Drôme : dans les coulisses du 94e Rallye automobile de Monte-Carlo
- Par Hélène THIN
- Publié le 30 janvier 2026
La 94e édition du Rallye de Monte-Carlo (RMC) s’est déroulée du 22 au 25 janvier 2026 dans les départements des Alpes-Maritimes, des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et de la Drôme. Afin d’assurer la sécurisation de la course et des spectateurs, un dispositif d’ampleur a été déployé tout au long du parcours. Retour sur l’action des gendarmes de la Drôme (26), où se sont tenues six épreuves spéciales, ce vendredi 23 janvier.
Vendredi 23 janvier 2026. Le paisible village de la Motte-Chalancon, dans la Drôme (26), où résident à l’année près de 400 habitants, arbore un visage inhabituel. La commune, bordée de montagnes culminant à plus de 1 500 mètres d’altitude, accueille le temps d’une journée les étapes spéciales (ES) 5 et 8 du célèbre Rallye de Monte-Carlo (RMC). Partis de Saint-Nazaire-le-Désert peu après 10 h 30, les 63 équipages encore en lice, sur les 66 présents la veille au départ du RMC, Quai Albert 1er à Monaco, progressent à vive allure sur les routes sinueuses en direction de la ligne d’arrivée de l’épreuve spéciale 5, la deuxième de la matinée, mais aussi la plus longue de la journée, avec une distance de 28,70 kilomètres.
Entre la montée vers le Col des Roustans et la descente rapide vers l’arrivée, le spectacle est garanti pour les amateurs ayant fait le déplacement pour assister au RMC, manche inaugurale du championnat du Monde des rallyes. En cette matinée glaciale, ils sont nombreux, massés le long du parcours, à attendre le passage des coureurs, espérant, pour certains, capter en image le passage des plus grands pilotes mondiaux. Si l’événement est avant tout festif, le danger n’en demeure pas moins présent. Afin de sécuriser cette course emblématique, quelque 120 gendarmes, d’active et de réserve, ont été déployés sur les routes de la Drôme, tout au long du parcours et aux abords immédiats.
Un esprit « bon enfant » n’excluant pas les comportements à risque
À l’image du Tour de France cycliste, le Rallye de Monte-Carlo attire des milliers de spectateurs tout au long des quatre jours que dure la compétition. Dans chacun des départements traversés par la course, un dispositif de sécurisation est déployé par la Gendarmerie nationale, en coopération étroite avec l’Automobile club de Monaco (ACM), organisateur de l’événement.
Ce vendredi 23 janvier 2026, six épreuves spéciales ont eu lieu dans la Drôme (ES4, ES5, ES6, ES7, ES8 et ES9), soit trois itinéraires, courus chacun deux fois. Si les ES6 et 9 se sont déroulées à cheval sur les départements de la Drôme et des Hautes-Alpes, les quatre autres épreuves se sont exclusivement tenues sur les routes drômoises, privatisées le temps de la course. Événement sportif majeur et populaire, le RMC induit d’importants enjeux de sécurité, tant pour les coureurs que les spectateurs. « Les principaux enjeux sécuritaires concernent la circulation et les troubles à l’ordre public », déclare ainsi le colonel Yoni Forest, commandant du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Drôme.
La course, dont le tracé a été dévoilé quelques mois en amont, a fait l’objet d’une préparation minutieuse. « Dès le mois de septembre, nous avons entrepris un important travail de reconnaissance en vue de l’élaboration du dispositif, précise à son tour l’adjudant-chef (ADC) Yannick, de la Section commandement du GGD de la Drôme. L’objectif était de quantifier les effectifs et leur répartition sur le parcours. Tout au long de cette phase préparatoire, nous avons œuvré en coordination avec l’organisateur, mais également avec le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), ou encore la Direction départementale de l’équipement (DDE), les municipalités, le département et la Préfecture. »
« Aucune menace contestataire n’a alors été identifiée, poursuit le colonel Forest. Le RMC attire un public de passionnés. La course se déroule globalement dans un esprit bon enfant. Toutefois, nous ne sommes pas à l’abri d’incidents et de comportements ne respectant pas les consignes de sécurité. »
Engagé bénévolement sur l’événement pour le compte de l’AMC, Joël T. est chargé ce jour-là d’assurer la sécurité du public sur l’épreuve spéciale 5. Relié par contact radio avec son chef de dispositif, ainsi qu’avec l’organisateur de la course, situé à Monaco, il recueille et transmet l’ensemble des informations relatives à la sécurité des spectateurs. Ce 23 janvier au matin, alors que le passage des coureurs approche, il oriente le public arrivant sur le site vers une zone dédiée, située à quelques mètres de la ligne d’arrivée. « Nous avons laissé les spectateurs accéder à la route jusqu’à une demi-heure avant le passage des premiers équipages, afin qu’ils prennent place en toute sécurité le long des spéciales, dans les zones réservées au public. »
Intégré à un dispositif de 102 personnes, exclusivement dédié à la gestion des spectateurs, l’homme est en alerte constante. « Les risques sont divers. La consommation d’alcool et de stupéfiants peut générer chez certains un comportement agressif ou imprudent. D’autres sont inconscients des risques, et se positionnent à des endroits dangereux, proches de la route ou dans la trajectoire des véhicules, dont la vitesse peut atteindre les 130 km/h. À cela s’ajoutent les blessures et malaises, pouvant nécessiter l’évacuation de certains spectateurs. » Le bénévole sait pouvoir compter sur l’appui des gendarmes. « Nous les sollicitons dès que la situation l’exige. Leur présence est indispensable au bon déroulement de la manifestation. »
120 militaires déployés sur l’ensemble du département
Parfaitement rodée à ce type de manœuvre, la Gendarmerie nationale a déployé un vaste dispositif afin d’assurer la sécurisation du rallye sur cette journée. Dans le seul département de la Drôme, quelque 120 gendarmes, issus du GGD 26, ont été mobilisés afin de couvrir les six épreuves spéciales. « Le dispositif est composé à 60 % de gendarmes d’active, et 40 % de réservistes », précise le colonel Forest. Sécurisation, surveillance, contrôle, sensibilisation, intervention, renseignement, fluidification des axes de circulation… les missions des militaires sont multiples. « Les gendarmes jalonnent le parcours, fermé à la circulation trois heures avant le passage de la course. Ils sécurisent également les zones de départ et d’arrivée, ainsi que les abords des itinéraires, de façon à assurer la viabilité des axes et pouvoir escorter les véhicules de secours en cas d’incident. Nous veillons à empêcher tout stationnement illicite, susceptible d’entraver la circulation. » Le dispositif est complété par une équipe de police judiciaire, prête à intervenir en cas d’infraction ou d’accident.
