Stage Aito : au cœur de l’épreuve, l’esprit d’équipe

  • Par COMGENDPF et Ariane Alix
  • Publié le 27 mai 2025
Stage Aito en Polynésie
© Ariane Alix (COMGENDPF)

Entre cohésion, rusticité et engagement, seize militaires du Peloton de surveillance et d'intervention gendarmerie (PSIG) de Faa’a et de l'Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 46/2 de Châtellerault, détaché en Polynésie française, ont repoussé leurs limites lors d'un stage qualifiant d’initiation commando, qui s'est déroulé du 28 avril au 4 mai, dans de rudes conditions. Une semaine placée sous le signe de l'aguerrissement, pensée pour forger les caractères.

Mis à l’épreuve entre mer et forêt, seize militaires du  Peloton de surveillance et d'intervention gendarmerie (PSIG) de Faa’a et de l'Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 46/2 de Châtellerault, détaché en Polynésie française, se sont confrontés aux exigences du stage “Aito”, une formation d’initiation commando menée en partenariat avec le Régiment d'infanterie de marine du Pacifique - Polynésie (RIMaP-P), qui s'est déroulée du 28 avril au 4 mai 2025.

Un nom évocateur pour un programme ambitieux : Aito, qui signifie guerrier en langue tahitienne, incarne parfaitement l’esprit de dépassement de soi et d’endurance imposé aux participants.

À noter qu’il s’agit d’une première nationale : jamais encore un PSIG, en unité constituée,  n’avait suivi un stage qualifiant d’initiation commando.

Ce stage s’inscrit dans le protocole national de coopération entre la Gendarmerie nationale et l’armée de Terre, renouvelé en 2024, et plus précisément dans la montée des formations tactiques des PSIG. Il contribue également à la dynamique de formation continue mise en place par le Commandement de la gendarmerie en Polynésie française (COMGENDPF), en lien direct avec les réalités opérationnelles du territoire, notamment en matière de recherche de personnes en milieu naturel.

Panneau du centre d'instruction en jungle polynésienne avec deux militaires au premier plan de dos
© Ariane Alix (COMGENDPF)

Encadrement et partenariat interarmées

Sous la direction du Centre d’aguerrissement outre-mer (CAOMe), avec une dizaine d’instructeurs mobilisés, renforcés par le chef du Centre régional d'instruction (CRI) du COMGENDPF, les stagiaires ont vécu un rythme d’une grande intensité, où sommeil, confort et routine ont laissé place à l’effort, la discipline et la cohésion.

Les 16 militaires engagés, ont été soumis à des journées de 22 à 24 heures, rythmées par des activités de jour et de nuit, avec bivouacs, visant à renforcer leur capacité d’adaptation aux environnements complexes.

Stage Aito en Polynésie
© Ariane Alix (COMGENDPF)

Un programme exigeant mêlant efforts physiques et pression tactique

Entre obstacles, combats et tactiques de terrain, le programme a alterné des épreuves individuelles telles que pistes aériennes, franchissements divers, parcours nautiques, tour d’audace ou encore combat corps à corps, mais aussi des épreuves collectives comme les parcours d’obstacles, les marches commandos et les mises en place de rappels opérationnels, sans oublier des mises en situation de commandement des chefs de groupe du PSIG sur des exercices tactiques fondamentaux, à travers des scénarios réalistes : embuscades, coups de main, points de contact partisans ou boîtes aux lettres mortes, chaque exercice étant précédé d’une infiltration terrestre ou nautique de grande envergure incluant l’usage de jumelles de vision nocturne, des déplacements discrets et une coordination silencieuse.

L’omniprésence du milieu nautique

Avec la mise en œuvre de zodiacs, des infiltrations aquatiques, et un enchaînement de séquences sur ou sous l’eau, le stage a fortement intégré les spécificités géographiques de la Polynésie française.

Six militaires pagaient sur un zodiac
© Ariane Alix (COMGENDPF)

À l’issue de cette semaine, 12 militaires sur 16 ont obtenu leur brevet, marquant ainsi leur réussite à ce stage d’aguerrissement. Un taux de réussite significatif, qui témoigne de la rigueur de la sélection et de l'engagement des participants.

