Les pouvoirs du maire face aux rodéos motorisés
- Par la rédaction du site Gend'élus
- Publié le 12 juin 2026, mis à jour le 12 juin 2026
Les rodéos motorisés sont des délits commis sur la voie publique avec des véhicules motorisés (deux-roues, voitures, quads, etc.).
Ils consistent à adopter une conduite violant délibérément le Code de la route en répétant de manière intentionnelle des manœuvres dangereuses (acrobaties, zigzags, emprunt de trottoirs, etc.). Ces rodéos constituent un réel danger pour les riverains et les usagers, comme pour le conducteur de l’engin. Ils troublent également la tranquillité publique par les nuisances sonores engendrées.
La loi n°2018-701 du 3 août 2018, renforçant la lutte contre les rodéos motorisés, permet de réprimer les comportements nuisibles à la sécurité ou à la tranquillité publique et de sanctionner l’organisation d’un éventuel rassemblement, la participation à un rodéo et même la seule promotion de sa pratique. Les rodéos motorisés sont réprimés aux articles L236-1 à L236-3 du Code de la route et 223-1 du Code pénal au sens de la mise en danger de la vie d’autrui.
La loi n°2022-52 du 24 janvier 2022 a renforcé les conditions d’acquisition et de location des véhicules utilisés habituellement pour les rodéos. Ce texte permet de combler un vide dans le dispositif de lutte, en assurant un meilleur contrôle des engins et de leurs propriétaires.
Le projet de loi RIPOST (réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité) présenté par le Ministre de l’Intérieur le 25 mars 2026 contient également plusieurs mesures concernant les rodéos motorisés. Ce projet de loi tend à renforcer les outils de lutte contre ces infractions.
Face à ce phénomène, le maire de la commune possède des compétences étendues afin de prévenir, dissuader et réprimer les rodéos urbains. Ces prérogatives s’exercent en collaboration avec la Gendarmerie nationale.
L’exercice des pouvoirs de police administrative du maire pour prévenir et dissuader
Afin de réguler la circulation et de limiter les risques dans certaines zones, le maire peut interdire la circulation ou le stationnement sur certaines voies ou zones à risque (L.2213-2 du Code général des collectivités territoriales). Cet arrêté peut être temporaire ou permanent. Il doit être affiché et notifié à la Gendarmerie.
L’aménagement urbain peut également constituer une réponse adaptée au phénomène des rodéos motorisés. En concertation également avec la Gendarmerie, la mise en place par le maire de certains aménagements ou certaines installations, permet de limiter les risques en réduisant l’espace public utilisable par les délinquants, tout en protégeant les riverains. Une collaboration étroite permet de définir les zones opportunes comme de sélectionner les aménagements les plus indiqués.
Des actions de sensibilisation et de prévention sont également nécessaires. Il est possible de les organiser dans différentes situations et en s’adressant à différents publics (établissements scolaires, réunion publique, etc.) afin d’exposer le phénomène et de rappeler ses dangers, mais également de recueillir du renseignement. La Gendarmerie se tient disponible afin de participer aux actions de prévention et prendre part à d’éventuelles interventions, notamment dans les établissements scolaires.
Le maire peut également inciter les acteurs privés à protéger leurs sites dont les facilités d’accès permettent le rassemblement d’auteurs de rodéos, en particulier lors des créneaux de non-activité d’une entreprise. Cette protection peut passer là encore par des aménagements physiques (grillages, barrières, portails sécurisés, etc.) mais également par la mise en place éventuelle d’agents de sécurité.
A savoir
Une mission d’information sur les rodéos urbains a débuté au Sénat le 14 janvier 2026. L’échéance est prévue au 2ème trimestre 2026.
Une nécessaire action de répression du phénomène
En cas de rodéo en cours, il est important de faire un signalement immédiat à la Gendarmerie et de donner des indications précises (détails sur les lieux, le nombre et la typologie des véhicules, le volume de participants, leur axe de déplacement éventuel, etc.) mais de ne pas intervenir directement. Le risque étant élevé autour de ces pratiques, c’est à la Gendarmerie (en coordination éventuellement avec la police municipale) d’être présente pour constater les infractions et les faire cesser.
La Gendarmerie dispose de moyens techniques adaptés à l’appréhension des auteurs de rodéos motorisés. Par la suite, en application des différents arrêtés municipaux, la Gendarmerie peut saisir les véhicules impliqués (L325-1 du Code de la route) ou les placer en fourrière.
La lutte contre les rodéos urbains peut également se faire à travers le développement de la vidéoprotection dans les zones particulièrement concernées par ces rodéos. Ce système permet de constater des infractions et de les verbaliser, y compris a posteriori.
En cas de phénomène intercommunal, le maire peut également collaborer avec le préfet afin d’apporter une réponse adaptée au phénomène.
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