Réserve opérationnelle : qui sont les nouveaux aspirants de la promotion Capitaine Guillo ?
- Par ASP (R) Colombe Delons
- Publié le 08 août 2025
Vendredi 1er août 2025, les ex-élèves-officiers de la promotion Capitaine Guillo ont été promus aspirants de réserve à l’issue de leur formation à l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (AMGN), à Melun. Mais qui sont les femmes et les hommes qui composent cette promotion ? Issus du monde civil ou anciens militaires, agents publics, salariés ou chefs d’entreprise, ils partagent une même volonté : servir.
Avec la montée en puissance de la réserve opérationnelle, les missions se multiplient et se diversifient pour les réservistes opérationnels de la gendarmerie : Détachements de surveillance et d’intervention de la réserve (DSIR), Dispositifs estivaux et hivernaux de protection des populations (DEPP & DHPP), dispositifs de lutte contre l’immigration clandestine… Pour permettre et accompagner cette montée en puissance, des officiers de réserve sont formés chaque année.
C’est à cet objectif qu’ambitionnent de répondre les nouveaux aspirants de la promotion Capitaine Guillo lorsqu’on leur demande pourquoi ils ont choisi de rejoindre le Peloton des élèves-officiers de réserve (PEOR) : « Pour commander, servir et former. Pour moi, ce sont les trois éléments fondamentaux qui constituent notre engagement d’officier. Ce sont mes motivations fondamentales », résume Tiphaine, aspirante de réserve dans les Yvelines.
Une diversité de profils, reflet de la réserve d’aujourd’hui
Âgés de 21 à 44 ans, les 42 nouveaux aspirants viennent de métropole comme d’outre-mer. La promotion compte huit femmes, 29 titulaires d’un bac+5, mais surtout des profils variés : agents publics, salariés ou encore chefs d’entreprise.
Parmi eux, l’aspirant Loïck, affecté au sein du groupement sud de la Gendarmerie des transports aériens (GTA) et dans le civil secrétaire général d’un établissement scolaire dans l’académie de Grenoble, incarne cette richesse. « La gendarmerie est une institution présente sur l’ensemble du territoire, proche de la population. Elle protège et elle agit. Pour moi, c’est une motivation très forte, explique-t-il. C’est aussi un moyen de transmettre, d’encadrer, de s’impliquer autrement. »
Autre profil marquant de la promotion : l’aspirant Nouri, 43 ans, fort de vingt ans de carrière dans l’active. « J’ai passé la moitié de ma carrière en gendarmerie mobile, puis en départementale : peloton d’autoroute, brigade territoriale, brigade rapide d’intervention, puis peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie Sabre… Travaillant aujourd'hui au sein du ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, j’ai rejoint la réserve pour garder un pied dans l’institution. »
Désormais affecté en qualité de réserviste opérationnel au Commandement des réserves et de la jeunesse, il voit dans la formation Élèves-officiers de réserve (EOR) une suite logique à son parcours. « J’ai toujours été convaincu par l’ascenseur social qu’offre la gendarmerie. Grâce au travail et à l’envie de réussir, on peut y arriver. »
Une cohésion forgée à l’effort
Du 23 juin au 18 juillet 2025, les ex-élèves-officiers ont suivi un rythme soutenu : mises en situation, intervention professionnelle, cours théoriques, sans oublier les traditionnels moments de cohésion. Entre fatigue, rire et rigueur, un esprit de groupe s’est forgé.
« Chaque événement de cohésion, des perches au sport, de la marche aux repas des régions, du karaoké aux travaux d’intérêt général… tout a compté, raconte l’aspirante Tiphaine. On a grandi grâce aux expériences des autres. C’est une formation qui oblige un engagement personnel complet. Sans cela, il serait impossible de sortir breveté. »
L’aspirant Loïck évoque quant à lui un équilibre entre dépassement personnel et dynamique collective : « L’esprit de corps couplé à la volonté individuelle a permis à chacun de grandir et de réussir ce stage, pour répondre aux engagements attendus, tant physiques que mentaux, qualités indéniables des cadres de la gendarmerie. »
Un esprit qui ne s’est pas éteint avec la fin de la formation : « La cohésion créée au cours du stage n’a pas pris fin : elle perdure grâce aux liens nés dans l’effort et le dépassement de soi, devenant pour certains de solides amitiés. »
Une promotion représentative de tous les territoires
L’aspirant Thomas, 44 ans, a traversé la planète depuis la Nouvelle-Calédonie pour intégrer cette formation. « J’ai ressenti la volonté de servir autrement la population, de m’impliquer concrètement pour la sécurité et le bien commun. »
Soutenu dans sa démarche par son conseiller réserve et son commandement, il a vu dans le PEOR un double défi : personnel et collectif. « J’ai cherché à me challenger, à dépasser mes limites, mais aussi à apprendre de nouvelles compétences pour les transmettre ensuite à mes camarades. »
Ce qu’il retient avant tout, c’est la richesse humaine de l’expérience : « La cohésion qui s’est créée au sein du groupe, la découverte du métier sous un autre angle… J’ai gagné en assurance, en sens des responsabilités, et j’ai renforcé mes compétences d’encadrement. »
Grandir, transmettre, encadrer
La formation vise à former des officiers de réserve capables d’encadrer des dispositifs autonomes de réservistes, de seconder des commandants d’unité, ou d’assurer la formation des futurs réservistes. Pour l’aspirant Nouri, cette montée en compétence est un levier : « Personnellement, ça m’a permis de mettre à jour mes connaissances acquises en active, et de monter en compétence. Aujourd’hui, je suis mieux outillé pour assumer mes missions. Je veux désormais encadrer des missions prioritaires comme Poséidon, mais aussi accompagner les jeunes en Préparation militaire gendarmerie (PMG) pour transmettre à mon tour ce qu’on m’a appris. »
Il en est de même pour l’aspirant Thomas, qui aspire lui aussi à intervenir demain en PMG et encadrer des unités en renfort : « La réserve est une aventure humaine et citoyenne unique, qui permet de se rendre utile, de se dépasser et d’acquérir des compétences valorisantes dans un esprit de solidarité et de cohésion. »
L’aspirant Loïck, de son côté, travaillera « aux côtés de l’encadrement de la Compagnie de Lyon dans la gestion des réservistes ».
S’engager, c’est aussi se dépasser
Dans leurs témoignages revient une idée commune : la réserve transforme, bien au-delà du cadre militaire. Elle pousse à donner le meilleur de soi, à faire groupe, à se dépasser.
« Ne pas craindre, ne pas avoir peur, et se décider à passer le pas », lance l’aspirante Tiphaine à celles et ceux qui hésiteraient à s’engager. « S’engager au quotidien pour les citoyens devient un besoin. C’est un cadeau. »
« Être réserviste, c’est une expérience forte. On ne s’en rend pas compte tant qu’on ne l’a pas vécue », ajoute l’aspirant Nouri.
Majore de promotion, l’aspirante Tiphaine conclut avec émotion : « Devenir officier de réserve, c’est le fruit de quatre semaines fortes, mais aussi de toute la cohésion que nous avons vécue. Aujourd’hui, nous sommes 42 à vouloir parfaire notre formation et transmettre nos connaissances à nos subordonnés. Je suis fière de nous. »
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