Dans le quotidien du GOS de Lille – Épisode 2
- Par le capitaine Tristan Maysounave
- Publié le 03 juillet 2025

Suite de notre immersion au sein du Groupe d’observation et de surveillance OS de Lille, alors que les équipiers quittent leur unité. Objectif de la mission : déposer une balise.
Après une vingtaine de minutes de route, les véhicules du GOS pénètrent dans Roubaix de manière espacée. Connaissant parfaitement leurs rôles respectifs, les équipiers se positionnent autour du parking où est garée la voiture dont la balise doit être retirée en formant une « cloche » (terme désignant le fait de tenir tous les points d’entrée permettant d’accéder au véhicule ou domicile ciblé). Ce procédé permet de garantir que tout individu entrant ou sortant de la zone soit détecté.
Léa choisit un endroit lui permettant de coordonner l’action de l’unité. Cheffe de mission, elle est seule à bord de son véhicule comme la plupart de ses équipiers. « Pour les missions les plus complexes je préfère être en binôme, explique-t-elle. Mais la plupart du temps je suis seule, ce qui nous permet de nous engager avec un plus grand nombre de véhicules. Ce choix me conduit également à me challenger en m’obligeant à gérer la conduite, la cartographie et les ordres en cours d’action. Je suis cheffe de mission, mais j’essaie également d’être l’équipière la plus efficace possible. »
Participant à la cloche formée avec ses camarades, Gur (les surnoms sont monnaie courante dans les unités d’observation surveillance, ils permettent de préserver l’anonymat des équipiers et leur sont souvent décernés après un engagement marquant), se stationne au pied du domicile en briques rouges de la target afin de pouvoir surveiller ses mouvements. Sa présence étant susceptible d’attirer l’attention dans ce quartier où la plupart des habitants se connaissent, il se tient prêt à dégainer sa légende afin de dissiper tout soupçon.
Un maître-mot : l’opportunité
Désormais, l’attente peut commencer. La dépose de la balise ne peut avoir lieu en présence de personnes autour. « Tant qu’il y a de la vie, on ne s’engage pas, explique Gur. On temporise autant que nécessaire, parfois des heures. » Alors que l’horloge tourne, les équipiers doivent faire preuve d’une concentration absolue afin de saisir le moment opportun qui ne se présentera peut-être pas deux fois. Sous la coordination de Léa, le vert engagement est enfin donné. Deux équipiers, le « poseur » et la « sécu », se dirigent alors à pied vers le véhicule. Le premier est chargé de retirer la balise pendant que le second assure sa sécurité au plus près. Quelques secondes leur suffisent. Il faut dire que l’opération a été minutieusement préparée. Les équipiers se sont en effet appuyés sur la fiche de pose, dans laquelle le poseur a détaillé l’endroit exact du véhicule où a été posée la balise. Ils avaient également effectué un entraînement sur un sistership, c’est-à-dire une voiture de même modèle.
Matériel récupéré, Léa donne l’ordre de lever le dispositif et de prendre le « 80 », c’est-à-dire le repas, avant de s’engager sur la prochaine mission. « L’équipier en GOS doit avoir une bonne hygiène de vie, explique-t-elle. Il doit être capable de passer de longues périodes d’attente à des phases dynamiques au claquement de doigt. Se nourrir correctement, faire du sport et bien dormir, sont essentiels. »
Après un briefing, les équipiers s’engagent sur un nouveau dossier.
Vivre au rythme des targets
« Là, on s’engage sur un tout nouveau dossier de vols de véhicules, explique la capitaine Léa. Les enquêteurs attendent vraiment de nos investigations qu’on puisse leur apporter de la matière. Dans un premier temps, l’objectif est de se rendre à proximité du lieu de travail de la target, de la suivre à la sortie du travail et de voir si on dispose d’une fenêtre nous permettant de baliser le véhicule. La balise va ensuite être utilisée comme une pelote de laine. On va dérouler le fil en déterminant qui utilise la voiture puis qui notre target rencontre. Nous devrions également être en mesure de suivre un périple (ensemble de vols commis à la suite), voire d’interpeller les auteurs en flagrant-délit. »
Périodes d’attente et phases dynamiques se succèdent pour les équipiers du GOS qui vivent au rythme des individus qu’ils suivent dans le cadre de leurs dossiers.
« Ici, notre secteur d’activité est essentiellement cantonné à la métropole de Lille et à sa périphérie, détaille Gur. Mais en fonction des mouvements des targets, il peut nous arriver de nous rendre jusqu’à la frontière belge ou encore de traverser toute la France. La plupart d’entre elles commettent leurs méfaits la nuit, donc nous sommes amenés à travailler sur ce créneau-là. Nous parvenons néanmoins à concilier les spécificités de notre métier avec notre vie personnelle grâce à un système de permanence, mais aussi car les targets ne bougent pas sans arrêt, il y a des périodes plus ou moins intenses en fonction des dossiers. »
Contacter la gendarmerie
Numéros d'urgence
Ces contenus peuvent vous intéresser
Sommet du G7 : retour sur l’engagement massif de la Gendarmerie nationale
Le sommet du G7 qui s’est déroulé à Évian-les-Bains,...
Article
Sommet du G7 : le ciel sous haute surveillance
La manœuvre de sécurisation du sommet du G7 se déclinait à...
Article
Sommet du G7 : escortes et viabilité des axes, éléments-clés de la séquence diplomatique
Qui dit sommet international, dit escortes de délégations et donc...
Article
Sommet du G7 : le lac, enjeu majeur
La manœuvre de sécurisation du sommet du G7 se conduit à terre,...
Article







