Huit commandants de brigades de la gendarmerie congolaise en immersion dans des unités de la Gendarmerie nationale
- Par Antoine Faure
- Publié le 04 juillet 2025

Tout au long du mois de juin, huit officiers de la gendarmerie congolaise, commandants de brigades, ont eu l’occasion de découvrir des unités territoriales de la Gendarmerie nationale. Une étape supplémentaire dans la coopération entre les forces des deux pays.
L’histoire de la gendarmerie de la République du Congo est courte mais riche. A l’indépendance, une gendarmerie est créée, mais celle-ci a été dissoute dans les années 70, pour renaître finalement en 1992, dans le cadre de la Conférence nationale souveraine (CNS) du Congo-Brazzaville.
Dans la foulée, des accords sont passés entre la France et le Congo pour appuyer la reconstruction de la gendarmerie congolaise. C’est ainsi qu’en 1992, une formation spécifique d'une trentaine d’élèves officiers est réalisée à l’École de gendarmerie (E.G.) de Chaumont, permettant à cette nouvelle gendarmerie congolaise de disposer de cadres.
« C’était le début d’une coopération qui s’est renforcée au fil du temps, explique le colonel Jean-Luc Péreau, coopérant placé comme conseiller du commandant de la gendarmerie congolaise, à Brazzaville. Les gendarmes congolais sont des habitués des stages de formation à l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN, désormais AMGN : Académie militaire de la Gendarmerie nationale), de l'Enseignement militaire supérieur du 1er degré (EMS 1) et de l’Enseignement supérieur du 2e degré (ES 2) à l’École de Guerre. »
En 2025, cette coopération a pris une nouvelle dimension avec, à la demande du Congo, des immersions de commandants de brigades congolais dans des Communautés de brigades (CoB) et une Brigade territoriale autonome (BTA) françaises.
« La coopération entre nos deux gendarmeries sœurs a été redynamisée avec satisfaction dans le cadre d’un partenariat axé sur la formation des cadres et l’échange d’expertise, estime le général Gervais Akouangué, commandant la gendarmerie de la république du Congo. C’est à ce titre que huit stagiaires ont été mis en immersion dans les brigades françaises. L’intérêt porté autour de ces missions repose essentiellement sur notre démarche de s’inspirer des pratiques quotidiennes dans les unités territoriales de la gendarmerie française, en termes de planification et organisation du service, de gestion des personnels en repos, d’astreinte et ceux appelés à marcher, avec, pour fil d’Ariane, l’équilibre entre l’accueil du public et les services opérationnels hors caserne. Nous souhaitons aussi avoir une idée nette sur la communauté de brigades, choix que nous percevons, depuis Brazzaville, comme porté sur l’économie des moyens, sans oublier la brigade numérique qui contribue au lien avec la population. Par ailleurs, compte tenu du niveau technologique de la gendarmerie française et l’impact fort que revêt la numérisation du service, ces missions devraient permettre à la gendarmerie congolaise d’analyser de quelle façon entrevoir des adaptations améliorant notre outil de travail. »
« Ces gendarmes ont pu appréhender l’évolution des unités territoriales françaises, le rôle et les outils qu’utilise le commandant de l’unité, poursuit le colonel Péreau. Les gendarmes congolais se sont également rendus dans les Centres d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (CORG). Ils ont pu suivre le traitement complet d’une plainte, de l’accueil de la victime à la transmission au Parquet, notamment les relations entre les Officiers de police judiciaire (OPJ) et les magistrats. »
Ils étaient donc huit à vivre cette immersion de deux semaines : quatre binômes répartis dans quatre unités représentant un panel représentatif en termes de taille, d’activité et de localisation géographique, et à proximité d’une école de gendarmerie pour des raisons logistiques. Le premier à la CoB de Châteaulin, dans le Finistère, un autre à la CoB de Montluçon, dans l’Allier, un troisième à la CoB de Saint-Astier, en Dordogne, et le dernier à la Brigade territoriale autonome (BTA) de Cély, près de Fontainebleau, en Seine-et-Marne.
« Ces immersions sont un moyen de réaffirmer et de renforcer la coopération entre nos deux pays, et de montrer concrètement en quoi notre modèle reste pertinent », conclut l’officier de la Gendarmerie nationale.
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