-t-elle. Un travail d’équipe avec Marc. Ce titre, nous l’avons gagné à deux. »
Les sélectionneurs de l’équipe de France lui font à nouveau confiance pour le championnat du Monde à Albi, en octobre 2025. Elle est même désignée porte-drapeau de la délégation. « Un honneur pour moi, en France qui plus est ! » Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu, elle se blesse durant la course et réalise encore une performance bien au-dessous de ses possibilités : 217 kilomètres et 173 mètres, et une décevante 5e place par équipe. Elle rebondit six mois plus tard en devenant championne de France dans sa catégorie d’âge à Tullins, les 11 et 12 avril 2026.
Le 31 décembre 2026, elle comptera 29 ans et 6 mois de service au sein de la gendarmerie et plus de 19 ans de compétition. « Je suis toujours autant motivée qu’à mes débuts, car je me lance sans cesse des objectifs à atteindre et des nouveaux défis à réaliser. » Le prochain en date sera la Backyard de l’ultra tour du lac de Monteux, le 1er octobre 2026. Le principe : parcourir une boucle de 6,700 kilomètres en une heure maximum. Il y a un départ toutes les heures et les coureurs sont éliminés de la course quand ils ne valident pas la boucle dans les temps. Est déclaré vainqueur le dernier coureur qui valide seul la boucle. « C’est une course qui peut durer longtemps, très longtemps, bien plus que 24 heures ! »
Pour 2027, l’objectif sera de participer au championnat du monde de course 24 heures qui devrait se dérouler en Grèce. Pour cela, il lui faudra auparavant remettre en jeu son titre de championne de France. L’entraînement continue….
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