Cabanisation

  • Par la rédaction du site Gend'élus
  • Publié le 24 juillet 2025, mis à jour le 17 février 2026

Urbanisme

DE QUOI PARLE-T-ON ?

La cabanisation consiste en l’implantation sans autorisation de constructions ou d’installations diverses occupées épisodiquement ou de façon permanente, dans des dans des zones inconstructibles, agricoles ou naturelles et le plus souvent en zone à risque inondation ou feux de forêt.

Ce phénomène se manifeste par diverses typologies de bâti :

  • la cabanisation « traditionnelle », issue de l'aménagement de constructions en dur, modestes et fonctionnelles, souvent liées à des terrains agricoles morcelés :
  • la cabanisation « de type caravaning » : l’implantation de caravanes, résidences mobiles de loisirs (ex mobil-homes), chalet, yourtes, abris précaire ; aménagement de terrains pour des occupations plus longues voire de l'habitat permanent ;
  • la cabanisation liée à la sédentarisation des gens du voyage

Objectif

Lutter contre la cabanisation participe à la mise en œuvre de nombreuses politiques publiques : protection des populations (notamment vis-à-vis des risques naturels), intégration sociale, hygiène et salubrité, protection des paysages et de l’environnement, préservation des terres agricoles, préservation de l’image « nature » du département avec des enjeux touristiques et financiers.

 

CE QUE JE PEUX FAIRE

Pour faire cesser rapidement des infractions au Code de l'urbanisme, en demandant une démolition, des travaux, ou le dépôt d'une demande de permis de construire, le maire peut lancer la procédure des astreintes administratives introduite par la loi engagement et proximité (article 48) et inscrite aux articles L. 481-1 à L. 481-3 du Code de l’urbanisme.

1 - Constatations : 

Le maire, un adjoint ou un agent commissionné par le maire (c'est-à-dire ayant reçu une lettre de mission) sont aptes à dresser un PV d'infraction et le transmettre au procureur.

Il s'agit de bien préparer le contrôle en vue des constatations :

  • bien identifier la parcelle concernée en utilisant les outils numériques idoines ;
  • analyser les règlements qui s'appliquent à la parcelle (DU - PPR -  SPR,...) ;
  • situer tout élément permettant de déterminer les dates de début et de fin des travaux (si possible par la consultation d'images satellites antérieures) ;
  • éditer le relevé de propriété pour connaître le nom du propriétaire mis en cause ;
  • prendre rendez-vous avec le propriétaire ou l'occupant de la parcelle ;
  • en cas de raccordement électrique suspect, inviter Enedis à participer au contrôle ;
  • faire remplir et signer une autorisation d'accès ;
  • fixer tous les éléments par des clichés photographiques ;
  • ne pas procéder aux auditions des personnes mises en cause ;
  • pour les exhaussements et affouillements étendus, faire appel à un géomètre ;
  • ne pas utiliser de photos prises par des drones, sauf autorisation écrite et signée du propriétaire ;
  • déterminer les mesures de la/des construction(s) litigieuse(s) selon le calcul de l'emprise au sol ;
  • se munir d'une preuve du titre de propriété du mis en cause auprès du service de la publicité foncière et de l'enregistrement qui tient à jour les informations sur la propriété (SPFE).
constatations.jpg

C’est un préalable obligatoire. Cependant, la procédure de l’astreinte administrative n’aura pas d’interaction avec la procédure pénale qui suivra son cours normal.

Obtenir un modèle de rapport PDF 

Obtenir un modèle de rapport DOC (modifiable)

 

2 - Information du mis en cause :

L'information se fait par l'envoi d'un courrier recommandé avec accusé de réception (LR/AR) signé par le maire qui informe l'auteur présumé de l'infraction. 

Un courrier de la commune signé par le maire informe l'auteur :

  • des faits reprochés (avec copie du rapport de constatation) ;
  • de l'ouverture d'une procédure contradictoire ;
  • des sanctions administratives encourues ;
  • de la possibilité de formuler ses observations sous 15 jours (également appelé période contradictoire) ;
  • prescrire les mesures de régularisation nécessaires.

