14 juillet : le GIGN et France Télévisions mettent en scène un assaut avec tir coordonné
- Par Antoine Faure
- Publié le 11 juillet 2026
À l’occasion de la Fête nationale, la gendarmerie met chaque année en valeur certaines de ses unités et de ses missions au travers de mises en situation télédiffusées. Inspirée de l’opération emblématique du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), le 4 février 1976 à Loyada, à la frontière entre Djibouti et la Somalie, la reconstitution d’un assaut sur un bus, dans un contexte de prise d’otages, est programmée ce mardi 14 juillet 2026 sur France 2.
Bien que bucolique, l’endroit porte le nom inquiétant de « Trou de l’Enfer ». Niché au cœur de la forêt de Marly, dans les Yvelines, à proximité de Versailles, ce domaine classé accueillait jadis des chasses royales, puis présidentielles jusqu’à un passé récent. Habituellement fermé au public, il se dévoile régulièrement lors de visites menées par un guide-forestier de l’Office national des forêts (ONF), dans le cadre de sorties scolaires notamment.
Jeudi 23 avril 2026, sous un soleil éclatant et par une chaleur estivale, c’est ici que se sont donné rendez-vous les équipes de France Télévisions et la 2e section (S2) de la Force d’intervention (F.I.) du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN). Chaque année, à l’occasion de la Fête nationale, les armées et les Forces de sécurité intérieure (FSI) prennent en effet part à des tournages destinés à mieux faire connaître au grand public leurs missions et leurs capacités opérationnelles.
Un double anniversaire
Les sujets se décident généralement en début d’année. En janvier 2026, le GIGN a donc envoyé au Bureau Médias du Service d’informations et de relations publiques des armées – gendarmerie (SIRPA-G) deux scénarios à proposer aux chaînes de télévision. L’un d’eux inspiré de l’assaut mené à Loyada, à la frontière entre Djibouti et la Somalie, le 4 février 1976.
« Nous célébrons cette année deux anniversaires, indique le général Benoît Villeminoz, commandant du GIGN depuis le 1er novembre 2025. Celui de Loyada, qui est une intervention emblématique, avec un tir coordonné qui n’a plus été refait depuis en opération, par aucune unité d’intervention dans le monde. C’est aussi en 1976 que le parachutisme devient une compétence centrale du GIGN. L’idée, c’était de proposer une reconstitution inspirée de Loyada, un assaut sur un bus avec donc un tir coordonné, mais avec les moyens d’aujourd’hui et une mise en place en parachutisme. Cela nous permet de faire un clin d’œil à nos anciens tout en montrant les différentes capacités du Groupe. L’objectif de ces reportages diffusés le 14 juillet, c’est que les téléspectateurs soient fiers de leurs armées et de la Gendarmerie nationale, force armée au sein de laquelle opère le GIGN. »
Le scénario a été peaufiné par le cabinet rayonnement du GIGN en lien avec la F.I. « La S2 a mis sa patte sur le volet technique pour que ce soit cohérent, clair, et que cela montre un panel exhaustif de nos moyens », explique la lieutenante-colonelle Élinor, cheffe du cabinet rayonnement. Outre la F.I., l’ensemble des capacités d’alerte du GIGN sont mobilisées : équipe cynophile, moyens spéciaux, gendarmes SIC (Systèmes d’information et de communication), la Cellule opérations emploi pour mettre en œuvre le P.C. de campagne, ainsi que l’antenne médicale spécialisée. « Nous voulions montrer toutes ces capacités qui permettent de faire face à toutes les situations, pour renforcer encore notre lien de confiance avec la population, en toute transparence », souligne-t-elle.
Une vraie coproduction
Sollicité par le SIRPA-G, le groupe France Télévisions se montre rapidement intéressé par ce scénario. « Un projet comme celui-ci peut naître de nos propres envies ou d’une proposition, comme dans ce cas, explique Damien Piquemal, chargé de production à France Télévisions. Nous avons alors eu des premiers échanges pour voir comment on pouvait mettre cette idée en images. On confronte les points de vue, techniques d’un côté, opérationnels de l’autre. Ensemble, nous écrivons ensuite un synopsis, en nous mettant d’accord sur la durée du sujet, le nombre d’épisodes. Enfin, nous préparons le tournage avec le réalisateur Tristan Nolin : combien de cadreurs, combien de caméras GoPro… On engage également un droniste pour avoir des images de drone qui apportent une réelle plus-value au récit. Les échanges se poursuivent pendant le tournage, pour organiser les séquences en fonction des conditions météo, placer les caméras afin d’avoir les meilleures images tout en respectant les normes de sécurité. Ensuite, il faut compter une dizaine de jours de montage, d’étalonnage et de mixage. »
Le film est donc une vraie coproduction entre France Télévisions et le GIGN. Lors du tournage, la lieutenante-colonelle Élinor veille à ce que cette reconstitution soit la plus proche possible de la réalité opérationnelle. « Bien sûr, nous acceptons parfois les torsions à cette réalité, parce que nous voulons un produit qui soit visuel, grand public et pédagogique, explique-t-elle. Mais pour le GIGN, c’est important d’être étroitement associé à la réalisation pour que le film soit crédible et éviter les mauvaises surprises au visionnage. »
Le GIGN a également pris en charge tout le volet administratif, notamment le recrutement des plastrons (terme militaire désignant ceux qui tiennent le rôle d’adversaires ou de victimes pendant les exercices, NDLR), ainsi que la sollicitation de moyens des armées, en l’occurrence deux appareils de transport SA330 Puma du Groupe interarmées d’hélicoptères (GIH), unité composée de personnels des armées de Terre et de l’Air et de l’Espace.
La journée touche à sa fin. Après avoir pris leur positon en toute discrétion, les six tireurs d’élite du GIGN ont pu, grâce à une parfaite coordination, neutraliser les trois preneurs d’otages. Ces militaires sont en capacité de réussir un tir aussi technique, quelles que soient les conditions, grâce à de nombreuses heures d’entraînement.
La situation doit ensuite être stabilisée pour permettre la libération des otages. Un sac suspect est découvert et un chien est envoyé pour vérifier et lever les doutes. Un hélicoptère arrive alors en appui pour l’évacuation par nacelle Escape, qui peut transporter jusqu’à 15 personnes et dans laquelle prend place la journaliste de France Télévisions Louise Ekland. Dans un second temps, un autre hélicoptère est employé pour permettre le départ par grappe des membres du commando.
Rendez-vous ce mardi 14 juillet sur France 2 pour découvrir cette intervention de haute précision et cette évacuation de haut vol.
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