Réservistes du CESAN : l’engagement citoyen au service de l’environnement et de la santé publique
- Par le chef d'escadron Romain Bastet
- Publié le 09 novembre 2025
Créé en 2023, le Commandement pour l’environnement et la santé (CESAN) coordonne la lutte de la gendarmerie contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique. Ses trente-et-un réservistes, aux profils variés, renforcent son action. Présentation de cet engagement civique constituant une ressource précieuse.
Créé le 1er juillet 2023, le Commandement pour l’environnement et la santé (CESAN) incarne la volonté de la Gendarmerie nationale d’apporter une réponse structurée et ambitieuse face aux défis environnementaux et de santé publique. Véritable pierre angulaire de la gendarmerie dans le domaine des atteintes à l’environnement et à la santé publique, le CESAN agit au bénéfice de tous les échelons territoriaux. Il apporte ainsi un appui opérationnel, technique et juridique aux unités engagées sur le terrain, y compris dans le cadre d’enquêtes judiciaires, en complémentarité avec l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), compétent sur les affaires les plus complexes ou liées à la criminalité organisée. Il conçoit et met en œuvre la formation des enquêteurs spécialisés, favorisant ainsi la montée en compétence des personnels sur ces thématiques. Le CESAN contribue également à la collecte et à l’analyse du renseignement criminel, en élaborant un état de la menace environnementale et sanitaire au bénéfice de l’ensemble de la gendarmerie et de ses partenaires.
Au niveau central, le CESAN veille à la cohérence des actions de la gendarmerie avec celles de ses partenaires institutionnels, dans une dynamique interministérielle associant notamment les ministères de la Justice, de l’Économie et des Finances, de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé. Dans une démarche préventive et partenariale, il accompagne par ailleurs les élus locaux dans la prise en compte des enjeux environnementaux et de santé publique sur leurs territoires. Sur la scène internationale, le commandement conduit une politique d’influence et de coopération. Il intervient au niveau stratégique auprès d’organisations telles que l’Organisation des Nations unies (ONU), la Commission européenne, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ou Interpol.
Les réservistes du CESAN
Aux côtés des personnels d’active, les réservistes incarnent un engagement civil volontaire précieux, apportant leurs compétences spécifiques pour enrichir l’action et l’efficacité du CESAN.
Depuis sa création, le commandement peut compter sur leur soutien. En 2025, le CESAN compte trente-et-un réservistes au total : neuf issus de la réserve opérationnelle de premier niveau, composée de volontaires civils ou d’anciens militaires ayant souscrit un engagement à servir dans la réserve ; dix-huit issus de la réserve opérationnelle de premier niveau spécialistes, recrutés pour leur qualification professionnelle civile particulière, détenue en nombre insuffisant par les militaires de la gendarmerie ; et, enfin, quatre réservistes citoyens de défense et de sécurité, volontaires agréés par l'autorité militaire en raison de leurs compétences, de leur expérience ou de leur intérêt pour les questions relevant de la défense et de la sécurité nationales. Ces profils se distinguent par leur diversité. Outre les spécialistes des questions environnementales et de santé publique, le CESAN peut également compter sur des juristes, des experts en gestion de crise, ainsi que d’autres profils dont les compétences viennent renforcer l’efficacité du dispositif. En complément, le CESAN doit également pouvoir compter sur des profils plus génériques au regard de certaines missions parfois chronophages mais essentielles telles que la saisie de données destinées à l’alimentation de certaines bases sérielles ou le traitement des signalements reçus via la plateforme PHAROS. Au 17 octobre 2025, le CESAN comptabilisait 159 jours de crédits de réserve utilisés. Près de 400 jours sont envisagés pour l’année 2026, illustrant la volonté affirmée du commandement de renforcer la contribution et l’intégration des réservistes au sein du CESAN.
Lors du séminaire des réservistes du CESAN, qui s’est déroulé le 27 octobre 2025, à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), le général de division Fabrice Bouillié, chef du CESAN, a souligné la richesse et la diversité des talents qui composent le vivier de réservistes du commandement. Au-delà de leur reconnaissance, le chef du CESAN souhaite instaurer une doctrine d’emploi spécifique des réservistes au sein du commandement afin que « leurs talents soient mobilisés au bon endroit et au bon moment », dans une logique stratégique, d’efficience et de concrétisation de leur engagement citoyen.
Un référent réserve au sein du CESAN
C’est dans cette perspective que le général de division Fabrice Bouillié a récemment créé les fonctions de référent réserves, destinées à renforcer la place et la coordination des réservistes au sein du CESAN. Il les a confiées au lieutenant-colonel de réserve Christophe Antkowiak, officier fort d’une riche expérience acquise au cours de ses trente-cinq années de service en gendarmerie. Son dernier poste à la tête de la division investigations de l’OCLAESP, qu’il a quitté en 2023, et ses responsabilités actuelles de coordonnateur de sécurité, lui confèrent une vision complète des enjeux.
