EGIDE 2025 : le plus grand exercice de la gendarmerie
- Par la rédaction du site Gendinfo
- Publié le 30 juin 2025
Du vendredi 20 juin au dimanche 22 juin 2025, l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (AMGN) a organisé un exercice exceptionnel dans la Seine-et-Marne, nommé EGIDE 2025. Près de 800 gendarmes et des moyens nationaux importants ont participé à cet exercice dont l’objectif est de tester les officiers-élèves de la gendarmerie dans des situations de commandement. Un scénario complexe qui alliait les quatre dominantes enseignées à l’AMGN ainsi qu’un raid évasion.
Vendredi 20 juin 2025, 17 heures. La situation est grave à l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (AMGN). Dans un amphithéâtre, les officiers-élèves rassemblés écoutent attentivement le briefing de sécurité pour la mission qui va leur être confiée. Des militaires d’une puissance étrangère se sont infiltrés sur le territoire national. Cette « force verte » a pour objectif de se rendre dans le nord du département de la Seine-et-Marne. La tâche de ces officiers encore en formation sera de les localiser et les arrêter pour protéger le territoire national.
Cependant, alors que le soleil baisse dans le ciel de Fontainebleau, les groupes de militaires de la « force verte » progressent avec aisance dans la forêt. Toute la nuit, les équipes avancent vers le Nord à l’aide de cartes topographiques tout en échappant aux nombreuses patrouilles de gendarmerie mises en place. Après un court repos, elles se remettent en route jusqu’à atteindre la Seine aux premières lueurs du matin. À Thomery, les militaires infiltrés trouvent une embarcation qui les aide à traverser le fleuve. Une fois sur l’autre rive, ils se dépêchent de débarquer pour se mettre à couvert de peur d’être localisé.
Défendre le territoire
Ce scénario fait partie de l’exercice EGIDE 2025 qui s’est tenu du vendredi 20 au dimanche 22 juin 2025 en Seine-et-Marne. L’objectif de cet exercice est d’entraîner les officiers-élèves dans les conditions les plus proches du réel avant la fin de leur scolarité à l’AMGN. Cette mise en situation est « une synthèse de leur parcours de formation » indique le colonel Sung-Dae Faucon, chef de la division des enseignements militaires et académique de l’AMGN et directeur de l’exercice EGIDE 2025. « La thématique principale de l'exercice est la présence dans le département d'une force adverse constituée d'éléments subversifs pilotés par une puissance étrangère. On est clairement dans une situation de défense opérationnelle du territoire. » Ce sont les élèves-officiers du 2e groupement de l’AMGN qui jouent la « force verte » face à leurs aînés du 1er groupement qui commandent les unités de la « force bleue ». Une des nouveautés de cette édition de l’exercice EGIDE est la participation dans la « force verte » de la compagnie de fusiliers marins Morel de la Marine nationale et une équipe du 5e régiment de dragons de l’armée de Terre. Ils ont dû parcourir près de 80 kilomètres en deux jours sous une chaleur infernale sans se faire détecter par les moyens mis en place par la « force bleue ».
Sur les routes du département, des contrôles sont mis en place et des gendarmes avec des jumelles scrutent les champs de blé. Au loin, des élèves en treillis courent dans un chemin agricole afin d’échapper à une patrouille en véhicule qui vient de les voir traverser la route nationale de Nangis.
D’importants moyens mis à disposition
En plus des élèves des 1er et 2e groupements de l’AMGN, deux hélicoptères des Forces aériennes de la gendarmerie nationale (FAGN), des équipes cynophiles du Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), des embarcations du Commandement de la gendarmerie des voies navigables (CGVN), des Véhicules d'intervention polyvalents de la gendarmerie (VIPG) Centaure du Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM), des drones, une escouade du peloton monté d’aide à l’engagement et un peloton d’intervention de la Garde républicaine (PIGR), une compagnie de l’école de gendarmerie (EG) de Dijon et une de l’EG de Chaumont ont participé à l’exercice. Les officiers du corps techniques et administratifs (OCTA) en formation à l’AMGN ont été épaulés par leurs homologues de l’École du commissariat des armées (ECA) pour organiser la logistique de l’évènement. Des camarades de la Guardia civil (Espagne), des Carabiniers (Italie) et de la Garde nationale républicaine (Portugal) ont aussi participé comme en 2024. Les trois autres armées françaises ont apporté leur concours à la « force verte » par la présence de l’Ecole navale et des fusiliers marins Morel pour la Marine, une équipe du 5e régiment de dragons pour l’armée de Terre, des élèves de l’école de l’Air pour l’armée de l’Air et de l’Espace et des élèves de l’Ecole polytechnique et de l’ENSTA.
