Le contrôle des flux, mission majeure de la Brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine

  • Par GND (R) Léopold Dubois
  • Publié le 22 janvier 2026
© GEND/SIRPA/F. ARRIGHI

La Brigade fluviale de gendarmerie (BFG) de Conflans-Sainte-Honorine a été rattachée à l’Escadron départemental de contrôle des flux (EDCF) des Yvelines début janvier 2026. Un changement qui, en rapprochant des unités partageant une mission commune, le contrôle et la sécurité des flux, renforce le continuum de l’action de la gendarmerie entre les deux dimensions territoriales que sont les fleuves et la terre.

Ce vendredi 9 janvier 2026, alors que les conditions météorologiques se détériorent avec l’arrivée de la tempête Gorreti, deux militaires de la Brigade fluviale de gendarmerie (BFG) de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, préparent la vedette « La Vigilante » pour partir en patrouille. Une fois le matériel en place et les amarres larguées, l’embarcation s’éloigne de la rive et commence à descendre la Seine. Si les conditions de navigation sont bonnes, la pluie et les bourrasques ont découragé bon nombre de plaisanciers, et seul un automoteur, appelé plus communément une péniche, sortant de l’écluse d’Andrésy, navigue ce matin-là.

Des missions diverses pour un quotidien sans routine

La vedette remonte ensuite l’Oise pour s’assurer que la tempête n’a pas causé de dégâts sur les péniches et les bateaux-restaurants amarrés le long des berges. « La particularité géographique de Conflans-Sainte-Honorine est d’être à la confluence de la Seine et de l’Oise, ce qui fait que nous pouvons aisément nous rendre de l’une à l’autre au besoin », relève l’adjudant-chef Yohan, qui commande la brigade fluviale. La compétence zonale de l’unité ne se limite pas à l’ouest francilien et l’amène à travailler sur tous les affluents de la Seine, mais aussi sur les lacs, les étangs et les rivières de la région Île-de-France. Pour couvrir ce territoire, la brigade compte dix militaires, dont sept plongeurs, et dispose d’une vedette et de deux embarcations semi-rigides.

© GEND/SIRPA/MDC B. LAPOINTE

« Le spectre des missions de l’unité est très large, du contrôle administratif aux enquêtes judiciaires », indique l’adjudant-chef Yohan. Les gendarmes de l’unité sont ainsi en charge de vérifier le respect des règles de navigation, mais aussi la validité des permis et des qualifications que peuvent détenir les pilotes des bateaux ou encore la présence des équipements de sécurité obligatoires. Le volet environnemental prend également une place grandissante dans leur travail. Les militaires luttent contre la pollution des cours d’eau et des milieux aquatiques de la région et s’assurent du respect de la réglementation liée à la pêche. « On travaille souvent sur l’eau et sur les berges, mais cela nous arrive de contrôler les produits de la pêche sur les étals des marchés et dans les ports, assure l’adjudant-chef. Impossible d’avoir deux journées qui se ressemblent. » 

Les sept plongeurs de l’unité sont aussi d’une grande aide pour les brigades territoriales alentour. Ces Techniciens en investigation subaquatique (TIS) sont sollicités lorsque certaines enquêtes judiciaires nécessitent la recherche d’indices qui auraient pu être dissimulés dans l’eau par les criminels, la réalisation de constatations ou encore lorsque des personnes sont signalées disparues à proximité d’un point d’eau.

Créer une synergie pour le contrôle des flux

Depuis le 1er janvier 2026, la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine, à l’instar de toutes les brigades nautiques et fluviales (BNF), a été rattachée à l’Escadron départemental de contrôle des flux (EDCF) de son département. Ce rattachement s’inscrit dans une réforme plus large lancée le 1er octobre 2025 avec la transformation des escadrons départementaux de sécurité routière en EDCF. En plaçant désormais sous le même commandement les Brigades motorisées (B.Mo.), les Pelotons motorisés (P.Mo.) et les brigades fluviales et nautiques, avec en complément, dans certains départements, des équipes rapides d’intervention (ERI) et des Groupes locaux de contrôle des flux (GLCF), cette réforme élargit le champ missionnel des EDCF à l’ensemble des vecteurs de transport (routier, ferroviaire, fluvial et maritime), inscrivant leur action dans une dynamique plus globale de lutte contre toutes les menaces, sans toutefois abandonner le volet sécuritaire.

Pour l’un des militaires de l’unité de Conflans-Sainte-Honorine, ce changement est même logique : « la brigade fluviale est le P.Mo. des fleuves et rivières ». En effet, la mission de contrôle des flux est déjà très prégnante au sein de l’unité, qui participe souvent à des opérations coordonnées avec d’autres unités, à l’instar des Opérations anti-délinquance (OAD) ou anti-stupéfiants. Les gendarmes de la brigade fluviale couvrent alors les cours d’eau, mais contrôlent aussi des contrevenants au niveau des écluses. « Ce rattachement permet de renforcer la synergie des moyens et de couvrir efficacement les axes, notamment fluviaux, et ce, sans contrevenir ou éclipser les autres missions de l’unité », conclut l’adjudant-chef Yohan.


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