Bretagne : le ministre de l’Intérieur et le Directeur général de la Gendarmerie inaugurent de nouveaux moyens

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 12 mai 2025
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Ce vendredi 9 mai 2025, le ministre de l’Intérieur et le Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN) se sont déplacés en Bretagne. À cette occasion, ils ont notamment inauguré les nouveaux locaux de la brigade de gendarmerie de Pont-l’Abbé, dans le Finistère, ainsi que la nouvelle embarcation rapide de la brigade nautique de Quiberon, dans le Morbihan.

Ce vendredi 9 mai 2025, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, était en déplacement en Bretagne, accompagné du Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau, dans les départements du Finistère et du Morbihan. Outre une séquence en zone police, deux séquences se sont déroulées en zone gendarmerie, au cours desquelles le ministre et le directeur général ont inauguré de nouveaux moyens visant à améliorer le service rendu aux usagers ainsi que les conditions de travail et de vie des militaires et de leurs familles.

Inauguration de la nouvelle caserne Adolphe Le Loch

Le ministre de l’Intérieur et le DGGN sont ainsi arrivés à 9 heures à Pont-l’Abbé, capitale du pays Bigouden, afin d’inaugurer la nouvelle caserne de gendarmerie. Si la commune comptait déjà une brigade, celle-ci était vétuste, ce qui a conduit à envisager la création de nouveaux locaux. La nouvelle brigade, dont l’implantation se trouve sur un terrain offert par la mairie, comprend 22 logements et accueille 23 militaires. Elle dispose d’un pôle judiciaire séparé des bureaux, ce qui facilite le travail d’investigation des enquêteurs.

Le ministre de l'Intérieur et le DGGN face aux couleurs.
© GEND/ BCOM RGBRET

Après l’accueil républicain à l’entrée de la caserne, les gendarmes de la brigade ont rendu les honneurs aux autorités. S’en sont suivies la revue des troupes par le ministre et la montée des couleurs, en présence de nombreuses autorités militaires et civiles. À l’issue, le ministre, le DGGN et le maire de la commune ont procédé à l’inauguration officielle des nouveaux locaux en coupant le traditionnel ruban. Ils ont ensuite procédé au dévoilement de la plaque baptisant officiellement la caserne « Adolphe Le Loch », sous-lieutenant originaire de Pont-l’Abbé, mort au combat le 5 mars 1915.

Biographie d'Adolphe Le Loch

La nouvelle caserne de gendarmerie de Pont-l’Abbé a reçu le nom de caserne « Sous-lieutenant Le Loch », mettant en lumière un homme au courage reconnu durant la Première Guerre mondiale, mort au champ d’honneur. Issu d’un milieu modeste, Adolphe Le Loch est originaire du quartier populaire de Lambour, à Pont-l’Abbé. Il est le fils d’une ménagère et d’un modeste tailleur de pierre, métier qu’il exercera dans sa jeunesse. À l’âge de 18 ans, il s’engage comme volontaire aux équipages de la flotte à Brest, puis devient gendarme à la Garde républicaine en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale. Promu sous-lieutenant le 19 novembre 1914 et occupant les fonctions de chef de section au 10e bataillon de chasseurs à pied, il fait preuve d’une remarquable hardiesse et d’un mépris du danger qui lui valent d’être blessé dès le lendemain de sa promotion. Le 5 mars 1915, à Notre-Dame-de-Lorette, dans le Nord-Pas-de-Calais, il est mortellement blessé alors qu’il défend sa tranchée face à l’assaut des troupes allemandes. Fait Chevalier de la Légion d’Honneur et  décoré de la Croix de guerre avec palme, il est cité ainsi à l’ordre de l’armée le 5 mai 1915 : « Venu de la garde républicaine, excellent officier, a montré depuis cinq mois en toutes circonstances de belles qualités de courage et d’énergie. Blessé, a rejoint le front dans le plus court délai. Tué le 5 mars au milieu de sa section en défendant une tranchée menacée par l’ennemi. »

Le maire de Pont-l’Abbé, le DGGN et le ministre ont ensuite successivement pris la parole dans la cour de la nouvelle brigade.

Le DGGN effectuant son discours.
© GEND/ BCOM RGBRET

L’immobilier, système d’arme de la gendarmerie

Pour le général d’armée Hubert Bonneau, cette journée avait une saveur particulière. Originaire du Finistère, il commandait jusqu’à peu la région de gendarmerie de Bretagne et effectuait ce vendredi son premier déplacement dans ce département depuis sa nomination à la tête de la gendarmerie, le 31 octobre 2024. À cette occasion, le DGGN a souligné que l’inauguration d’une nouvelle brigade constitue toujours un événement important pour les gendarmes et leurs familles, dans la mesure où « on vit là où on travaille et on travaille là où on vit. (…) La brigade constitue le socle, la brique sur laquelle est bâtie toute la gendarmerie. C’est l’élément de base de notre système intégré. On ne travaille pas en tuyaux d’orgue avec des branches séparées mais en transversalité et en polyvalence, afin de fournir un service efficace et adapté au terrain. Tout commence sur le terrain. Il n’y a pas, par exemple, de trafic sans point de deal. La brigade territoriale est la garantie de la présence de proximité, de la disponibilité et de la réactivité des gendarmes. (…) Notre maillage, ce sont plus de 3 100 brigades, qui sont autant de points d’appui pour assurer la couverture du territoire national et garantir l’efficacité de notre action quotidienne. Elles permettent également de monter en puissance, avec la projection de gendarmes sur des événements exceptionnels. Elles garantissent aussi, en tout temps, dans l’hexagone et en outre-mer, l’égalité de tous dans l’accès au service public de la sécurité. L’immobilier est donc stratégique pour la gendarmerie nationale. (...) Il en est ainsi depuis l’existence de la Maréchaussée, et ça le demeurera. L’immobilier est notre système d’armes. »

Pour en savoir plus, retrouvez l’article abordant les conditions de vie et de travail des gendarmes sur GENDinfo.

