Sam, serrurier au sein du GOS OCLDI

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 16 juillet 2025
Sam utilisant une machine de gravage.
© GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN

Équipier au sein du Groupe d’observation et de surveillance (GOS) de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) depuis 12 ans, Sam a fait de la serrurerie son domaine. Pour Gendinfo, il raconte cette spécialité indispensable à son unité.

Sam nous reçoit dans l’atelier du Groupe d’observation et de surveillance (GOS) de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI). Sur la droite se trouve la cellule ouverture fine. Plusieurs dizaines de modèles de clés sont accrochées sur un panneau fixé au mur. Une machine à tailler les clés est disposée sur un établi. Dans une armoire sont rangés des outils d’ouverture fine ainsi que des décodeurs de véhicules. Équipier au sein du GOS, Sam s’est rapidement rendu compte que la serrurerie était indispensable dans son métier. Il a donc décidé d’en faire sa spécialité en initiant la création de la cellule ouverture fine, il y a sept ans. 

Clés accrochées au tableau.
© GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN

Accéder aux lieux privés, une nécessité indispensable pour les GOS

Les GOS mettent en œuvre des compétences techniques et tactiques complexes (filature, sonorisation d’un lieu, pose de balise) visant à lutter contre la criminalité organisée. Les matériels sont souvent positionnés dans des lieux privés afin de pouvoir suivre des individus ou de capter leurs propos.

Spécialisés dans les atteintes aux biens commis par les groupes criminels itinérants, les équipiers du GOS OCLDI sont confrontés à des adversaires déterminés et rompus à leurs techniques. « À l’époque, nous devions solliciter le GIGN afin d’obtenir l’ouverture d’un véhicule, explique Sam. Nous étions contraints par leur disponibilité et nous ne pouvions pas toujours saisir la courte fenêtre s’offrant à nous, ce qui était dommage dans la mesure où certains de nos adversaires ne quittent que très peu leurs véhicules des yeux. Il fallait pouvoir disposer de l’opportunité de procéder aux ouvertures à tout moment, raison pour laquelle nous avons initié la création d’une cellule technique ouverture et sonorisation. »

Arrivé en 2013, Sam se porte volontaire pour intégrer cette nouvelle cellule. Le GOS OCLDI devient alors autonome en matière d’ouverture de véhicules. Les domiciles relèvent toujours de la compétence du GIGN en raison de la dangerosité et de la technicité que présentent les actes à réaliser.

Serrurier ouvrant un véhicule.
© GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN

« Je suis avant tout équipier au sein du GOS, souligne-t-il. La serrurerie constitue ma spécialité. Au début, nous nous sommes auto-formés, ce n’est qu’avec le temps que nous avons pu accéder à de véritables formations. »

Se former en continu

« Le maître-mot en matière de formation à la serrurerie est la progressivité, précise Sam. Lorsque j’ai commencé dans ce domaine, nous ne bénéficions pas de formations. Nous avons tâtonné en achetant du matériel et en nous servant de tutoriels. Nous nous sommes d’abord entraînés sur des ouvertures simples avant de nous attaquer à des dispositifs plus complexes au fur et à mesure. Aujourd’hui, nous avons accès à des formations dispensées par des entreprises spécialisées. »

Gravage d'une clé.
© GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN

En raison de la multitude de systèmes d’ouverture et aux évolutions constantes auxquelles procèdent les constructeurs automobiles, la serrurerie demande un investissement important. Des échanges ont également lieu avec d’autres entités, comme la préfecture de Police de Paris par exemple, afin de partager les bonnes pratiques. « Cette spécialité implique un travail régulier afin de ne pas perdre la main et de ne pas être dépassé par les nouveaux systèmes. Certains crochetages nécessitent quelques secondes tandis que d’autres peuvent prendre plusieurs minutes. Bien que certains systèmes soient particulièrement complexes, nous avons toujours moyen de contourner le problème. »

Aujourd’hui, le GOS OCLDI compte deux serruriers. Un troisième équipier sera formé prochainement.
 


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