Les gendarmes de Bédarieux engagés pour la population jusqu’au dernier kilomètre de leur circonscription
- Par le chef d'escadron Romain Bastet
- Publié le 07 janvier 2026
Les gendarmes de Bédarieux au contact des habitants du village de Castanet-le-haut lors de l'opération "communes isolées" du 18 décembre 2025
Garantir la même présence aux élus des vingt-six communes qui composent la circonscription, tel est l’engagement des gendarmes de la Communauté de brigades (CoB) de Bédarieux. Créée il y a deux ans, à l’initiative du major Daniel, l’opération « communes isolées » vise à permettre aux 21 500 habitants une équité d’accès au service public dans un territoire à la géographie enclavée. Fidèles à l’impératif de proximité qu’ils incarnent, les gendarmes veillent à renforcer ce lien entre la population des villages les plus isolés.
« 90 % de l’activité de la brigade se concentre entre Le Bousquet d’Orb et Lamalou-les-Bains, soit quatre communes sur les vingt-six qui composent la circonscription. À cela s’ajoute le relief particulièrement marqué, caractéristique des communes des Hauts-Cantons, qui induit des élongations importantes et accentue l’isolement géographique. C’est là que j’en viens aux communes isolées. Je ne veux oublier personne et je souhaite donc offrir à chacun un service public sur mesure », introduit d’emblée le major Daniel, qui commande la Communauté de brigades (CoB) de Bédarieux depuis bientôt quatre ans.
De la proximité naît la confiance
De ce constat et de cette volonté naissent les opérations communes isolées. Depuis toujours, la gendarmerie assure la présence de l’État au cœur des territoires, jusque dans les zones isolées. Agir en proximité, au contact de la population, constitue l’identité même de l’Institution. « À mon sens, l’efficacité de notre action réside sur l’intelligence de proximité et la qualité du lien humain », explique le commandant de la brigade. Ainsi, chaque mois, près de dix-huit communes bénéficient de cette initiative.
L’opération « communes isolées » vise à sanctuariser la présence d’un binôme de gendarmes qui arpentent les rues de la commune désignée. À leur arrivée, les gendarmes stationnent le véhicule devant la mairie, signalant ainsi la présence des militaires auprès de la population. Et l’information circule rapidement dans un village où tout le monde se connaît. Le premier interlocuteur du binôme est le maire de la commune, qui relaie alors les problématiques locales qu’il rencontre.
« Ce que j’aime, c’est la poignée de main avec la population »
Au-delà de l’échange avec le maire, les gendarmes assurent une présence visible, à pied, dans les rues de la commune, en cherchant le contact auprès des habitants et des commerçants, acteurs essentiels à la vie de ces territoires. « Quand je dis que mes gendarmes sont à pied, j’insiste, c’est très important pour moi. Circuler en véhicule de service, le coude posé sur la portière, je ne veux pas voir ça ! Ça paraît anodin ou insignifiant, mais la patrouille à pied créé du lien, provoque l’échange, permet de se positionner au même niveau et permet donc d’être identifiés comme des interlocuteurs accessibles », explique le major Daniel, tout en poursuivant sur la philosophie et les objectifs de cette mission. « Ce que j’aime, c’est la poignée de main avec la population. Le but est de renforcer le lien qui existe entre la gendarmerie et les habitants. Je caricature, mais notre présence ne doit pas se limiter à l’image réductrice du gendarme, sifflet à la bouche, verbalisant au bord de la route. Les habitants ne doivent pas penser que nous sommes là uniquement parce qu’un événement grave s’est produit dans la commune. Nous sommes présents, y compris lorsque tout va bien. » Cette proximité permet de mieux se connaître et ainsi tisser des liens. « Ça paraît évident, mais c’est de l’humain avant tout. De ces échanges réguliers naît une relation de confiance, et c’est de cette confiance que découle notre raison d’être : protéger et rassurer la population. »
En s’inscrivant dans une logique d’« aller vers », l’opération communes isolées permet, dans certains cas, de pousser cette démarche jusqu’à l’« aller chez ». Le travail en mobilité rend partout possible la prise de plaintes et de mains courantes, ainsi que l’accomplissement de l’ensemble des démarches habituellement réalisées au sein de la brigade.
Bien que la collecte du renseignement ne soit pas l'objectif premier, le dialogue permet parfois d’en obtenir naturellement et de manière spontanée. Enfin, la présence sur le terrain présente une autre vertu : elle signale aux personnes mal intentionnées que la gendarmerie est présente partout, exerçant ainsi un effet dissuasif.
L’intelligence de proximité et un besoin de pragmatisme
Ce qui peut sembler anodin dans certaines villes, à l’image du litige cadastral, du stationnement abusif ou du dépôt sauvage d’ordures, prend dans d’autres villages une tout autre proportion. Ces situations peuvent entraîner des conséquences bien plus importantes, qui perturbent durablement la vie locale, et face auxquelles les élus peuvent se sentir impuissants ou démunis. La gendarmerie vient alors en soutien en les conseillant, voire en apportant directement une solution à la difficulté rencontrée, quelle qu’elle soit.
Quoi de mieux pour illustrer la situation que l’opération qui s’est tenue le 18 décembre 2025 à Castanet-le-Haut ? Ce jour-là, le maréchal des logis-chef Thibault se rend dans cette commune rurale où vivent 224 habitants. À la mairie, il rencontre un des adjoints au maire qui lui fait part d’un dépôt sauvage d’ordures ménagères qu’il a constaté mais dont il peine à trouver des solutions. Le jeune gradé s’empare alors du dossier et propose plusieurs pistes concrètes afin de répondre à cette problématique. Une fois le temps de la résolution venu, place au temps du conseil : il présente notamment le site Internet Gend’élus, une plateforme qui recense de nombreux outils pratiques destinés à accompagner les élus dans l’exercice de leurs missions.
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