6e journée des Phénix, ou la reconnaissance de l’Institution pour les blessés de la gendarmerie
- Par la lieutenante Floriane Hours
- Publié le 06 décembre 2024

Après les précédentes éditions, marquées par des échanges constructifs, la 6e édition de la journée des Phénix s’est déroulée mardi 3 décembre 2024. Organisée par la SDAP (Sous-direction de l’accompagnement du personnel), cette journée a mis à l’honneur la force et la résilience des gendarmes blessés. Des militaires de plus en plus nombreux.
En 2023, 9 600 militaires ont été blessés en service. Parmi eux, 900 l’ont été grièvement par arme ou arme avec destination. Des chiffres en constante augmentation. Pour accompagner ces gendarmes blessés, plusieurs initiatives sont développées au sein de la gendarmerie depuis près de dix ans. Parmi elles, se trouvent les stages de Reconstruction des blessés par le sport (RBS), pilotés par le capitaine Franck Martineau, référent national, qui ont réuni cette année une centaine de personnes, ainsi que la journée des Phénix, lancée il y a huit ans, afin de mettre en avant la force et la résilience de ces gendarmes blessés. Cette journée, qui se déroule chaque année au mois d'automne, a eu lieu, pour cette nouvelle édition, mardi 3 décembre 2024, à la Direction Générale de la gendarmerie nationale (DGGN), à Issy-les-Moulineaux.
Une journée de cohésion et de reconnaissance
Réunissant 68 gendarmes ayant tous participé à différentes sessions de stage de reconstruction des blessés par le sport, cette journée a débuté dans la matinée par un moment de cohésion. Sous le grand dôme du gymnase Jacques Ducasse, du Kremlin-Bicêtre, les Phénix ont ainsi pu se retrouver autour d’une activité physique adaptée à tous. « Cela permet de briser la glace et de se retrouver autour d’une activité sportive », explique le capitaine Martineau.
Les Phénix ont ensuite été accueillis à la DGGN où, après un déjeuner, ils ont assisté à une série de conférences présentant les différentes actions mises en place par la gendarmerie pour l’accompagnement des blessés et de leur famille. Dans la salle, parmi les gendarmes, des militaires de l’armée de Terre, représentant le Centre national des sports de la Défense (CNSD), et du Service de santé des Armées (SSA), ainsi que deux chiens accompagnants ont également assisté aux échanges en leur qualité de partenaires.
Un moment important pour les blessés, qui a débuté par une intervention du Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau. Dans son discours, ce dernier a salué l’engagement des gendarmes blessés : « Notre première responsabilité, individuelle et collective, est celle de la reconnaissance. La reconnaissance du courage et du sacrifice de nos blessés. Ils se sont exposés pour leur mission et donc, en retour, nous avons un devoir absolu à leur égard », a-t-il souligné, mettant en lumière l'augmentation constante du nombre de blessés chaque année.
Faire progresser la prise en compte de l’accompagnement et de la reconstruction
Un gendarme sur cinq sera blessé un jour dans l'exercice de ses fonctions. Pour faire face à ce chiffre évoqué par le DGGN lors de son allocution, la gendarmerie, à travers l’action de la Sous-direction de l’accompagnement du personnel (SDAP), a intensifié, au fil des années, ses actions de prise en compte et d’accompagnement des militaires et de leur famille dans leur long processus de reconstruction. À cet effet, le nombre de stages de reconstruction par le sport proposés par la gendarmerie n’a cessé d’augmenter. Alors qu’il n’y en avait que quatre il y a une dizaine d’années, il y en a désormais neuf, comprenant pour la plupart deux sessions par an.
Autre avancée marquante : la montée en puissance de la cellule d’aide aux blessés de la gendarmerie. Porte d’entrée des militaires blessés en service, cette cellule va voir ses effectifs passer de quatre à six personnels. Une hausse peu importante, mais qui témoigne néanmoins d’une nécessité de mobiliser davantage de personnes sur ces questions.
L’accompagnement de la reconnaissance du préjudice des blessés est également un point important qui s’est intensifié ces dernières années, comme l’explique le SDAP, le colonel Nicolas Philippotin : « Nous nous inscrivons dans un plan ministériel d’aide aux blessés avec plusieurs dimensions, dont la dimension procédurale concernant l’accélération des procédures d’indemnisation, ainsi que des procédures d’évaluation du préjudice, avec des médecins référents qui fourniront rapidement des résultats pour mettre en place des indemnisations et permettre l'attribution rapide de la pension militaire d’invalidité, car cela participe au parcours de réparation. Si 10 ans après, vous êtes toujours en train de faire des papiers, vous ne pouvez pas passer à autre chose. »
Dernière avancée majeure évoquée durant cette conférence, l’ouverture, à la fin du premier semestre 2025, du village des blessés sur le site du CNSD, à Fontainebleau. Structure interarmées, ce village, dont la première pierre a été posée en début d’année 2024, permettra d'améliorer l'accompagnement des personnels souffrant de traumatismes physiques ou psychologiques, des blessures « invisibles » tout aussi importantes à prendre en compte.
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