En Savoie, les militaires du peloton de gendarmerie de haute montagne ont mené un exercice de grande ampleur
- Par Léopold Dubois
- Publié le 07 juin 2025

Lundi 26 mai 2025, le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de la Savoie a mené un exercice de grande ampleur dans les Alpes, impliquant gestion de crise et investigations en milieu difficile. De nombreux militaires du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Savoie ont également participé à cette simulation de secours.
Le calme qui régnait jusqu’ici sur le massif de la Vanoise est rapidement interrompu par la sonnerie du téléphone d’alerte du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de la Savoie. L’adjudant Kevin, qui s’affairait à contrôler le matériel technique, s'empare du téléphone pour recueillir les premiers éléments. Le proviseur du lycée professionnel de Saint-Michel-de-Maurienne n’a plus aucune nouvelle de l’une de ses classes, partie faire une via ferrata dans le cadre d’une formation de montagne. Il s’inquiète d’autant plus qu’un déluge s’abat sur la vallée depuis plus d’une heure. Il est 11 heures, l’alerte est donnée.
Fort heureusement, cette disparition n’est pas réelle. Cet appel fait partie de l’exercice préparé pour le PGHM et d’autres unités du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Savoie, afin de les entraîner sur un scénario d’une ampleur qu’ils ne peuvent encore imaginer.
Une situation hors norme
Les deux encadrants avaient emmené leurs douze élèves à proximité de Valfréjus. Compte tenu des difficultés d'accès au site, l'hélicoptère est le moyen privilégié pour intervenir. L’adjudant Kevin et le maréchal des logis-chef Nicolas prennent contact avec la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Modane afin de réaliser une reconnaissance aérienne du lieu, situé à cinq minutes de vol.
L’officier de permanence, le lieutenant Jean-Vianney Du Parc, commandant du PGHM détachement de Modane, se rend au poste de secours pour organiser l’intervention. Profitant d’une accalmie, l’hélicoptère traverse rapidement la vallée. L’équipage remarque alors l’un des encadrants en train de faire des signes de détresse en contrebas.
Au poste de secours, les premiers retours radio des secouristes sont glaçants : les élèves sont en détresse dans un ravin, à quelques mètres d’un torrent formé par les pluies diluviennes. L’eau risque de monter en raison de la météo peu clémente, mettant ainsi en danger les élèves coincés. La tension est d’autant plus forte qu’une partie des jeunes dans la crevasse sont inconscients à cause de la chute. Conscients de la gravité de la situation, les gendarmes ne perdent pas une seconde.
Une réponse rapide à la crise
Les militaires installent rapidement le Poste de commandement (P.C.) dans le poste de secours le plus proche, celui de Modane. Celui-ci centralise les remontées d'informations et organise les manœuvres. Le lieutenant Du Parc met en place un dispositif important en sollicitant les moyens d’autres unités pour faire face à l’urgence de la situation. Ses comptes rendus remontent jusqu’à la préfecture qui reçoit déjà les appels de journalistes. Le P.C. s’appuie sur le chef de caravane de secours et sur le commandant des opérations et des enquêtes de secours pour gérer la complexité de la situation. En effet, alors que les secours se déploient, le volet judiciaire de l’affaire est aussi pris en compte.
Le capitaine Olivier Borel, commandant adjoint de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Saint-Jean-de-Maurienne, et des militaires de la Brigade de recherches (B.R.) rejoignent le P.C., tandis que d'autres unités du groupement sont dépêchées sur place. En peu de temps, la Cellule d’investigation criminelle (CIC) et le Groupe montagne gendarmerie (GMG) sont déployés sur le terrain.
La météo changeante se met enfin du côté des gendarmes et les rayons de soleil permettent de procéder aux premiers hélitreuillages, tandis que les autres équipes rejoignent enfin le ravin. Alors que l’hélicoptère termine une opération d’hélitreuillage, les gendarmes descendent en rappel dans le ravin pour porter secours aux élèves blessés. Une fois les sept personnes indemnes évacuées, les gendarmes du PGHM mettent en place une manœuvre de cordes pour remonter les blessés installés sur des brancards. Les trois blessés graves sont rapidement médicalisés, mais deux mineurs semblent être décédés des suites de la chute. En haut du ravin, la vice-procureure du tribunal judiciaire d’Albertville s’enquiert de la situation avant de donner ses premières directives d’investigation aux enquêteurs.
Un entraînement proche de la réalité
Il est 15 heures lorsque les derniers blessés sont évacués du site. Coup de sifflet : fin d’exercice. La pression retombe enfin pour les gendarmes qui étaient engagés sur l’intervention. Ils se dirigent vers la salle de débriefing. Tous les acteurs et intervenants du scénario se retrouvent alors pour discuter des améliorations qu’ils pourraient mettre en place. Malgré la complexité de cette opération impliquant de multiples victimes, les militaires ont su faire preuve d’une synergie et d’une continuité, qui sont des atouts essentiels pour permettre à la gendarmerie d’agir dans la durée et dans la profondeur.. C’est notamment grâce à des exercices comme celui-ci qu’ils maintiennent leur capacité d’intervention et leur réactivité.
« Il faut se préparer à gérer des événements d’ampleur, conséquences du changement climatique, avec des enjeux sécuritaires, médiatiques et politiques », a conclu le chef d’escadron Corentin Hassmann, commandant du PGHM de Savoie, lors du débriefing.
Contacter la gendarmerie
Numéros d'urgence
Ces contenus peuvent vous intéresser
Incendie dans les Pyrénées-Orientales : témoignage d'un gendarme au cœur des évacuations
Depuis le 4 juillet 2026, les militaires du Groupement de gendarmerie départementale...
Article
Eurockéennes de Belfort : immersion avec le P.Mo. et le PSIG
Situé sur la presqu’île du Malsaucy, à Belfort, le festival...
Article
Eurockéennes de Belfort : un dispositif gendarmerie d’ampleur pour sécuriser le festival
Comptant parmi les festivals les plus importants de la saison estivale chaque année...
Article
Tour de France : la sécurité est aussi l'affaire des spectateurs
Alors que le Tour de France vient de faire son entrée sur le territoire national,...
Article








