Le GOS OCLDI traque les groupes criminels itinérants

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 16 juillet 2025
Briefing à l'unité avant mission.
© GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN

Disposant d’une compétence nationale, le Groupe d’observation et de surveillance (GOS) de l’OCLDI (Office central de lutte contre la délinquance itinérante) est spécialisé dans la mise en œuvre de compétences techniques et tactiques complexes visant à matérialiser les atteintes aux biens commis par des groupes criminels itinérants.

Centre commercial de Westfield Vélizy 2, dans les Yvelines. Un homme fait le pied de grue devant un magasin de téléphonie. Après plusieurs minutes de repérage, il se dirige vers la sortie. Survêtement et casquette à l’envers, Jaff lui emboîte le pas à bonne distance. Sans le lâcher du regard, il pianote sur son téléphone et prévient ses camarades. Au même moment, Sam et Koko s’éloignent du véhicule de l’individu dans lequel ils viennent de poser une technique et remontent dans le leur, sous la supervision de leur chef, le capitaine Lucio. Mission réussie pour les équipiers du Groupe d’observation et de surveillance (GOS) de l’OCLDI (Office central de lutte contre la délinquance itinérante) qui travaillent depuis plusieurs semaines sur cet individu, suspecté d’appartenir à un groupe criminel se livrant à des braquages de magasins de téléphonie partout en France.

  • Véhicule du GOS circulant vers le centre commercial.
    © GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN
  • Équipier du GOS en surveillance.
    © GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN
  • Deux équipiers du GOS autour du véhicule de la target.
    © GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN
  • Véhicule du GOS circulant vers le centre commercial.
    © GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN
  • Équipier du GOS en surveillance.
    © GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN
  • Deux équipiers du GOS autour du véhicule de la target.
    © GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN

Un GOS spécialisé à compétence nationale

Au nombre de 21 en métropole, les GOS ont normalement vocation à mener des missions d’observation surveillance dans un périmètre régional. Le GOS OCLDI fait exception. Composé de 21 personnels et commandé par le capitaine Lucio, il est chargé de mener des missions d’observation et de surveillance dans le spectre du domaine de compétence de l’office défini par son décret de création du 24 juin 2004 comme « la lutte contre la criminalité et la délinquance commises par des malfaiteurs d’habitude, auteurs, coauteurs et complices qui agissent en équipes structurées et itinérantes en plusieurs points du territoire. » Cette spécialisation lui permet d’être en mesure de faire face à des groupes criminels particulièrement mobiles et aguerris et de développer des méthodes et des moyens visant à devancer leurs modes d’action. Outre les bureaux centraux situé à proximité de Paris, le GOS OCLDI dispose d’une compétence nationale en travaillant en appui des cinq détachements de l’office. « Notre mission consiste à apporter la preuve matérielle de l’infraction au directeur d’enquête », résume Lucio. En raison de la typologie de délinquance qu’il traite, provenant notamment des pays d’Europe de l’est, le GOS est fréquemment amené à franchir les limites du territoire métropolitain au cours de ses missions.

Le maître-mot, la disponibilité

Amenés à effectuer de nombreux déplacements, les équipiers du GOS OCLDI doivent faire preuve d’une disponibilité conséquente. Les missions comprennent également un délai d’appropriation du terrain. Cette contrainte est néanmoins compensée par la taille réduite de l’unité qui permet à son commandant de connaître au mieux les gendarmes servant sous ses ordres et donc de prendre en compte leurs contraintes personnelles.

« La disponibilité n’est pas qu’une qualité requise chez les équipiers du GOS OCLDI, explique Lucio. Il s’agit plus généralement d’un impératif propre à l’observation surveillance. Les candidats souhaitant intégrer cette filière doivent en avoir conscience. Pour ma part, j’ai intégré la filière observation-surveillance en 2006. Je suis marié, j’ai deux enfants et je parviens malgré tout à concilier ma vie professionnelle et personnelle. »

Exigence, technicité et passion

La technique constitue une part importante du quotidien de l’équipier en GOS. « Aujourd’hui, il nous faut recruter des gens passionnés par la technique, explique Lucio. Nous recrutons des profils généralistes, ayant une appétence pour la technique, et les équipiers se forment ensuite dans différents domaines (photographie, pose de techniques d’enregistrement vidéo et de sonorisation, serrurerie, conduite moto, etc.). La technique est indispensable dans notre métier. Elle constitue également notre avenir avec le développement de nouvelles possibilités offertes par l’intelligence artificielle. Notre objectif est d’avoir un temps d’avance sur l’adversaire. » Les évolutions techniques et les modes d’action changeants des groupes criminels organisés contraignent les équipiers du GOS à se former en continu, en interne, mais également auprès d’intervenants extérieurs. « Le métier évolue en permanence, la technique et l’adversaire également, souligne Lucio. Il nous faut sans cesse nous remettre en question, ce qui est stimulant. »

Équipier se servant d'un appareil photo.
© GEND/ SIRPAG/ MDC LAPOINTE

Le métier d’équipier en GOS exige également une bonne maîtrise de soi ainsi qu’une capacité de résilience, de mémorisation et d’adaptation. « C’est pourquoi les sélections et la formation initiale sont difficiles, précise Lucio. Notre métier peut présenter une certaine dangerosité à laquelle il est nécessaire de faire face avec le sang-froid du groupe et celui du chef. Outre le savoir-faire, nous recherchons avant tout un savoir-être, un état d’esprit. »

La fierté du chef

« On ne commande pas un GOS comme on commande une autre unité, détaille Lucio. Les équipiers sont à la fois des gens passionnés et autonomes. J’ai donc avant tout un rôle de chef d’orchestre. Je dois parfaitement connaître les faiblesses de chacun et savoir utiliser les points forts des uns et des autres en générant une dynamique qui constitue la condition de la réussite de la mission. Ma fonction consiste également à favoriser la cohésion du groupe, car la confiance est essentielle dans notre métier. Finalement une mission est faite d’actions collectives, elles-mêmes composées d’actes individuels, et lorsqu’un ensemble d’actions individuelles font de la mission une réussite, je me sens fier et je suis fier du groupe. »


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