Lieutenante-colonelle Séverine, une Melunaise dans les rangs de l’AMGN
- Par Aspirante (R) Colombe Delons
- Publié le 17 septembre 2025

Après vingt ans d’études à Melun, où elle a grandi, la lieutenante-colonelle Séverine est revenue par hasard en Seine-et-Marne pour commander la compagnie de Meaux, voisine de sa ville natale. Son parcours incarne ce lien unique qui existe depuis 80 ans entre Melun et l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (AMGN).
La lieutenante-colonelle Séverine est née et a grandi à Melun. « J’y ai fait toute ma scolarité, de l’école élémentaire Pasteur au lycée Jacques-Amyot, précise-t-elle. Même mes études supérieures se sont en partie déroulées ici, avec une licence de droit à Assas-Melun avant un master à Paris. Ce sont au total vingt années d’études que j’ai passées dans ma ville natale. »
Issue d’une famille ancrée dans le service public, notamment dans le secteur de la justice, la jeune Melunaise n’avait pas de gendarme dans son entourage, à l’exception d’un oncle à la Garde républicaine. « Je voulais travailler pour l’État. Je me suis inscrite en classes préparatoires et j'ai préparé simultanément plusieurs concours de la fonction publique : magistrature, police, gendarmerie… Celui de la gendarmerie était le premier dans le calendrier, et comme je l’ai réussi, j’ai poursuivi dans cette voie. Une opportunité qui est ensuite devenue une véritable vocation. »
La formation à l’Académie
Intégrer l’Académie militaire de la gendarmerie nationale (AMGN) n’a pas été pour elle une rupture géographique. « Contrairement à beaucoup d’élèves qui arrivaient de toute la France et d’ailleurs, je n’étais pas déracinée. J’avais mes amis, ma famille, mon cocon. Pourtant, à l’intérieur de l’Académie, j’ai découvert un univers complètement nouveau, marqué par la rusticité, l’exigence et le cadre militaire. »
Parmi ses souvenirs, le stage en brigade à la fin de sa première année de scolarité reste fondateur. « C’est là que j’ai eu la confirmation et la conviction que j’étais à ma place. J’ai découvert le métier de gendarme, au contact direct des gens, et j’ai compris que c’était exactement ce que je voulais faire. »
Elle évoque aussi le dépassement de soi : « Je me suis surprise moi-même, après deux nuits de marche sous la pluie, à trouver la force de continuer grâce à la camaraderie. J’ai aussi dû surmonter mon vertige sur les tours de Saint-Astier (au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie, NDLR). Ces moments forgent un caractère et créent des liens solides. Les amitiés nouées à l’école me suivent encore aujourd’hui. »
L’anniversaire des 80 ans de l’AMGN a pour elle une résonance particulière. « C’est une école qui a toujours su évoluer et s’adapter, tout en restant fidèle à ses traditions. Le fait qu’elle soit restée à Melun renforce cette appartenance à un lieu. La devise de la ville, Fida muris usque ad mures (Fidèle aux murs jusqu'à manger des rats)1, pourrait tout à fait s’appliquer à l’Académie : nous restons fidèles à nos promotions, à nos camarades, à nos valeurs. »
Des postes variés
À sa sortie d’école, la lieutenante-colonelle Séverine choisit d’abord l’Ouest : « Je voulais voir autre chose ; j’ai été affectée à la communauté de brigades de Beaupréau. » Elle poursuit sa carrière à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), où elle travaille sur les politiques de prévention de la délinquance et les partenariats.
Un nouveau tournant s’ouvre lorsqu’elle prend le commandement de la compagnie de Meaux. « Par hasard, je suis revenue en Seine-et-Marne… mais du côté de Meaux cette fois ! Un territoire que je connaissais peu, malgré sa proximité avec ma ville natale, et qui m’a énormément apporté. J’y ai découvert un véritable esprit d’entraide et de fidélité. »
L’ironie du sort veut qu’à cette période elle soit intronisée chevalière de la confrérie du brie de Meaux. « Une Melunaise chevalière du brie de Meaux… et non de celui de Melun ! C’est à la fois amusant et un joli clin d’œil à mes origines seine-et-marnaises », sourit-elle.
À l’issue de cette expérience de commandement, elle poursuit son parcours vers des responsabilités supérieures. Après un passage par l’École de guerre, elle occupe aujourd’hui un poste à la DGGN, au Service de la transformation (S.T.), depuis septembre 2024.
L’ailleurs pour mission, Melun pour repère
Avec le recul, la lieutenante-colonelle Séverine identifie la ville de Melun comme fil rouge de son parcours. « C’est un paradoxe : j’ai choisi un métier fondé sur la mobilité, qui m’a fait beaucoup voyager, et pourtant, mon histoire reste ancrée autour de Melun, par une succession de hasards. »
Son message aux jeunes Melunais ? « L’Académie est une école d’excellence, encore plus belle à l’intérieur que ce que l’on imagine de l’extérieur derrière ses murs. La carrière qui s’ouvre ensuite est riche, imprévisible, pleine de sens et d’opportunités. Soyons fiers d’avoir une telle institution dans notre ville. »
À travers son parcours, l’histoire de l’AMGN se lit en filigrane : une école profondément enracinée à Melun, mais tournée vers l’avenir et le service de la Nation. Pour la lieutenante-colonelle Séverine, ce lien avec sa ville natale reste une fierté. « Qui sait ? Peut-être qu’un jour, je reviendrai à Melun pour commander un groupement… ou même l’Académie elle-même ! Ce serait une belle boucle bouclée. »
1 : Devise née pendant le siège de Melun qui s’est déroulé du 7 juillet au 17 novembre 1420, durant la guerre de Cent Ans.
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