Dans ses nouvelles attributions, le lieutenant-colonel de réserve Christophe Antkowiak se définit comme « une interface facilitant la communication et la coordination entre les réservistes et le commandement ». Pour ce faire, il s’appuie sur une feuille de route organisée autour de trois missions. Tout d’abord, il s’agit d’identifier clairement les besoins et les compétences. Cela passe par la mise en place d’un répertoire détaillé des compétences de chaque réserviste. En lien étroit avec les divisions du CESAN, ce travail vise à faire correspondre les besoins opérationnels et les savoir-faire disponibles. « Sur la base de ce répertoire, le référent pourra alors proposer le bon profil pour la bonne mission », explique-t-il. La deuxième mission porte sur la planification et le suivi de l’activité des réservistes. Objectif : concilier au mieux les besoins du service et les disponibilités individuelles. « Le but est de créer une capacité de projection rapide de réservistes aux côtés des personnels d’active », détaille-t-il. Cette dynamique s’accompagne également d’une culture du retour d’expérience : « après chaque engagement, un retour d’expérience sera systématiquement organisé pour évaluer la perception du réserviste et du commandement, et ainsi rechercher l’amélioration du processus ». Enfin, la troisième mission concerne la gestion administrative et humaine des réservistes. Le référent réserves souhaite notamment attirer de nouveaux profils : « au-delà des effectifs actuels, nous devons avoir la possibilité de recruter de nouveaux profils qui pourraient être utiles au CESAN afin de combler certains manques de compétences. Un parcours d’intégration pour les nouveaux arrivants sera formalisé, incluant un système de tutorat ou de parrainage dans le but de faciliter leur prise de fonction dans un service aux multiples spécialités. » Pour le lieutenant-colonel de réserve Christophe Antkowiak, la mission est claire : structurer une politique de réserve cohérente et efficiente. « Les réservistes doivent pouvoir être engagés régulièrement aux côtés des actifs dans toutes les missions. Cela passe par un travail de fond d'identification et de ciblage des compétences », affirme-t-il. Il insiste également sur la nécessité de maintenir un lien étroit avec le commandement : « Mon rôle sera, en coordination avec la division de l’appui opérationnel du CESAN, de tendre à une pleine fluidité pour construire le chemin tel que souhaité par le commandement. »
Et de conclure avec une note fédératrice : « La réussite de cette nouvelle dynamique repose sur une implication collective. Il est attendu que chacun apporte sa plus-value pour construire cette réserve dynamique au sein du CESAN dans une démarche proactive. Le chemin est à tracer ensemble pour qu'il devienne le plus fluide possible. »
Le commandant de réserve Mohammed Benarba apporte son expertise en gestion de crise
Fort d’une carrière consacrée à la sécurité, à la sûreté et à la gestion de crise, le commandant de réserve Mohammed Benarba met aujourd’hui son expérience au service de la Gendarmerie nationale. Spécialiste de la menace Nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosif (NRBCE), il a intégré la réserve opérationnelle de premier niveau – spécialistes il y a un an, avec la volonté affirmée de « continuer à servir le drapeau ».
Après dix-huit années passées à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), le commandant de réserve Mohammed Benarba s’appuie sur l’expérience acquise dans plusieurs postes particulièrement sensibles de responsable de la sécurité-sûreté d'établissements complexes, comme les sites de l’observatoire de Paris, le musée de l’Air et de l’Espace à l’aéroport du Bourget ou encore l’hôpital Foch. Depuis 2019, il occupe le poste de conseiller sécurité incendie et sûreté à l’institut Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe. Confronté à de multiples situations de crise, il a développé une solide expertise, qu’il a renforcée par de nombreuses formations, civiles et militaires, dans le domaine de la gestion de crise et des menaces NRBCE.
Son entrée dans la réserve de la Gendarmerie nationale est le fruit d’une réflexion personnelle. « Pour moi, il y a trois métiers qui me passionnent : le médecin, le pompier et le gendarme ou policier. Le 15, le 17 puis le 18, sont d’ailleurs les trois numéros de téléphone que chaque Français connaît. J’ai déjà été pompier, et bien que je n’ai pas été médecin, j’évolue dans le domaine hospitalier depuis plusieurs années. J’ai donc toujours eu ce rêve, non exaucé jusqu’alors, de devenir policier ou gendarme. Gendarme de préférence pour son côté militaire », confie-t-il. Si cet engagement repose sur une motivation personnelle, il correspond aussi aux besoins opérationnels de l’institution. Ne disposant pas de compétences judiciaires, le commandant de réserve Mohammed Benarba a identifié que sa plus-value se situait dans son expertise en gestion de crise et dans sa connaissance approfondie des menaces NRBCE, des domaines qu’il juge « en adéquation avec les missions des gendarmes du CESAN et de l’OCLAESP ». Il poursuit : « ma motivation profonde est le désir de transmettre mon savoir et mon expérience en considérant que le peu que je puisse transmettre apportera ma pierre à l’édifice et pourra être utile. » En 2025, le commandant de réserve a participé à plusieurs actions de sensibilisation au profit des personnels du CESAN, ainsi qu’à deux exercices de gestion de crise à Saint-Priest (69).
Le premier simulait la contamination d’un réservoir d’eau alimentant la métropole de Lyon ; le second portait sur un scénario de contamination à l’anthrax lors d’une foire agricole. Dans ces situations, le CESAN était pleinement intégré au Centre opérationnel départemental (COD) et aux cellules d’expertise mobilisées sur la zone de crise. « Lors de ces exercices, mon rôle, en ma qualité de réserviste, est d’analyser et d’aider à la décision au profit des autorités, de recentrer les décisions stratégiques, de conseiller sur le choix et l’engagement des différentes unités spécialisées, puis de partager des connaissances sur des doctrines et des procédures opérationnelles. »
Pour cet officier de réserve, son engagement comme réserviste dépasse la simple dimension opérationnelle. « Pour moi, s’engager dans la réserve, c’est contribuer, à mon échelle, à la sécurité et à la résilience de la Nation, tout en créant des ponts entre le monde civil et le monde militaire. Il s’agit d’être un acteur de la réponse du CESAN face aux crises majeures, porté par un réseau de coopération interservices et public/privé au service de l’intérêt général », conclut-il.
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