Avec les militaires de l’Escadron départemental de contrôle des flux de Moselle

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 10 mars 2026
© GEND/SIRPA/BRI G. PIGOT

L’Escadron départemental de contrôle des flux (EDCF) de Moselle est une unité polyvalente et tout terrain qui joue un rôle important dans l’action du Groupement de gendarmerie départementale (GGD). Présentation par son commandant, le chef d’escadron (CEN) Nicolas Guillemin.

La gare de péage de Saint-Avold constitue un nœud stratégique sur l’autoroute A4, « le tube principal qui relie Paris avec l’est de l’Europe », décrit le chef d’escadron (CEN) Nicolas Guillemin, qui commande l’Escadron départemental de contrôle des flux (EDCF) de Moselle. « C’est le centre de gravité de l’action de l’unité », ajoute-t-il. Cet après-midi, sous une pluie battante, un important dispositif est mis en place pour sanctionner les infractions au Code de la route et contrôler les cargaisons des véhicules utilitaires, qui doivent stationner sur la plateforme de pesage, afin de vérifier qu’ils ne sont pas en surcharge. Une équipe rapide d’intervention (ERI) se tient également prête pour prendre en compte l’éventuel auteur d’un grand excès de vitesse.

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Le même jour, un peu plus à l’ouest. Sur la Moselle, la rivière qui traverse le département du sud au nord avant de se jeter dans le Rhin en Allemagne, trois gendarmes de la Brigade fluviale de gendarmerie (BFG) de Metz, à bord de la vedette Alérion, mènent une opération de contrôle coordonnée avec un binôme de militaires équipés de motos tout terrain sur les chemins de hallage, afin de renseigner l’Alérion, ou inversement pour se rendre rapidement sur les lieux d’une éventuelle infraction signalée par la vedette. Ces motos « vertes », aisément projetables, sont très utiles pour patrouiller dans certains endroits difficiles d’accès de ce territoire très rural.

Le trafic fluvial est soutenu sur la Moselle, avec de nombreux bateaux belges, allemands et hollandais. L’embarcation de la gendarmerie réalise une manœuvre d’accostage sur l’un de ces navires, afin de vérifier que tous les documents de navigation sont en règle et la présence à bord des matériels de sécurité.

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Compétente sur toute la zone de défense Est, la BFG est armée par sept militaires, enquêteurs subaquatiques et capitaines de navigation. Elle contrôle toutes les activités nautiques et subaquatiques professionnelles ou de plaisance, et peut être engagée en appui des unités requérantes pour des recherches de personne disparue, des constatations subaquatiques, des recherches au sonar, des relevages de véhicules, etc.

Un large panel de missions

Armé par 115 militaires, motocyclistes pour la moitié d’entre eux, l’EDCF de Moselle comprend cinq Brigades motorisées (B.Mo.), à Metz, Sarreguemines, Zimming, Hayange et Château-Salins, deux Pelotons motorisés (P.Mo.), à Saint-Avold et Phalsbourg, la BFG de Metz, ainsi qu’un Groupe local de contrôle des flux (GLCF), unité expérimentée en 2016 sous l’impulsion du général Bruno Jockers, alors commandant de la Région de gendarmerie Grand-Est, pour mieux lutter contre la délinquance itinérante. « Ils étaient à Phalsbourg, mais j’ai décidé de les relocaliser à Saint-Avold, qui est un point plus central », indique le CEN Guillemin. Enfin, le groupe de commandement est situé à Metz, avec le commandant, son adjoint, « et trois sous-officiers qui ont un rôle très important, car ils gèrent le volet administratif et toutes les demandes de moyens. Nous travaillons en effet avec des unités cynophiles et des télépilotes de drones qui nous aident à mener à bien notre mission de contrôle des flux. » 

Auparavant nommé Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), l’unité a donc changé de dénomination en octobre 2025. « C’était important, estime son commandant, pour mieux présenter le champ de nos missions. Bien sûr, nous faisons toujours de la sécurité routière. Cela reste notre mission historique et prioritaire pour laquelle nous sommes pleinement engagés. Mais les EDCF luttent aussi sur tout le territoire national contre une délinquance devenue itinérante. C’est important d’avoir des gendarmes qui contrôlent les flux de manière visible et bienveillante, pour rassurer la population. Nos missions englobent notamment la lutte contre les fraudes à l’immatriculation, pour laquelle nous sommes formés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), la lutte contre l’immigration irrégulière, et bien sûr la lutte contre le trafic de stupéfiants. Nous avons également de très bons résultats en matière d’infractions à l’environnement, que ce soit sur les trafics de déchets, le braconnage, les pollutions, mais aussi dans le domaine de la sécurité alimentaire par le biais de nos contrôles des transports d’animaux vivants ou de nourriture. Enfin, nous assurons les escortes moto lors des visites d’autorité, une mission de prestige à laquelle nous sommes très attachés. » Particularité de son territoire frontalier avec les deux pays, l’EDCF travaille régulièrement avec la Bundespolizei allemande et la police grand-ducale du Luxembourg lors d’opérations coordonnées dans les trains et sur les axes routiers.

« Des techniciens mais des gendarmes avant tout »

Unité polyvalente, l’EDCF est donc un outil indispensable dans la main du commandant du GGD de Moselle. « Nous sommes très mobiles et facilement mobilisables, rappelle le CEN Guillemin. C’est pour cela qu’on s’appelle escadron. Nous sommes en mesure de nous projeter rapidement sur des événements de grande ampleur, comme ce fut le cas par exemple lors du rassemblement évangélique de Grostenquin, où la manœuvre de contrôle des flux avait pour objet de rassurer la population, les élus, mais aussi les gens du voyage qui tenaient à ce que tout se passe bien. Je pense que nous avons un rôle important à jouer sur la sécurité du quotidien, le contact avec la population et la recherche de renseignement. Ce dernier aspect de notre action est un peu méconnu et je pense que nous pouvons encore le développer davantage. Nous sommes aussi très engagés dans la lutte contre les atteintes aux biens. Nous menons depuis deux ans des contrôles ciblés dans des lieux impactés par les cambriolages, à la fois pour rassurer la population et obtenir du renseignement. Enfin, il ne faut pas oublier que nous sommes souvent primo-intervenants. Nous sommes des techniciens mais avant tout des gendarmes. Protéger, alerter, secourir, on sait faire. C’est dans nos gènes. »

 


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