Immersion avec la 8e promotion des cadets de la gendarmerie de la Somme

  • Par le GND (R) Léopold Dubois
  • Publié le 05 mars 2026
© GEND/SIRPA/GND (R) L. Dubois

Les cadets de la gendarmerie de la Somme ont fait leur second regroupement durant les vacances scolaires d’hiver. Entre la découverte du métier de gendarme et des traditions, ces quatre jours ont notamment été rythmés par une marche et la remise de leur calot.

Trente-quatre lycéens et lycéennes du département de la Somme ont passé des vacances d’hiver pas comme les autres. Durant quatre jours, ils ont revêtu leur uniforme de cadets de la gendarmerie et ont participé à de nombreuses activités que leurs cadres avaient minutieusement préparées. Au programme : découverte de l’Institution, sport, cérémonies, cours théoriques… Pour ce second regroupement en internat de leur cursus, les cadets ont vécu des moments riches en émotions.

Marche du calot, un point d’étape dans la formation

Pour les cadets de la 8e promotion du gendarme Garin, tout a commencé par un rassemblement sur la place de la caserne, en treillis et sac sur le dos. Un à un, l’air déterminé, ils montent dans le bus qui les emmène à la ligne de départ de leur marche au calot. L’objectif est simple pour les cadets : rejoindre l’internat où ils passeront les prochains jours. Avant le départ pour ces 15 kilomètres, le directeur de la formation, le lieutenant-colonel de réserve Benoît rappelle l’importance de cette marche : « En gendarmerie, la marche et la connaissance du terrain sont primordiales. Chaque gendarme fait une marche au calot durant sa formation, et aujourd’hui, c’est votre tour d’aller chercher le vôtre. » Divisés en plusieurs groupes, les dix-sept filles et dix-sept garçons de la 8e promotion sont accompagnés de leurs encadrants, des sous-officiers de réserve, mais aussi d’un ancien cadet de la 2e promotion. Ils se mettent en route et rejoignent rapidement le chemin de halage qui longe la Somme. Lors des premiers kilomètres, chaque groupe s’affaire à chercher et ramasser des détritus et des déchets que les passants ont pu jeter. « Nettoyer la nature est un geste citoyen et c’est aussi un des rôles de la gendarmerie que de veiller sur l’environnement », rappelle le lieutenant-colonel de réserve Benoît. 

© GEND/SIRPA/GND (R) L. Dubois

Après le ramassage, le pas s’accélère et le rythme est soutenu. Au fur et à mesure, les points d’étape sont franchis tandis que le temps vire à l’averse. Alors qu’il reste encore plusieurs kilomètres à parcourir, le moral des cadets est au plus haut en dépit de cette météo peu clémente. Certains portent le sac de leurs camarades fatigués, tandis que d’autres s’attellent au questionnaire de culture générale qui leur a été donné au départ de la marche. Il n’y a pas longtemps que ces jeunes se connaissent, mais déjà des amitiés se nouent. C’est aussi un moment privilégié qu’ils passent avec leurs encadrants. Une fois arrivés à l’internat, tout le monde a mérité une bonne douche et un moment de récupération autour d’une collation chaude proposée par les cadres pour reprendre des forces.

Le lendemain, les cadets se rendent à l’hôtel départemental pour leur première cérémonie. Dans la salle se trouvent réunis les membres de l’association des cadets de la gendarmerie de la Somme, des anciens cadets et les autorités chargées de leur remettre leur calot. Les cadets réalisent l’importance du moment. Alors que le lieutenant-colonel David Poirier, commandant adjoint du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Somme, remet les calots à cette 8e promotion de cadets, il souligne la portée de ce geste : « Le calot est le signe de votre engagement et celui-ci participe à la résilience de la France à travers les valeurs que vous portez aujourd’hui. ». C’est un moment d’émotion partagé entre les cadets qui ont reçu leur calot et leurs encadrants qui se sont vu remettre des décorations et des lettres de félicitations pour leur implication dans le dispositif.

