Deux escrocs au SMS interpellés par la gendarmerie de Meurthe-et-Moselle
- Par le chef d'escadron Charlotte Desjardins
- Publié le 16 août 2024

Le 4 août 2024, deux individus s’apprêtent à déposséder un homme à la suite d’une escroquerie au SMS. Ils sont interpellés par les gendarmes de Toul et de Liverdun, prévenus par la victime.
La manœuvre est classique : un SMS contenant un lien frauduleux, la récupération de données confidentielles, un rendez-vous avec coursier, et la victime se retrouve dépossédée de sa carte bancaire, et pourquoi pas d’objets de valeur. Mais cette fois, cela n’a pas fonctionné et les malfaiteurs n’ont pas réussi à aller au bout de leur combine. Pourtant, elles avaient bien commencé pour eux en ce matin du 3 août 2024...
Parmi les nombreux messages envoyés ce matin-là, l’un d’eux arrive sur le portable d’un habitant de Meurthe-et-Moselle âgé de 71 ans, lui indiquant qu’il doit régler une amende ANTAI via le lien transmis. Il commence à obtempérer, donnant un certain nombre d’informations personnelles et sensibles. Un homme l’appelle alors, se présentant comme un personnel du service de répression des fraudes, lui demandant de valider un certain nombre d’opérations, mais aussi de lui dresser une liste des biens de valeur qu’il possède. Mise en confiance par le professionnalisme apparent de son interlocuteur, la victime obtempère: dans sa liste se trouvent une carte bancaire mais aussi plusieurs montres de prix.
L’individu lui explique ensuite la marche à suivre : un coursier va se rendre à son domicile, récupérer sa carte bancaire afin de lui en remettre une nouvelle, et prendre en compte certains objets en vue de les mettre en sécurité. Rendez-vous est alors pris pour le lendemain au domicile de la victime.
Le doute et l’appel à la gendarmerie
Mais le septuagénaire, qui commence à se méfier, appelle les gendarmes de la Brigade territoriale autonome (BTA) de Liverdun, pour leur expliquer la situation. L’unité se saisit aussitôt de l’affaire et un dispositif d’interpellation est mis en place avec le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Toul pour arrêter les malfaiteurs en flagrant délit.
Ces derniers se présentent chez la victime l’après-midi du dimanche 4 août, alors qu’ils se faisaient passer pour les coursiers prétendument envoyés la veille. Les gendarmes, qui les attendaient, les interpellent aussitôt et les placent en garde à vue.
Les deux auteurs sont convoqués en mars 2025 pour être jugés au Tribunal judiciaire de Nancy, tandis que l’enquête se poursuit.
Les deux « faux coursiers » écopent d’une COPJ (Convocation par Officier de Police Judiciaire), sans contrôle judiciaire, pour comparaître devant le Tribunal judiciaire de Nancy en mars 2025. Leurs téléphones saisis et exploités motivent l’ouverture d’une nouvelle enquête préliminaire pour remonter le réseau. L'un des mis en cause, footballeur semi-professionnel, s'est toutefois vu délivrer une Obligation de quitter le territoire français (ou OQTF) sans délai.
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