Redpaln, illustratrice passionnée d’histoire et peintre de la gendarmerie

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 15 février 2026
© GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

De la mythologie grecque à l’Histoire de France, de Perséphone à Napoléon, l’illustratrice Redpaln crée des icônes modernes dans un style très personnel et immédiatement identifiable. En août 2025, elle est devenue peintre des Armées - Gendarmerie.

Bien avant de devenir Redpaln, son nom d’artiste, la jeune Pauline avait failli rater son baccalauréat littéraire en raison d’une mauvaise note… en arts plastiques. « Mais j’ai finalement obtenu une mention grâce à une bonne note en histoire, c’était peut-être un signe du destin. » Elle avait commencé par des études musicales, au conservatoire de Nancy, « mais j’ai toujours dessiné, en autodidacte, même si je n’avais jamais envisagé d’en faire mon métier. »

Sa première profession était d’ailleurs assez éloignée du monde artistique, puisqu’elle crée, en 2006, son activité de maréchale-ferrante indépendante, à Verdun, avant de déménager à Lyon et d’enchaîner des petits boulots. « Je me posais beaucoup de questions sur ce que je voulais faire de ma vie. J’ai ouvert une page Facebook pour présenter mes illustrations et j’ai commencé à avoir des commandes. J’ai décidé de me lancer sérieusement dans cette direction. » C’est la naissance de Redpaln. Premier livre, premières expositions, puis l’ouverture d’une boutique atelier à Verdun, en 2015.

« Mêler mes deux passions »

Elle travaille toujours de la même manière. D’abord un croquis à main levée, puis un encrage à l’encre de chine, avant une mise en couleur numérique. « Je travaille avec sept ou huit couleurs au maximum, toujours les mêmes, décrit-elle. Ma principale inspiration artistique, c’est l’esthétique des affichistes du début du XXe siècle, notamment Alfons Mucha. »

© GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

L’autre particularité des dessins de Redpaln, ce sont ses personnages sans traits de visage. « C’est devenu une marque de fabrique et c’est assez intéressant, parce que je peux représenter des personnages en m’attardant sur la posture, l’attitude, l’uniforme, plutôt que sur le visage. Par exemple, lorsque je dessine Gallois de Fougières, premier gendarme mort au combat, lors de la bataille d’Azincourt (en 1415, NDLR), je n’ai aucune idée de ce à quoi il ressemblait. »

Pendant les premières années, elle travaille sur tous les sujets, « en fonction des commandes », précise-t-elle. Mais en 2020, pendant le confinement, naît l’envie de se spécialiser et de s’orienter vers l’histoire, le patrimoine, la mémoire. « J’ai toujours été férue d’histoire. Je pouvais ainsi mêler mes deux passions. J’aime le travail de recherche aux côtés d’historiens, visiter avec eux les époques, apprendre à connaître davantage une personnalité ou une période. » Elle crée la collection Illustoriques, qui regroupe des ouvrages graphiques dans lesquels elle illustre des textes d’historiens, et qui comprend quatre tomes à ce jour : Napoléon, Templiers, Second Empire et Souveraines.

Un lien fort avec la gendarmerie

La gendarmerie est arrivée un peu par hasard dans sa vie. « J’étais en contact avec l’ancien directeur du Musée de la gendarmerie (le chef d’escadron Richard Filmotte, décédé en octobre 2022, NDLR), qui m’a commandé un portrait du maréchal Moncey. J’ai ensuite réalisé une trentaine d’images pour le musée. »

Ce n’est pas le seul lien que Redpaln entretient avec la gendarmerie. Élue en 2020 maire de son petit village de Montfaucon-d’Argonne, dans la Meuse, elle côtoie au quotidien les gendarmes de ce territoire. Mais elle ne se représentera pas lors des prochaines élections municipales. « C’est passionnant, mais c’est lourd à porter, reconnaît-elle. Je vais pouvoir me concentrer sur mon activité artistique. »

Le 18 juin 2025, la gendarmerie organisait le second concours des peintres des Armées de son histoire. Ayant déjà une relation forte avec l’Institution, Redpaln décide de présenter sa candidature. Au terme d’une sélection exigeante, dix artistes ont été retenus et ont reçu leur agrément en août. Elle fait partie des trois nouveaux venus, avec la peintre et sculptrice Chrystel Floriot et le graphiste Sébastien Lefebvre, dit « Slaad ». « C’est la reconnaissance de mon travail, et cela vient officialiser et prolonger mon histoire avec la gendarmerie, estime-t-elle. Cela a un vrai sens pour moi et ça me touche profondément. »

Le général de division Christophe Dubuis avec Pauline Astolfi, dite Redpaln.

© GEND/SIRPA/BRI G. PIGOT

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