Premier défilé du 14 juillet pour la garde Aleksandra, issue d’une lignée de gendarmes
- Par Anna Selleret Wilde
- Publié le 11 juillet 2025

À l’occasion du 14 juillet, Aleksandra, gendarme au sein de la Garde républicaine, s’apprête à défiler pour la première fois sur les Champs-Élysées. Un aboutissement personnel dans un parcours marqué par un engagement constant au sein des forces armées.
Si Aleksandra devait résumer son métier en trois mots : « Cohésion, milieu familial et dépassement de soi ». Ayant grandi en caserne, fille et petite-fille de gendarmes, elle a été très tôt immergée dans l’univers militaire. « J’ai toujours été entourée de personnes en uniforme, c’était mon quotidien. »
Une enfance militaire, un engagement logique
C’est à l’occasion d’un simple repas familial que naît son envie de rejoindre la Marine. « On faisait un "Dîner presque parfait" sur le thème de la Marine, choisi par mon père, et c’est ce jour-là que j’ai eu un vrai déclic ! » Un souvenir qui s’inscrit dans une dynamique familiale profondément ancrée dans les institutions et les valeurs militaires.
Après un BTS en Management des unités commerciales, elle décide donc, en 2017, de s’engager dans la Marine nationale, tout en sachant que, un jour où l’autre, elle troquerait le bleu Marine pour le bleu Gendarmerie.
Elle fait ses classes à Cherbourg avant d’être affectée à l’état-major de la Force d’action navale, à Toulon. Durant ses quatre années dans la Marine, elle participe à plusieurs missions : l’embarquement sur le porte-hélicoptères Tonnerre en 2018, puis sur le porte-avions Charles de Gaulle en fin d’année 2019, ou l’organisation de la sécurité et de la mise en place autour du 14 juillet en 2019. Des expériences qui l’ont profondément marquée.
Le choix de la Garde
Elle décide de quitter la Marine au terme de son engagement initial, et de rejoindre la Gendarmerie nationale. Elle entre à l’École de gendarmerie de Châteaulin et choisit la Garde républicaine à l’issue de sa formation.
Le fait de grandir dans un environnement militaire a-t-il été un élément rassurant dans son début de carrière ? « Je peux discuter avec mon père de certaines situations sans avoir besoin de les expliquer longuement, et je peux lui demander des conseils. » Bien qu’elle soit la seule de sa famille à avoir intégré la Garde républicaine, ses proches ont accueilli ce choix avec bienveillance et l’ont soutenue dans cette voie. « Mon frère ne m’avait jamais vue en tenue, se souvient-elle avec amusement. Un jour, il débarque en caserne et me voit en uniforme. Sa réaction ? "Po Po Po Po !" »
Une première sur les Champs
Le 14 juillet 2025, elle participera, à son premier défilé en tant que militaire dans les rangs. « J’avais été du côté de la mise en place, mais cette année, je vais vivre l’autre face de l’événement. » Une étape symbolique qu’elle s’apprête à franchir avec fierté. « C’est une place que tout le monde n’a pas la chance d’occuper au cours d’une carrière », souligne-t-elle.
Si les questions d’organisation suscitent chez elle une légère appréhension, notamment à cause de la chaleur sous la tenue, l’enthousiasme prend vite le dessus. D’autant plus que sa famille sera présente. « Mon père descend spécialement de Brest pour l’occasion, et les autres vont regarder à la télé. »
L’esprit de corps en mission
Parmi les souvenirs marquants de sa jeune carrière en gendarmerie, les Jeux olympiques restent un moment fort. Elle y découvre une autre facette de son métier : le contact avec une population qui exprime sa reconnaissance, et une ambiance unique malgré la rigueur des missions. « C’est une période enthousiasmante où l’on sort du cadre habituel, avec des horaires plus atypiques et une présence importante des compagnies en dehors des palais nationaux. »
Fière de son parcours, Aleksandra invite les jeunes femmes intéressées par ce métier à ne pas se freiner : « Il ne faut pas avoir d’appréhension à évoluer dans un univers masculin. Les choses ont changé, on s’intègre facilement, il ne faut pas lâcher. On a toutes notre place. »
Aleksandra a plusieurs projets à court terme. Après avoir obtenu son permis poids-lourds, elle souhaite décrocher le diplôme d’arme, passer le permis transport en commun et se former comme monitrice auto-école. Son objectif ? « Accompagner les jeunes gendarmes dans l’obtention de leurs permis poids lourds et des permis spécifique aux jeunes agents. Le permis transport en commun est particulièrement utile au sein de la Garde, notamment lors des déplacements de compagnies, où les militaires sont souvent amenés à conduire directement le bus. »
Un parcours structuré, mené aux côtés de son conjoint, sapeur-pompier, avec qui elle peut partager la compréhension des exigences du métier.
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