Une carrière au rythme du Tour : dernière Grande Boucle pour le major Philippe

  • Par Anna Selleret Wilde
  • Publié le 05 juillet 2025
Major Philippe Breteau
© GEND/SIRPA/BRI G. PIGOT

Le Tour de France s'élance aujourd'hui de Lille. Pour le major Philippe, du Service d'information et de relations publiques des armées - gendarmerie (SIRPA-G), ce sera le 25e ! Plus qu’un rendez-vous sportif, cette mission incarne pour lui son engagement pour la prévention et la promotion du recrutement.

Quand il rejoint la gendarmerie en 1986 pour y effectuer son service national, le major Philippe ne se doute pas qu’une grande partie de sa carrière se jouera chaque été sur les routes du Tour de France. Après avoir été affecté à la Garde républicaine, puis en brigade, il est choisi en 1996 pour occuper un poste au sein d’un Centre d’information et de recrutement (CIR). C’est là qu’il participe pour la première fois au Tour de France, en 1997, dans une configuration bien différente d’aujourd’hui, puisqu’il n’y avait pas encore de véritables véhicules de la gendarmerie dédiés à la caravane du Tour de France. En 2001, Il est affecté au Service d'information et de relations publiques des armées - gendarmerie (SIRPA-G), où sa mission prend une tournure décisive.

Une caravane à moderniser

En 2002, un changement de chef de bureau marque le début d’une évolution progressive de la présence de la Gendarmerie nationale sur le Tour. « On est repartis d’une feuille blanche », explique Philippe. L’objectif est alors de mieux différencier les gendarmes chargés de la sécurité de ceux engagés dans la caravane. En 2003, la gendarmerie présente pour la première fois des véhicules civils aux couleurs sérigraphiées et un polo spécifique pour les caravaniers. Un véritable tournant.

Depuis, Philippe et son équipe ont contribué à faire évoluer progressivement cette présence : une logistique mieux organisée, des partenariats fidélisés, des messages de prévention régulièrement diffusés le long du parcours par un animateur. Une mission de communication menée avec sérieux, dans un esprit de proximité. Le public ne s’y trompe pas : « Ce qui me touche le plus, c’est quand on entend "merci la gendarmerie !" au bord des routes », témoigne Philippe.

Une ferveur qui donne des frissons

Enfant, il regardait le Tour avec son père, sans imaginer qu’il y participerait un jour. Aujourd'hui encore, il reste sensible à la ferveur que suscite l’événement. L’itinérance du Tour, la diversité des paysages traversés et la proximité avec le public en font, selon lui, une expérience singulière.

En 2008, il devient le responsable du dossier Tour de France au sein du SIRPA-G. Il coordonne la préparation avec ses binômes successifs. Dès octobre, les équipes se mobilisent pour réserver les couchages, définir les itinéraires, organiser la logistique et préparer les recrutements. À l’approche de l’été, le rythme s’intensifie. « En mai-juin, tout s’accélère avec la préparation spécifiquement technique, il ne faut rien oublier. » Il accompagne ensuite le détachement sur le départ et les premières étapes car, pendant la course, il faut s’assurer que les caravaniers restent attentifs aux moindres détails. Lors des étapes en montagne, par exemple, où la foule se concentre sur des petites routes, la vigilance est renforcée. « Nos chauffeurs doivent rester concentrés à 100% », confirme le major.

Certains souvenirs l’ont particulièrement marqué : le départ à Rouen en 1997, l’accueil du public au Yorkshire ou au Danemark, et l’édition 2020, organisée en pleine crise sanitaire. « Malgré les masques, on voyait les sourires dans les yeux. J’ai compris que les gens avaient besoin du Tour. »

Une dernière Grande Boucle

En 2025, il vivra son dernier Tour en tant que gendarme, chargé des relations avec les médias. Trente ans que la gendarmerie participe à la caravane, vingt-cinq ans qu’il en est un acteur clé.

Un engagement qu’il regarde aujourd’hui avec fierté, conscient d’avoir contribué à faire évoluer la caravane vers une formule à la fois structurée, conviviale et tournée vers la prévention. Pour lui, ce dossier nécessite une implication du chef de projet dans tous les domaines administratifs et techniques, une préparation logistique exigeante, un travail de fond intense, une connaissance parfaite de l’événement, de son organisation et de sa philosophie, tout en sachant rester en retrait. « J’ai eu à cœur de faire briller la gendarmerie, de faire sans cesse évoluer sa prestation pour le plaisir du public, et de permettre à des dizaines de militaires de vivre une expérience unique. Voir chaque année leur enthousiasme a suffi à mon bonheur. »

S’il se dit ouvert à de nouveaux projets, le Tour de France gardera toujours une place particulière. Un mot pour définir le Tour, major ? « Magique ! » Il continuera bien sûr de suivre le Tour sur les réseaux sociaux de la gendarmerie et Gendinfo.


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