Richard, gendarme mobile d’origine mahoraise, déployé à Mayotte après Chido
- Par le chef d'escadron Charlotte Desjardins et le chef d'escadron Sébastien Bonconor
- Publié le 07 février 2025

Parmi les gendarmes projetés à Mayotte après le passage du cyclone Chido, certains sont originaires de l’île. Retour sur l’engagement du gendarme mobile Richard, affecté à l’escadron de gendarmerie mobile 13/3 de Pontivy, dans le Morbihan.
Sitôt après que Chido a frappé Mayotte, la gendarmerie s’est organisée pour déployer les renforts nécessaires aussi vite que possible, afin de renforcer les unités locales dans la conduite des différentes missions : maintien de l’ordre public, secours, soutien à la manœuvre opérationnelle du Commandement de la gendarmerie de Mayotte (COMGENDYT). Parmi les unités immédiatement projetées, on compte deux Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) et un Groupement tactique de gendarmerie (GTG).
C’est ainsi que le 21 décembre 2024, le gendarme Richard, de l’EGM 13/3 de Pontivy, est de retour sur le sol de Mayotte, qu’il connaît parfaitement pour en être originaire. Il arrive sur l’île avec le GTG 1/3 de Rennes, au sein duquel il est affecté pour la mission. Cette dernière est nouvelle pour lui, habitué à travailler au sein de son peloton, mais il s’y engage aussitôt. Dès lors, il participe activement à l’encadrement opérationnel et logistique des unités placées sous le commandement du GTG Petite Terre [NDLR : nom donné au GTG 1/3 pour le déplacement]. L’état dans lequel il a retrouvé l’île où vit toujours sa famille lui donne encore plus de cœur à l’ouvrage.
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« Je voulais concourir à la reconstruction de mon île »
Se rappelant ses premiers jours sur place, le gendarme Richard dévoile un peu de lui. « Je suis affecté à l’escadron 13/3 de Pontivy, toutefois, mes origines ne sont pas bretonnes. Je suis Mahorais. Je suis né à Mamoudzou, sur Grande Terre. Toute ma jeunesse, je l’ai passée ici, dans les quartiers de Labattoir. À la vue du désastre provoqué par le phénomène Chido, je voulais intervenir, participer, mais j’ignorais comment agir. Le dimanche 15 décembre, j’apprends par l’encadrement de mon escadron que le groupement de gendarmerie mobile I/3 de Rennes va être engagé à Mayotte. J’ai aussitôt postulé. Je voulais en faire partie et concourir à la reconstruction de mon île. Je voulais être auprès de ma famille, mais aussi montrer la force de caractère des Mahorais, toujours capables de se relever, de supporter l’insupportable. »
Les trois premières semaines, ses camarades et lui ont logé dans le lycée de Petite Terre, à Pamandzi. « C’étaient des conditions de vie assez sommaires, rustiques. Néanmoins, comment me plaindre en regardant autour de moi ? Nous avions deux unités avec nous : une compagnie de marche de gendarmes départementaux et un autre escadron. Le proviseur nous a accueillis à bras ouverts. »
En plus de toutes les missions déjà confiées, les militaires rendront au proviseur un lycée déblayé et propre, selon la volonté du GTG, afin de remercier l’établissement pour son accueil.
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Une expérience professionnelle multiple
« M’engager au sein d’un GTG est une expérience nouvelle », explique le militaire. Lorsqu’il arrive sur place, il découvre la teneur des missions qu’il devra accomplir. « Dès les premières minutes, je reçois différentes tâches : suivi administratif et logistique des rations, de l’eau, des matériels divers, du casernement. »
Loin de ses fonctions habituelles en escadron, il prend conscience du rôle de chacun au sein du GTG, « acteur de l’ombre […] indispensable dans la mise en œuvre et le contrôle des ordres du chef », témoigne-t-il.
Au départ, il joue un rôle de relais, tenant lieu d’intermédiaire avec les autres acteurs de la gendarmerie. Sa mission a progressivement évolué, et aujourd’hui, il assure deux fonctions différentes. « J’ai, d’une part, toujours mon rôle logistique, poursuit le gendarme Richard. D’autre part, je suis opérateur radio au profit du commandement de la gendarmerie de Mayotte, et j’assure la bonne coordination des moyens engagés et des besoins formulés. Il faut être polyvalent. En effet, tous les jours, le dispositif change ; il grandit et s’adapte aux attentes des populations. »
Aller vers la population pour effectuer et sécuriser les distributions alimentaires et d’eau, soutenir les habitants sinistrés, assurer la sécurisation des dispositifs de soutien et de secours, et lutter contre la délinquance et les violences. Les besoins évoluent, et les missions s'adaptent en conséquence.
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