© GEND/SIRPA/GND (R) L. Dubois

Un apprentissage des valeurs militaires et citoyennes

Le cursus des cadets s’appuie sur la découverte de la gendarmerie. Pour cela, ils ont reçu la visite de nombreuses unités : Peloton motorisé (P.Mo.), Cellule d’identification criminelle (CIC), Peloton de surveillance et d’intervention gendarmerie (PSIG)… Ils ont aussi pu se rendre à la Section aérienne de gendarmerie (SAG) d’Amiens pour rencontrer les pilotes et voir les hélicoptères. S’il y a des cours théoriques durant la formation, ils sont un moyen pour les réservistes qui les encadrent de transmettre un savoir-faire, un savoir-être et des valeurs. L’adjudant-chef de réserve Olivier dispense les cours sur les transmissions radio. « Ce cours permet de travailler la prise de parole, l’expression orale », décrit-il. Les cadres les font travailler sur les quatre adjectifs de la devise de la promotion - « curieux, assidu, respectueux et loyal » -, dont les premières lettres forment le nom de la mascotte des cadets : le brigadier CARL. « On leur transmet plein d’outils pour réussir, et ce n’est pas seulement militaire », confie l’adjudante-cheffe de réserve Lætitia lors de la visite du palais de justice d’Amiens, organisée pour que les cadets découvrent le système judiciaire.

À travers les valeurs portées par la gendarmerie, ce sont les valeurs citoyennes et républicaines que leurs cadres partagent avec les cadets. Pour cela, ils peuvent compter comme fil rouge sur l’histoire du gendarme Garin, qui a été le premier gendarme fusillé pour acte de résistance par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale. « Malgré sa situation familiale, marié et père d’un enfant, il a décidé de devenir résistant. Il a sauvegardé des vies. C’est un héros discret, et c’est pourquoi il est le parrain de toutes les promotions des cadets de la gendarmerie de la Somme », rappelle l’adjudant-chef Olivier.

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Amener de la pédagogie dans le système militaire

La plupart des encadrants réservistes travaillent dans le milieu scolaire et ont l’habitude d’encadrer des jeunes. « C’est la continuité de ce qu’on fait, mais avec la militarité en plus », confirme l’adjudant-chef de réserve Laurent, professeur dans un lycée. Ils essayent d’adapter au mieux le cursus aux cadets. « On essaie d’amener des jeux dans l’apprentissage pour trouver une pédagogie qui s’adapte à leur manière d’apprendre. En huit ans, aucune promotion ne se ressemble. On adapte toujours le curseur », assure l’adjudante-cheffe Laetitia. Une recette qui fonctionne aussi grâce à la complicité que ces réservistes partagent : « Parfois, on n’a pas besoin de se parler pour se comprendre, avoue l’adjudant-chef Olivier. On se connaît sur le plan opérationnel, on a fait de nombreuses missions ensemble et cela crée une véritable confiance. »

Avec huit ans de recul, le système est désormais bien rodé. Les cadets sont responsabilisés par des rôles qui leur sont confiés, notamment celui de cadet de jour. Une fois désignés, ceux-ci font passer les consignes données par les cadres à leurs camarades. « Ça fonctionne bien et ils gagnent en autonomie et en confiance en eux, remarque la gendarme Louise. À la fin de la journée, nous faisons un débriefing avec eux pour s’assurer que tout s’est bien passé de leur côté. »

Cette pédagogie a permis à de nombreux cadets qui ont embrassé la voie de la réserve opérationnelle de mieux réussir leur Préparation militaire gendarmerie (PMG) ou le concours sous-officier, grâce à ces acquis. « On leur met le pied à l’étrier. Quant à ceux qui ont passé les portes de la PMG, ils sont devenus d’excellents réservistes », assure l’adjudant-chef Olivier, qui a déjà eu l’occasion de patrouiller avec d’anciens cadets devenus réservistes. Un constat que partage le colonel de réserve Jean-Yves Cannesson, président de l’association des cadets de la gendarmerie de la Somme, qui voit dans la formation des cadets « un moyen d’entrer de plain-pied en PMG ».

D’excellents souvenirs et une trace indélébile

Si les cadets retiennent beaucoup des cours dispensés pendant la formation, ils se souviennent surtout des expériences incroyables qu’ils ont pu vivre. L’adjudant-chef Laurent a eu l’honneur d’encadrer un groupe de cadets qui a participé au panel final sur les Champs-Élysées lors du défilé du 14 juillet 2023. En 2025, la 6e promotion s’est rendue sur les plages du Débarquement pour le devoir mémoriel. « La cérémonie de Colleville-sur-Mer était vraiment prenante, entre la sonnerie aux morts et la Marseillaise, il y avait de l’émotion, se souvient l’adjudant-chef Olivier. D’autant plus que les jeunes avaient vu le film Il faut sauver le soldat Ryan ». Les cadres, quant à eux, partagent comme bon souvenir l’aube qui se lève sur la célébration de l’ANZAC Day, journée de commémoration en l’honneur des soldats australiens et néo-zélandais tombés lors de la Première Guerre mondiale, et à laquelle les cadets avaient été associés. « Ils vivent des choses qu’ils ne vivront peut-être pas ailleurs », conclut l’adjudante-cheffe Lætitia.


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