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Article
Une restitution sur les dominantes
La traque de la « force verte » n’est pas la seule mission que doit remplir la « force bleue ». Le chef d'escadron Laurent Andriola, du bureau du pilotage et de la conception de la formation de l’AMGN, a voulu que cet exercice soit le plus fidèle à la réalité que possible « et dans la réalité rien ne s'arrête. On a une force étrangère qui s'infiltre sur le territoire mais ça n'enlève rien au fait que, parallèlement, les interventions du quotidien continuent. En termes de commandement, il faut savoir organiser ses équipes et ses subordonnées de manière à pouvoir faire face à l'ensemble des missions qui s'imposent ». Les officiers-élèves ont donc géré des interventions selon leur dominante : « Maintien de l’ordre » (M.O.), « Police judiciaire » (P.J.), « Sécurité des mobilités » (SECMOB), « Sécurité publique générale » .
« Chaque officier-élève, dans sa dominante, mettra en œuvre tous les savoirs, savoir-faire et savoir-être qu'il a pu acquérir pendant ces deux années de scolarité », ajoute-t-il. Pour cela, la cheffe d’escadron Sabrina Mouëza a travaillé sur le niveau d’intensité des mises en situation : « On a trois niveaux d'intensité. La basse qui correspond au service courant de la gendarmerie, des exercices de moyenne intensité qui là sont plus engageants et d’autres de plus haute intensité, non pas par leur dangerosité mais par leur ampleur. »
La réussite de l’exercice EGIDE 2025 pour les officiers-élèves reposent aussi sur leur capacité à travailler avec les autres dominantes pour gérer les interventions complexes que leurs encadrants ont préparées. « Il y a du renfort, il y a de l'appui et il y a de la coordination, assure la cheffe d’escadron Mouëza. Les commandants d'escadrons devront se coordonner avec les commandants de brigade ou avec le commandant de compagnie qui eux-mêmes devront prendre contact avec le commandant de Brigades motorisées (B.Mo.) ou le commandant d’Escadron départementale de sécurité routière (EDSR). Il y aura une nécessaire transversalité, et les scénarios comme la rave-party ou la découverte d’une cache d’armes ont cette finalité. » Défi relevé pour les officiers-élèves qui ont su créer une synergie des moyens et des unités durant la totalité de l’exercice.
« On recrée la gendarmerie au format de notre exercice »
Pour mettre en condition les élèves, l’entièreté de l’exercice est en terrain ouvert. Cela signifie que les interventions et les cas pratiques se sont déroulés en dehors des murs de l’AMGN. « On a été jusqu'à s'appuyer sur des brigades réelles de la Seine-et-Marne pour pouvoir mettre les élèves en situation, affirme la cheffe d’escadron Mouëza. On pousse le réel jusqu'à utiliser les outils métiers et les applications en plateforme pédagogique pour vraiment les mettre en situation. Ils vont donc concevoir des services avec Pulsar, ils vont dresser des PVE, générer des EVENGRAVE (événements graves, NDLR) ou des propositions de chancellerie. Chaque événement sera enregistré sur la base départementale sécurité publique BDSP au centre opérationnel. » Dans un souci de réalisme, un Centre opérationnel et de renseignement de la gendarmerie (CORG) et un poste de commandement ont été installés au sein de l’AMGN. Les différents échelons et unités de la gendarmerie sont aussi simulés : groupement, compagnies, brigades, EDSR, Section de recherches (S.R.)… « Pendant deux jours, on recrée la gendarmerie au format de notre exercice. Chaque année, on rentre un peu plus dans le détail, on affine pour être au plus près de la réalité. »
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