Landry-Jules Mangon, Juste parmi les Nations
- Par le brigadier Cyprien Gandillon, Département de la valorisation, Service des archives et de la mémoire
- Publié le 28 septembre 2025
Adrienne et Landry-Jules Mangon.
Né en 1912 dans l’Aisne, Landry-Jules Mangon entre en gendarmerie en 1935. Affecté dans le sud de la France, il commande à l’été 1943 la brigade de Saint-Martin-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes. Lui et son épouse Adrienne prennent avec eux un jeune enfant, Jean-Claude Dreymann, le temps que ses parents se mettent à l’abri. Le couple Mangon est fait Justes parmi les Nations en 2009.
Né le 15 juillet 1912 à Sinceny, dans l’Aisne, Landry-Jules Mangon rejoint le 2e Régiment d’infanterie coloniale en avril 1931, en tant qu’engagé volontaire après avoir été garçon boulanger.
Nommé 1re classe en mai 1932, il devient caporal au mois d’octobre suivant et sert en Tunisie à compter de janvier 1933. Il passe alors au 18e Régiment de tirailleurs sénégalais. Il demeure en Afrique du Nord jusqu’en janvier 1935, date à laquelle il regagne Marseille et passe au 23e Régiment d’infanterie coloniale. Au mois d’avril suivant, il est renvoyé dans ses foyers et retourne dans l’Aisne, à Chauny.
Landry-Jules Mandon ne reste pas longtemps civil : il rejoint la gendarmerie et est nommé élève garde à pied en juillet 1935 à la 6e Légion de garde républicaine mobile.
Admis dans le corps des sous-officiers de carrière l’été suivant, il rejoint le département du Var. Gendarme à La Londe-les-Maures, à une trentaine de kilomètres de Toulon, il y épouse Adrienne Caffarel le 17 juin 1937.
La Seconde guerre mondiale
Pendant la Seconde guerre mondiale, Landry-Jules Mangon reste dans le sud de la France. Nommé maréchal des logis-chef en avril 1943, il est commandant de brigade dans les Alpes-Maritimes, à Saint-Martin-Vésubie. Il a sous ses ordres les gendarmes Jean Petit, Jean Castaignos, Émile Cornillon et Joseph Fougère.
Joseph Fougère, Juste parmi les Nations
Joseph Fougère entre dans la gendarmerie en 1935. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté à la brigade de Saint-Martin-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes, où...
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Détail qui a son importance, Saint-Martin-Vésubie se trouve dans la zone d’occupation italienne. En effet, bien qu’alliée de l’Allemagne nazie, l’Italie n’applique pas son entreprise de déportation des Juifs européens. Le sud de la France, occupé par l’armée italienne, devient une région sûre pour de nombreuses personnes. Saint-Martin-Vésubie en accueille ainsi plusieurs centaines qui bénéficient du soutien de la population.
Parmi ces familles, les Dreymann et Lilienbaum. Originaires de Lille, ils s’installent en face de la gendarmerie. Maurice et Hélène Dreymann, née Lilienbaum, ont deux enfants : Cécile, née en 1937, et Jean-Claude, né en 1942.
À l’automne 1943, l’Italie cesse d’être l’alliée du IIIe Reich, qui s’empare de sa zone d’occupation. Face à l’arrivée des troupes allemandes, de nombreux Juifs gagnent l’Italie, dont Maurice Dreymann. Quant à Hélène, enceinte de huit mois, elle suit les conseils des gendarmes : avec sa mère et ses sœurs, elle gagne la montagne.
Cécile et Jean-Claude sont pris en charge par les couples Fougère et Mangon. Joseph et Yvonne Fougère font passer Cécile comme étant l’une de leurs trois enfants. Quant à Jean-Claude, il est accueilli par Landry-Jules et Adrienne Mangon, alors sans enfant. Blond, Jean-Claude peut passer pour leur fils, Adrienne Mangon étant elle aussi blonde.
Les enfants ne restent pas longtemps dans les familles Mangon et Fougère, puisqu’à la fin de l’année, un proche vient les chercher : Jean-Claude rejoint sa mère, qui a gagné le Cantal, tandis que Cécile est placée dans une maison d’enfants, en Savoie, où elle demeure jusqu’à la Libération.
La vie après la gendarmerie
Landry-Jules Mangon quitte la gendarmerie à l’été 1946. Lui et son épouse demeurent en relation avec les Dreymann, mais le contact finit par se perdre.
Les Mangon deviennent parents lors de la naissance de leur fille Gisèle, en mai 1948, suivie de Josiane, puis de Marc.
Après avoir travaillé chez l’industriel Pechiney et été boulanger, Landry-Jules Mangon s’installe à La Londe-les-Maures comme commerçant jusqu’à sa retraite en 1972.
Alors qu’il vient de rendre visite à sa mère, dans l’Aisne, Landry-Jules Mangon trouve la mort dans un accident de la circulation le 10 septembre 1973. Sa femme Adrienne décède le 16 janvier 2004.
Grâce aux démarches entreprises par Jean-Claude Dreymann, les époux Mangon sont faits Justes parmi les Nations en 2009, en même temps que le couple Fougère.
Le 5 septembre 2010, à Saint-Martin-Vésubie, une cérémonie leur rendant hommage est organisée en présence des enfants Dreymann, Jean-Claude et Cécile.
Quant au village de Saint-Martin-Vésubie, qui compte de nombreux Justes parmi les Nations, il a reçu en septembre 2016 le titre de Villes et villages des Justes de France.
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