Un investissement durable pour l'efficacité opérationnelle

En croisant aguerrissement physique, adaptation tactique, et coordination interarmées, le stage Aito incarne l’engagement de la gendarmerie en Polynésie Française à répondre efficacement à toutes les situations, même les plus extrêmes.

La collaboration entre le COMGENDPF et le RIMaP-P confirme une volonté commune : préparer les unités à faire face à des environnements complexes avec discipline, professionnalisme et esprit de corps, tout en cultivant l’esprit combattant indispensable à l’action sur le terrain.

Photo de groupe du stage Aito en Polynésie française.
© Ariane Alix (COMGENDPF)

Témoignage : adjudant Xavier du PSIG de Faa'a

« Je suis gendarme depuis 17 ans, j’ai commencé en tant que GAV, puis j’ai passé le concours de sous-officier. À la sortie, j’ai choisi la dominante mobile. J’ai obtenu le diplôme d’arme et le MIP en 2017, puis je suis revenu servir en Polynésie française.

 

Le stage Aito, c’est une formation vraiment différente de ce que j’ai pu faire en gendarmerie, mais elle reste complémentaire et cohérente avec l’orientation de mon parcours professionnel. À mon sens, c’est un stage centré sur la rusticité, qui permet de mieux se connaître, notamment sur nos capacités à raisonner ou à commander dans des situations dégradées : fatigue physique et mentale, très peu de sommeil, bobologie, hygiène minimale… et malgré tout, il faut continuer à avancer.

 

L’épreuve qui m’a marqué, c’est le parcours collectif de nuit, sans aucun moyen lumineux. Nous avons enchaîné les activités de jour et fait nuit blanche ce soir-là. Ça a été dur pour le groupe, mais la cohésion a été présente, et c’est elle qui nous a portés tout au long du stage.

 

La marche jusqu’au plateau de Taravao, le dernier jour, a aussi laissé son empreinte. On a fait 8 km de montée avec tout l’équipement, le sac à dos, l’armement, et un temps de marche imposé. À ce stade, la fatigue était bien là pour tout le monde, mais encore une fois, c’est la cohésion qui nous a permis d’aller jusqu’au bout, sans laisser personne derrière.

 

La cohésion a été constante, sur toutes les activités, les missions, les épreuves. Chacun a mis ses compétences au service du groupe, que ce soit sur le plan physique ou dans ses connaissances pro, et ça a vraiment fait la différence pour le bon déroulement du stage.

 

Pour moi, ce stage a été l’occasion de me tester, de voir comment je réagissais et comment je décidais en étant très loin de ma zone de confort. Tout le groupe a repoussé ses limites, physiques comme mentales, et ça nous a amené à une forme de résilience. Je n’ai jamais entendu un camarade se plaindre. On a avancé à notre rythme, ensemble.

 

Les activités nautiques, les parcours aquatiques, les heures à ramer en zodiac, ont été bien amenées par les instructeurs. Moi, je suis à l’aise en milieu aquatique, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Et puis, ça nous a permis de “rincer nos treillis pleins de boue" et de faire un semblant de toilette avant de repartir sur les activités terrestres. Encore une fois, certains ont repoussé leurs limites et surmonté leurs appréhensions pour que le groupe réussisse.

 

Ce stage est clairement utile pour des unités à vocation d’intervention. Travailler avec des militaires chevronnés, s’exercer à leurs méthodes, comprendre leurs modes d’action… c’est une vraie plus-value pour une unité comme le PSIG. Apprendre à s’accoutumer à la rusticité, au manque de sommeil, dans des conditions inhabituelles pour un gendarme, c’est formateur et valorisant, surtout dans un contexte où nos missions nous demandent toujours plus d’engagement sur le terrain.

 

Enfin, la remise des insignes a été un moment fort. Le fait d’avoir fini le stage sans blessures, c’était aussi une vraie satisfaction. Je ne garde que de bons souvenirs du stage Aito. La bienveillance des instructeurs est aussi à souligner. Ce stage a renforcé les liens dans mon unité, j’en suis convaincu. »


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