Sélections GOS : portraits de candidats
- Par le capitaine Tristan Maysounave
- Publié le 16 avril 2025

Au mois de janvier 2025, se sont déroulées les sélections permettant d’intégrer les Groupes d’observation surveillance (GOS). À cette occasion, une équipe de Gendinfo a pu suivre trois candidats.
Adjudante Jeanne, affectée à la Cellule départementale d'observation et de surveillance (CDOS) du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de l’Essonne.
Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai commencé ma carrière en tant que gendarme adjoint volontaire à Saint-Symphorien-d'Ozon, dans le département du Rhône. À l’issue, je suis devenue sous-officier. J’ai d’abord servi au sein de la brigade de Montfort-l'Amaury dans les Yvelines, avant de rejoindre la CDOS 91 il y a deux ans. Ce qui me plaît dans l’observation surveillance, c’est que notre rôle consiste à apporter la preuve par l’image dans une enquête judiciaire. Je souhaite approfondir mes connaissances dans ce domaine et agir à une échelle plus conséquente, c’est la raison pour laquelle je présente les tests GOS.
Comment vous êtes-vous préparée ?
J’ai notamment approfondi ma connaissance de l’observation surveillance en lisant les circulaires y afférant ainsi que la documentation spécifique à la police judiciaire. Je me suis également renseignée auprès d’un GOS afin de mieux connaître leur quotidien et de bénéficier de conseils dans la perspective des sélections. Pour moi, l’une des épreuves les plus difficiles, c’est d’avoir à faire face au froid. Je m’y suis préparée en achetant des vêtements techniques.
Je pense par ailleurs qu’ils nous attendent sur certaines qualités. Tout en restant soi-même, il s’agit de se montrer déterminé et de faire preuve de rusticité, raison pour laquelle les tests se déroulent en janvier. C’est une qualité essentielle dans notre métier. En effet, que ce soit en GOS ou en CDOS, nous sommes astreints aux horaires de la « target » (l’individu suivi, NDLR). Tant qu’elle est dehors, nous le sommes aussi. Le mental est fondamental.
Maréchal des logis-chef Rémy, affecté au Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) de Meaux.
Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai commencé comme engagé volontaire dans l’armée de Terre, au sein d’un régiment d’artillerie, avant de devenir sous-officier. Après 9 ans et plusieurs missions sur le territoire national ainsi qu’en opérations extérieures, j’ai décidé de m’engager en gendarmerie à la suite des attentats de 2015. J’ai d’abord été affecté à la Garde républicaine en tant qu’équipier en peloton d’intervention pendant cinq ans, avant d’effectuer un changement de subdivision d’arme et de rejoindre le PSIG de Meaux en 2022.
Pourquoi êtes-vous intéressé par la filière de l’observation surveillance ?
Il s’agit d’une filière méconnue au sein de laquelle les équipiers en GOS travaillent en petit groupe. Le métier implique de se dépasser, de faire preuve d’adaptation et d’autonomie, notamment en trouvant des solutions en fonction des contraintes du terrain.
Dans quelle mesure la cohésion est-elle importante dans le cadre des sélections ?
La cohésion est, je pense, le ciment de notre institution. La difficulté des épreuves renforce la force d’un groupe. Par ailleurs, il n’est pas possible de faire preuve d’individualisme au sein d’un GOS, dans la mesure où les missions sont toujours réalisées à plusieurs.
Comment avez-vous vécu ces sélections ?
Cette expérience est l’une des plus intenses que j’ai vécues. Les conditions des sélections (froid, pluie, manque de sommeil, épreuves physiques et intellectuelles) ont généré beaucoup de fatigue et de remise en question. Le plus dur a été de ne jamais connaître la progression de la journée, ce qui rend très difficile la gestion de l’effort sur la semaine.
Lieutenante Mathilde, commandant le peloton d’intervention de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 35/6 de Tarbes
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis issue de la promotion Combat de Pontlieue de l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (AMGN). J’ai rejoint mon poste le 1er août 2023. J’ai choisi la dominante maintien de l’ordre car la gendarmerie mobile me plaisait bien comme premier temps de commandement. Elle donne l’opportunité de commander un groupe très hiérarchisé et d’effectuer de nombreux déplacements. J'ai eu la chance d’aller en Nouvelle-Calédonie, d’effectuer des missions de sécurisation à l’occasion des Jeux Olympiques ou encore de renforcer des stations de ski. J’ai pu découvrir du pays et une diversité de missions. Après ce temps, je souhaitais me diriger vers le domaine judiciaire. C’est la première fois que je présente les tests GOS.
Pourquoi avoir choisi de vous présenter aux sélections ?
Je souhaite intégrer une spécialité enrichissante à la fois sur le plan judiciaire et sur le plan humain. Dans la continuité d’un commandement de peloton d’intervention, la filière de l’observation surveillance donne l’opportunité de commander un groupe particulièrement soudé, qui remplit des missions de haute intensité de lutte contre la criminalité organisée. Servir en GOS conduit à connaître des engagements forts ayant du sens et à avoir un rythme professionnel très attrayant, constitué de nombreux déplacements.
Comment vous êtes-vous préparée ?
Je me suis beaucoup renseignée. Il s’agit d’une filière assez petite, où tout le monde se connaît. Il n’y a que vingt-et-un GOS en métropole. J’ai réussi à prendre contact avec des officiers servant en GOS. Ils m’ont aidé à mieux appréhender le métier ainsi que le contenu des tests de sélection.
Je suis sportive, mais il a néanmoins fallu que je réalise une préparation spécifique. J’ai effectué des entraînements de boxe et de cardio avec les militaires de mon peloton. J’ai aussi approfondi mes connaissances dans le domaine de la police judiciaire.
Comment vous êtes-vous sentie au cours de ces sélections ?
Les sélections conduisent à se découvrir personnellement. La seule fois où j'ai été confrontée à une fatigue comme celle-là, c'était pendant les émeutes en Nouvelle-Calédonie. Mais elle était moins éprouvante, notamment en termes de durée. Au cours des tests, j’ai eu le sentiment que nous étions sollicités en permanence. En tant qu’officiers, nous sommes vraiment jugés sur notre commandement, notre raisonnement et nos choix tactiques.
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