Les gendarmes de Grenoble et de Haute-Savoie démantèlent un vaste réseau international de blanchiment d’argent et d’escroquerie aux faux investissements

  • Par le chef d'escadron Charlotte Desjardins
  • Publié le 12 février 2025
Vue sur l'arrière gauce de deux véhicules stationnés, et devant eux une colonne de cinq gendarmes en intervention pénétrant dans une entrée
© MININT - D. Mendiboure

À la fin du mois de janvier 2025, les gendarmes de Haute-Savoie et de la section de recherches de Grenoble lancent une opération qui permet l’interpellation de sept malfaiteurs suspectés d'être à la tête d'un vaste réseau international spécialisé dans les escroqueries aux faux investissements et le blanchiment d’argent.

L’affaire commence en 2022, lorsqu’un ancien chef d’entreprise français, souhaitant sécuriser ses investissements après avoir vendu son entreprise, est démarché par des individus se faisant passer pour des représentants de la société Iberdrola, un fournisseur d’énergie espagnol.
Abusé par des documents falsifiés, il signe alors six contrats, pour un montant total de 1,5 million d’euros, pensant investir dans le secteur des panneaux photovoltaïques. C’est sa banque qui, détectant le caractère suspect des deux derniers virements de 250 000 euros, bloque immédiatement le second. Mais 1 250 000 euros ont déjà été transférés sur des comptes bancaires en Espagne.
L’action des gendarmes du Groupement de gendarmerie départementale de la Haute-Savoie (GGD 74) permet l’émission d’un certificat de biens à l’étranger, délivré par le parquet d’Annecy, bloquant 450 000 euros appartenant à la victime sur ces comptes espagnols.

Délinquance financière et criminalité numérique

Une information judiciaire est ouverte auprès du parquet d’Annecy, qui saisit conjointement la Section de recherches (S.R.) de Grenoble et le GGD 74, à travers la Brigade de recherches (B.R.) d’Annecy et la Section d’appui judiciaire (SAJ) du GGD.
De nombreuses investigations minutieuses vont alors être menées par des enquêteurs spécialisés dans la délinquance financière et dans la lutte contre la criminalité numérique, mettant en lumière un réseau particulièrement organisé. Ce dernier implique des individus franco-israéliens. Des dizaines d’autres faits sont répertoriés sur le territoire français et européen.
Le système de blanchiment mis en place par les malfaiteurs repose sur de nombreuses sociétés fictives à travers l’Europe, mais aussi au-delà. Le Portugal, la Hongrie, la Croatie, l’Allemagne, l’Italie, la Turquie, Gibraltar et la Grande-Bretagne sont concernés. Les fraudeurs utilisent des mules bancaires ainsi que des outils numériques avancés pour dissimuler leurs activités et faire transiter des millions d’euros. Le cœur du réseau se trouve à Tel-Aviv.
L’analyse approfondie conduite par les enquêteurs leur a permis de découvrir des flux financiers suspects, pour un total de près de 4 millions d’euros circulant sur les comptes blanchisseurs. Par ailleurs, ils identifient une soixantaine de comptes en crypto-monnaies servant à des transactions liées à un circuit de blanchiment international d’un montant de 130 millions de dollars américains.

Sept individus interpellés dans trois pays

Des demandes d’enquêtes européennes et des commissions rogatoires internationales sont délivrées auprès des autorités israéliennes. Les gendarmes français identifient sept suspects en Israël, en Espagne et en France.
Fin janvier 2025, sous l’égide du juge d’instruction d’Annecy, les gendarmes de Haute-Savoie et de la S.R. de Grenoble lancent l’opération judiciaire, en coopération avec Europol et les autorités espagnoles et israéliennes. Sept interpellations sont réalisées simultanément en France, en Espagne et en Israël, suivies de perquisitions.
Les services enquêteurs saisissent des sommes importantes en numéraire, des biens de luxe d’une valeur de plusieurs centaines de milliers d’euros (dont six montres de joaillerie), des dizaines de pierres précieuses ainsi que de nombreux documents frauduleux relatifs à la création de sociétés fictives et à l’ouverture de comptes bancaires dans plusieurs pays européens. Une trentaine de cartes bancaires liées à ces comptes sont également découvertes, et des outils numériques sont saisis pour exploitation.


Contacter la gendarmerie

Numéros d'urgence

  • Police - Gendarmerie : 17
  • Pompier : 18
  • Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) : 15
  • Urgence Europe : 112

Sécurité et écoute

  • Enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 39 19
  • Maltraitance personnes âgées ou en situation de handicap : 39 77

Ces contenus peuvent vous intéresser