Contrôles routiers et protection des exploitations agricoles
- Par la capitaine Pénélope Grondel
- Publié le 19 décembre 2025
Depuis une dizaine de jours, dans un contexte social tendu, l’épizootie de dermatose nodulaire apparue cet été touche le monde agricole et plus particulièrement les élevages de bovins. Forte de son maillage territorial, la Gendarmerie nationale agit aux côtés des autres services de l’État, afin de contrôler les flux d’animaux transportés par voie routière sur tout le territoire, et permettre de procéder à des contrôles sanitaires.
La dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC) est une maladie virale émergente détectée pour la première fois en France le 29 juin 2025, en Savoie. Cette maladie affecte la santé des bovins et peut conduire à des pertes de production importantes pour les élevages concernés. La DNC n’est pas transmissible à l’être humain, que ce soit par contact avec des animaux infectés, par piqûres d’insectes vecteurs ou par la consommation de produits issus d’animaux malades.
Entre le 29 juin et le 14 décembre 2025, 113 foyers de DNC ont été confirmés en France. Les départements touchés sont les suivants : Savoie, Haute-Savoie, Ain, Rhône, Jura, Pyrénées-Orientales, Doubs, Ariège, Hautes‑Pyrénées, Haute‑Garonne, Aude.
Les éleveurs sont soumis à une réglementation stricte concernant le déplacement de leurs bêtes, particulièrement en période épizootique, car le risque de contagion est fort dès lors que les troupeaux sont déplacés. La limitation de transport des animaux vivants fait partie intégrante de la stratégie sanitaire arrêtée par le gouvernement, en plus du dépeuplement du troupeau malade et de la vaccination des cheptels, en commençant par les zones alentours des foyers infectieux.
Pour limiter le risque de propagation, les gendarmes, et plus particulièrement les Escadrons départementaux de contrôle des flux (EDCF), ont intensifié ces derniers jours les contrôles des transports d’animaux sur le réseau routier, afin de vérifier que les camions de bovins qui circulent ne viennent pas des foyers déclarés de la maladie. Les gendarmes accompagnent les personnels de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) qui procèdent aux contrôles des passeports des animaux transportés, ainsi que les bordereaux sanitaires précisant leur lieu de départ. Des contrôles sont également menés à proximité des lieux de parcage des animaux.
Jeudi 18 décembre, près de 1 100 gendarmes départementaux, appuyés par 13 Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) étaient engagés en différents points du territoire répartis sur 42 départements, afin d’encadrer le mouvement et réaliser des opérations de contrôle sanitaire de transport d’animaux. 608 transports ont ainsi été contrôlés par les militaires.
Au quotidien, gendarmes et agriculteurs se tiennent côte à côte. Tout est fait pour protéger leurs exploitations contre la malveillance (vol de GPS, carburant…) et faire passer les conseils en matière de sécurité, surtout pendant la période des fêtes de fin d’année. Ces contrôles routiers sanitaires s’inscrivent dans cette logique d’accompagnement des éleveurs et du dialogue permanent instauré depuis toujours entre la Gendarmerie nationale et le monde agricole. Les missions de contrôle s’inscrivent dans la durée et vont être poursuivies.
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