Quand judiciaire se conjugue avec haute technicité
- Par la capitaine Gaëlle Pupin
- Publié le 04 juin 2018
Les gendarmes de la Section de recherches de la Garm sont des spécialistes au service de la sécurité du territoire.
« Notre technicité est liée à notre autorité d’emploi : la DGA, explique le capitaine Philippe O., commandant la S.R. Nous sommes ainsi amenés à concourir aux investigations en matière d’armes, de munitions, d’explosifs et de systèmes d’armes militaires français, notamment si un dysfonctionnement est constaté lors de son utilisation par les forces françaises ou lors d’irrégularités commises en matière d’exportation. La réglementation sur les armes répond par ailleurs à une législation particulière, très technique et spécifique. Nous sommes l’unité la mieux placée pour traiter ce genre de dossier, notamment du fait de notre instruction spécifique au centre de formation de la Défense, à Bourges, et de nos liens privilégiés avec la DGA. » Concours à la S.R de Marseille lors du vol d’explosifs et de détonateurs dans un entrepôt militaire de Miramas à l’été 2015 ; appui à la S.R. de Nîmes concernant un incident de tir lors d’un exercice de maintien en condition opérationnelle d’un régiment… Autant d’exemples où le réseau de la S.R. de la GArm et sa maîtrise du langage technique et très codifié de l’armement se sont révélés être une véritable plus-value dans le cadre des investigations.
Dans son portefeuille, la S.R. prend également en compte des enquêtes judiciaires liées à la délinquance économique et financière ou encore des affaires sensibles. « Un récent dossier nous a amenés à conduire des investigations en matière de trafic d’influence. En effet, un prescripteur technique vendait ses services auprès d’une société pour la favoriser sur les marchés publics. » La S.R. n’hésite alors pas à utiliser l’arsenal classique en matière d’enquête : observation, filature, écoutes, enquêtes patrimoniales, etc. Au-delà de ces considérations techniques, la S.R. se saisit parfois de certains dossiers qui pourraient être qualifiés de « droit commun ». « Dans ce cas, ce n’est pas tant le fait qui déclenche notre action que la sensibilité du dossier liée à la personnalité de l’auteur ou de la victime. »
Ainsi, un simple vol de carte bleue prend une tout autre dimension s’il touche un directeur de site. Il en est de même pour une intrusion informatique dans un système de la Défense. « On ne se contente pas du fait. Nous avons toujours en filigrane l’enjeu sécuritaire. On doit chercher s’il n’y a pas un tamponnage pour faire de l’intelligence économique, ou un intérêt masqué qui viserait plus ou moins directement les intérêts français. On doit s’assurer qu’il n’y a pas de moyen d’accroche pour créer une faille dans le système sécuritaire… C’est l’essence même de notre action. »
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