Deux équipes spécialisées dans le vol de voitures démantelées dans l’Oise et le Val-d’Oise

  • Par Pablo Agnan
  • Publié le 04 octobre 2022, mis à jour le 03 février 2023
© Ministère de l'Intérieur/D.MENDIBOURE

Dans l'Oise et le Val-d'Oise, deux trafics très organisés et spécialisés dans le vol de véhicules ont été démantelés. Les suspects, six dans chaque bande, ont été jugés les 29 et 30 septembre.

La première équipe est soupçonnée de 44 vols ou tentatives de vol de véhicules, pour un préjudice dépassant le million d’euros. Fin septembre, six malfaiteurs ont été interpellés dans le Val-d’Oise (95) par les militaires de la compagnie de gendarmerie départementale de Pontoise. Une vingtaine d’entre eux étaient mobilisés, appuyés par 76 gendarmes issus d’unités spécialisées dans l’intervention.

Les perquisitions ont permis la découverte et la saisie de plusieurs équipements spécifiquement dédiés aux vols de véhicules, notamment des tablettes destinées à la reprogrammation. Cette technique, connue sous le nom de « mouse jacking », ne nécessite pas de savoir-faire particulier, mais des moyens importants.

Le « mouse jacking »

Visiblement, les malfaiteurs s’étaient procuré des clés de voiture vierges sur Internet. Après s’être introduits dans le véhicule, ils utilisaient une machine spéciale permettant de tromper le boîtier antidémarrage. Lorsque vous démarrez, c’est ce système qui va vérifier l’identité du transpondeur présent dans votre clé. Il va pour cela générer un code aléatoire. Si votre clé est la bonne, elle va renvoyer un code d’authentification. Votre moteur va alors se mettre en marche.

Dans le cas du « mouse jacking », la machine spéciale, baptisée « key-educator », permet d’imiter les caractéristiques de la clé de contact et ainsi de mettre en route le véhicule. Point bonus, cette technique ne déprogramme pas les anciennes clés. Par conséquent, elle ne laisse aucune trace et fonctionne en outre sur les voitures les plus récentes, à l’instar de celles ciblées par cette bande organisée : des SUV de marques françaises et japonaises.

C’est grâce à l’exploitation des images de vidéoprotection que la Brigade de recherches (B.R.) de Pontoise identifie un membre de l’équipe, ainsi que les véhicules utilisés pour commettre les vols. Marqué, l’individu ne sera plus jamais lâché pas les gendarmes. Un dispositif d’observation et de surveillance est mis sur pied. Il permettra aux enquêteurs d’identifier le reste de l’équipe.

Tous ses membres ont été placés en garde à vue, avant d’être jugés en comparution immédiate. Deux des prévenus ont été placés en détention provisoire et les quatre autres sous contrôle judiciaire.

Des véhicules destinés à alimenter une filière de pièces détachées

Au même moment et à quelques encablures de l’opération judiciaire menée dans le Val-d’Oise, une intervention similaire est déclenchée dans l’Oise. Conduite par le GIGN, elle aboutit à l’arrestation de plusieurs individus soupçonnés d’avoir commis, depuis le mois de mai 2022, 48 vols de véhicules, pour un préjudice total lui aussi supérieur au million d’euros.

Cette fois-ci, c’est la B.R. de l'Isle-Adam (95) qui est à la manœuvre. Dans le cadre de son enquête, elle est appuyée par les unités des compagnies de l'Isle-Adam et de Montmorency, du Groupe d’observation et de surveillance d’Île-de-France (GOSIF), ainsi que de la Section de recherches (S.R.) de Versailles. Ces unités avaient identifié une équipe très organisée, soupçonnée de dérober des véhicules d’un constructeur français et des utilitaires dans les départements du Val-d'Oise, de l'Oise et de la Seine-et-Marne. Ces véhicules étaient destinés à alimenter une filière de pièces détachées.

Le GIGN et l’IRCGN impliqués

L'opération judiciaire, dirigée par le parquet de Pontoise, a impliqué le GIGN, les Pelotons de surveillance et d’intervention (PSIG) du Val-d'Oise et d’autres groupements d'Île-de-France. Elle a permis l'arrestation de six personnes. Les constatations des enquêteurs, appuyés par le Plateau d'investigations véhicule (PIV) de l'IRCGN, ont permis de retrouver des véhicules et des pièces automobiles issus de ces vols.

Sur décision du procureur de la République de Pontoise, les personnes mises en cause ont été déférées le 29 septembre 2022 au tribunal judiciaire de Pontoise, afin d’être jugées dans le cadre d’une comparution immédiate.

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