À pied d’œuvre dès la veille, afin d’assurer la surveillance du parcours, les gendarmes ont été déployés dès cinq heures le matin de la course. Ils tiendront leur poste jusqu’au soir, l’organisation des épreuves ne permettant pas la mise en place d’une relève.
Principalement composé d’éléments statiques, positionnés le long du parcours et aux intersections, le dispositif de sécurisation compte aussi des militaires en mouvement, évoluant à bord de véhicules. Chaque épreuve spéciale est coordonnée par un chef, lui-même directement relié à l’organisateur de la course.
« Notre action s’inscrit dans un dispositif Gendarmerie global, piloté par la Région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur (RGPACA), où se déroulent plusieurs étapes du rallye. Je suis en lien direct avec le colonel Éric Luzet, chef de la Division zonale opérations emploi (DZOE) de la RGPACA, lequel se trouve au P.C. Sécurité situé à Monaco et supervise l’action de tous les Groupements départementaux », explique le colonel Forest.
Parmi les personnels engagés ce jour-là, le brigadier-chef (BRC) Camille, rattachée à la Brigade de proximité (B.P.) de Bourdeaux, tient une position à quelques mètres en amont de l’arrivée, le long d’une ligne droite, sur laquelle les véhicules déploient une vitesse maximale. À quelques minutes du passage des premiers concurrents, la vigilance est totale. « Je veille à ce qu’aucun piéton ne s’aventure sur la route, et à ce que tous respectent la distance réglementaire établie à 30 mètres de la route, ou se mettent en sécurité sur les talus surplombant la route. » Une mission et des enjeux que la militaire maîtrise parfaitement pour avoir déjà participé à la sécurisation du Tour de France.
Pour le major Dominique Chaussenot, chef de la communauté de brigades de Rémuzat et responsable du dispositif sur les épreuves spéciales 5 et 8, pour lequel ont été déployés 26 militaires, l’enjeu est pluriel. « Il est essentiel, au préalable, de relayer les bons messages aux gendarmes engagés sur le terrain, pour que chacun appréhende parfaitement sa mission. L’autre priorité consiste à faire respecter les consignes de sécurité aux spectateurs, ainsi que les zones de stationnement. Nous sommes extrêmement vigilants à ce que tout s’imbrique parfaitement ! C’est un point essentiel de notre action. »
Une confiance renouvelée
Tandis que l’épreuve spéciale 5 touche bientôt à sa fin, le major Dominique Chaussenot dresse un premier bilan. « Malgré quelques comportements inadaptés, principalement liés à la consommation d’alcool et de stupéfiants, ainsi que l’utilisation de fumigènes pouvant gêner la visibilité des pilotes ou l’allumage de plusieurs feux visant à réchauffer les spectateurs, cette épreuve spéciale s’est déroulée sans heurt ni incident majeur. Le travail de préparation réalisé par la gendarmerie conditionne la réussite et le bon déroulement de cette séquence. »
« Notre mission ne s’achèvera qu’en fin de journée, lorsque les spectateurs, concurrents et organisateurs auront quitté les lieux. Nous serons alors présents afin d’éviter tout engorgement sur les routes étroites de campagne », complète le colonel Forest. Et l’officier de conclure : « Les organisateurs du Rallye de Monte-Carlo accordent toute leur confiance à la Gendarmerie nationale, reconnue pour son expertise en matière de sécurisation et de contrôle des flux, ainsi que pour sa capacité à tenir dans le temps et à gérer une crise éventuelle. Nous travaillons ensemble depuis de nombreuses années, au cours desquelles nous avons tissé un lien de confiance mutuelle. »
À compter du 2 février 2026, les gendarmes de la Drôme seront de nouveau mobilisés, cette fois-ci sur le Rallye de Monte-Carlo historique, au cours duquel la ville de Valence occupera une place centrale. Quatre étapes sur routes fermées se dérouleront dans la Drôme, au départ de Valence, sur lesquelles veilleront les gendarmes.
Contacter la gendarmerie
Numéros d'urgence
Ces contenus peuvent vous intéresser
Val d’Isère : un exercice de type tuerie de masse en montagne dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030 (partie 2/2)
La préfecture de la Savoie a organisé, mercredi 6 mai 2026, un exercice...
Article
Val d’Isère : un exercice de type tuerie de masse en montagne dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030 (partie 1/2)
La préfecture de la Savoie a organisé, mercredi 6 mai 2026, un exercice...
Article
48 heures de sélection pour intégrer la Section de protection et d’appui drones (SPAD)
Seule unité des forces de sécurité intérieure entièrement...
Article
La GARM se transforme pour mieux protéger les intérêts stratégiques de la Nation
Aussi discrète qu’indispensable depuis 53 ans, la Gendarmerie de l’armement...
Article


