Le directeur général a ensuite tenu à souligner l’engagement du ministre de l’Intérieur, qui a permis de doter la gendarmerie nationale de près de 300 millions d’euros afin d’améliorer les conditions de l’immobilier domanial. Il a également remercié les élus locaux qui s’engagent afin d’améliorer les emprises locatives, au profit des usagers, des gendarmes et de leurs familles.

Le général Hubert Bonneau est également revenu sur le sous-lieutenant Adolphe Le Loch, « héros de la gendarmerie nationale. » Il a relevé qu’il existait désormais « un lien indissoluble entre la gendarmerie nationale, la commune de Pont-l’Abbé et la mémoire de l’officier », avant de souligner ce qu’implique ce nom de baptême. « Par ce choix (...), c’est un message d’engagement qu’on a voulu transmettre, une exhortation au courage, un passage de témoin aux gendarmes d’aujourd’hui. Je sais qu’ils ont la France et la République chevillées au corps. Vous pourrez toujours compter sur eux dans toutes les situations. » Et de conclure en rappelant sa fierté quant aux gendarmes de Pont-l’Abbé.

Discours du Ministre de l'Intérieur.
© GEND/ BCOM RGBRET

S’adressant aux nombreuses autorités militaires et civiles présentes, le ministre Bruno Retailleau a appuyé les propos tenus par le DGGN, soulignant à son tour que « l’immobilier constitue le système d’armes de la gendarmerie nationale et qu’il est révélateur de son statut militaire. Les casernes (…) permettent de s’ancrer auprès de nos compatriotes. (…) Il n’y a pas un morceau de France sans gendarme. Je crois aux institutions enracinées, elles seules peuvent produire la proximité et la confiance. » Il a ensuite rappelé l’engagement de création de nouvelles brigades pris par le président de la République et sa volonté de recruter 464 gendarmes pour armer celles prochainement créées.

Déclarant ne pas ignorer le mauvais état et parfois même la vétusté du parc immobilier de la gendarmerie nationale, Bruno Retailleau a dit vouloir améliorer les conditions de travail et de vie des gendarmes, celles-ci étant liées. Soulignant sa fierté « d’avoir mis un terme au sous-investissement chronique dans l’immobilier domanial de la gendarmerie », le ministre a rappelé que quasiment 300 millions d’euros ont été accordés à la gendarmerie en 2025 afin d’améliorer ses infrastructures domaniales, soit un montant 11 fois supérieur à la loi de finances précédente. Ces investissements doivent « vous permettre de remplir au mieux la mission que la République vous a confiée. Ils constituent une promesse, celle de l’unité républicaine. » 

Revenant sur le sacrifice d’Adolphe Le Loch, Bruno Retailleau a conclu son discours en relevant que son exemple devait « raffermir la fraternité d’arme des gendarmes » et que « pour une institution comme pour une grande nation, plus sa mémoire est longue et plus sa cohésion est forte. »

Une nouvelle embarcation rapide pour la brigade nautique de Quiberon

Au cours de l’après-midi, le ministre s’est rendu à Quiberon, dans le cadre d’une séquence dédiée aux moyens de l’État en mer et des contrôles opérés en mer, notamment dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. C’est à cette occasion que Bruno Retailleau et le DGGN ont procédé à l’inauguration de la nouvelle vedette "Kerberöen" de la Brigade nautique (B.N.) de Quiberon.

Le ministre de l'Intérieur et le DGGN inaugurant la nouvelle embarcation.
© GEND/ BCOM RGBRET

Produite par Sillinger, cette embarcation semi-rigide de gamme « 950 Rafale » s’adapte à une utilisation intensive en condition extrême. D’une longueur de 9,75 mètres, elle est dotée de flotteurs permettant d’assurer une meilleure stabilité en mer formée, d’une cabine de pilotage et de moteurs développant 300 chevaux chacun. Cette vedette doit permettre aux gendarmes de la B.N. d’assurer leurs missions dans toutes les conditions et de disposer d’un outil répondant au niveau d’adversité auquel ils peuvent être confrontés et facilitant les contrôles en mer.

Gendarme tenant un panneau affichant "M. Bruno Retailleau, ministre d'État, ministre de l'Intérieur, a inauguré la vedette "Kerberöen" de la BN de gendarmerie de Quiberon le vendredi 9 mai 2025"
© GEND/ BCOM RGBRET

Lors de son allocution, le ministre a souligné que le renforcement des contrôles passait par l’amélioration des outils, la formation et le renforcement de la coopération interservices. Cette action doit être menée en profondeur et à l’approche des navires, en s’appuyant sur les renseignements obtenus. Cette situation sera favorisée par la création d’un État-major dédié à la lutte contre la criminalité organisée (EMCO), basé à Nanterre, prochainement inauguré par le Président de la République et le ministre de l’Intérieur.

Le ministre de l'Intérieur et le DGGN à bord de l'embarcation lors d'une démonstration.
© GEND/ BCOM RGBRET

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