Attention

Il est impératif de laisser à l'auteur supposé une possibilité de présenter ses observations orales ou écrites sous 15 jours minimum. Ce délai de contradiction est réglementaire et ne peut être plus court.

Ce délai a un double intérêt : il permet à l'auteur présumé de s'expliquer (peut être n'est-il pas le responsable de l'implantation de la structure), et il permet à l'auteur effectif d'entreprendre des démarches pour éviter les sanctions administratives (ce qui est le but recherché dans la procédure administrative).

Obtenir un modèle de courrier PDF

Obtenir un modèle de courrier DOC (modifiable)

 

3 - Mise en demeure 

Après que l’intéressé a présenté ses observations ou, à défaut, à l’issue du délai de 15 jours, le maire peut lui ordonner le paiement d’une astreinte journalière (débutant à compter de la notification de la décision qu'il prononce, dont le montant de l'astreinte est fixé à 500 € par jour de retard et plafonné au total à 25 000 €) et le mettre en demeure d’effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé.

Cet arrêté doit absolument contenir : 

  • Les visas (vus les articles X à Y du Code de l'environnement, vu le rapport de constatation du JJ/MM/AAAA) ;
  • Les motivations de la mise en demeure (reprise recommandée des principales conclusions du rapport de constatation) ;
  • L'objet de la mise en demeure (enlèvement de la construction, remise en état du site ...) ;
  • Un délai accordé pour satisfaire la mise en demeure ;
  • La date de l'arrêté et la signature du maire.

Obtenir un modèle d'arrêté PDF

Obtenir un modèle d'arrêté DOC (modifiable)

La jurisprudence récente du Conseil d’État a confirmé la légalité de ce dispositif et son application par les maires

 

4 - Vérification du respect de la mise en demeure : 

Si l’intéressé ne régularise pas sa situation, les services du maire procèdent aux constatations sous les mêmes formes que les constatations initiales. 

C’est un préalable obligatoire pour la suite des démarches et la demande ultérieure de recouvrement. 

Obtenir un modèle de rapport PDF 

Obtenir un modèle de rapport DOC (modifiable)

 

5 - Information du mis en cause : 

L'information se fait par l'envoi d'un courrier recommandé avec accusé de réception (LR/AR) signé par le maire qui informe l'auteur présumé de l'infraction que le maire va prendre un arrêté de mise en recouvrement. 

Un courrier de la commune signé par le maire informe l'auteur :

  • des faits reprochés (avec copie du rapport de constatations) ;
  • de l'ouverture d'une procédure contradictoire ;
  • des sanctions administratives encourues ;
  • le rappel des références de l'arrêté de mise en demeure ;
  • la constatation de la non exécution de l'injonction (avec copie du rapport de constatations).

Attention

Il est impératif de laisser à l'auteur supposé une possibilité de présenter ses observations orales ou écrites sous 15 jours minimum. Ce délai de contradiction est réglementaire et ne peut être plus court.

Obtenir un modèle de courrier PDF

Obtenir un modèle de courrier DOC (modifiable)

En cas de plainte de la municipalité, il faut préciser si la mairie se constitue partie civile et les démarches administratives engagées. 

6 - Demande de recouvrement : 

La demande de recouvrement se traduit par un arrêté de mise en recouvrement. 

Une copie de cet arrêté doit être transmise au mis en cause. 

Le titre de recette doit être émis au bénéfice de la commune. Le recouvrement de l'astreinte est engagé par trimestre échu.

Obtenir un modèle d'arrêté PDF 

Obtenir un modèle d'arrêté DOC (modifiable)

 

MES CONTACTS UTILES :

En priorité la brigade territoriale de votre ressort et selon le degré de de non respect des règles d'urbanisme :

  • la direction départementale des territoires (DDT) ;
  • la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL).

Contacter la gendarmerie

Numéros d'urgence

  • Police - Gendarmerie : 17
  • Pompier : 18
  • Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) : 15
  • Urgence Europe : 112

Sécurité et écoute

  • Enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 39 19
  • Maltraitance personnes âgées ou en situation de handicap : 39 77

Ces contenus peuvent vous intéresser