L’adjudant-chef Jérôme a vécu sa première mission de courte durée à la brigade de Païta, en Nouvelle-Calédonie

  • Par la rédaction du site Gendinfo
  • Publié le 11 avril 2025
Un gendarme remplit un carnet de verbalisation rose sur le capot d'une voiture blanche. En arrière-plan la nature et un container blanc à gauche
© D.R.

L’adjudant-chef Jérôme est entré en gendarmerie il y a 26 ans. Actuellement affecté à la Brigade territoriale autonome (BTA) de Marguerittes, près de Nîmes (30), il a effectué sa première Mission de courte durée (MCD) en Nouvelle-Calédonie. Durant trois mois, du 12 octobre 2024 au 19 janvier 2025, il a ainsi renforcé le Groupe Violences intra-familiales (Groupe VIF) de la BTA de Païta, près de Nouméa.

Comment avez-vous eu connaissance de ces missions de courte durée en outre-mer ?

J’en ai eu connaissance par le biais des Appels à volontaires (AAV), mais je sais depuis longtemps que ça existe. J’ai été affecté à Mayotte de 2013 à 2017 et déjà à l’époque il y avait des OPJ (Officiers de Police Judiciaire) qui venaient nous renforcer de temps en temps. Après mon retour en métropole, j’ai déjà répondu à un ou deux autres AAV, mais c’est la première fois que je suis retenu.

Qu'est-ce qui vous a motivé à vous porter candidat ?

Il y a plusieurs raisons. Cela fait cinq ans que je suis à la brigade de Marguerittes, je voulais couper un peu avec mon quotidien, parce que c’est la première fois que je reste aussi longtemps dans une affection. Mais c’est aussi pour retrouver l’ambiance assez particulière de la vie en outre-mer, en apportant un renfort utile aux camarades qui sortaient de plusieurs mois difficiles dans l’archipel. L’aspect financier n’est pas négligeable non plus, d’autant que je suis marié et père de famille.

Comment s'est déroulé votre détachement et quelles ont été vos missions sur place ?

Le détachement s’est très bien passé. J’ai été affecté au Groupe Violences intra-familiales (Groupe VIF) de la BTA de Païta, en binôme avec un gradé de l’unité. Ce groupe prend en compte les dossiers de violences intra-familiales et tout ce qui concerne les mineurs, la famille, les agressions sexuelles… C’est-à-dire les prises de plaintes, les auditions, les gardes à vue, etc.
Il y avait beaucoup de retard dans la gestion des procédures en raison des événements survenus au cours des mois précédents dans l’archipel. L’avantage de la MCD, c’est que l’on peut vraiment faire des heures pour avancer sur les procès-verbaux, étant donné qu’on est là pour cela et que personne ne nous attend chez nous le soir. J’avais même demandé à rester un mois de plus pour avancer davantage, mais cela n’a pas pu se faire.
Au niveau de la logistique, j’étais hébergé dans un logement de gendarme vacant, à l’extérieur de la caserne, avec un autre militaire en MCD. Nous avions un véhicule pour nos liaisons, ce qui rendait le quotidien assez facile, mais il n’y a pas toujours cette possibilité. Du côté de la restauration, il y a des conventions avec les restaurants à proximité.

Était-ce votre première MCD ?

En effet, c’était la première.

Que retirez-vous de cette expérience, tant à titre professionnel que personnel ?

Je suis en gendarmerie depuis longtemps, et j’ai déjà été en outre-mer, donc il y a beaucoup de choses que je connaissais déjà. On travaille en mode dégradé, il n’y a pas les mêmes moyens et on vit avec une population différente, la temporalité n’est pas la même ! Par exemple, dans les tribus, il n’y a pas vraiment d’adresse, il faut se débrouiller pour retrouver les gens ! On travaille sur le carnet à souche et les dépistages stupéfiants se font par prise de sang. Donc on s’adapte ! Je pense qu’en termes d’expérience, c’est pour les jeunes que c’est plus particulièrement utile, ceux qui n’ont pas encore été en outre-mer ou qui hésitent. Cela permet de vivre des expériences différentes sans trop impacter les siens, de « mettre un pied dedans ». Une MCD en outre-mer, c’est quelque chose qui nous ouvre l’esprit, qui nous sort de la routine, et nombre de mes camarades qui ont tenté l’expérience veulent y retourner. On ne se repose pas beaucoup, mais nous sommes là pour cela !
Concernant l’aspect plus personnel, je suis arrivé dans une unité qui a vécu des moments difficiles. Ceux qui logent à l’extérieur devaient passer par des ronds-points tenus par les Kanaks, la brigade a été assiégée, etc. On se sent utile à venir les renforcer, il y a un besoin, c’est pour cela que j’avais répondu à l’appel à volontaires.
Et c’est vrai aussi que nos outre-mer sont des endroits magnifiques que l’on ne verrait parfois jamais à titre personnel.

Êtes-vous prêts à repartir ?

Bien sûr, je souhaite repartir ! Je ne le demanderai pas tout de suite pour ne pas non plus trop impacter mon unité mais je referai une demande.

 


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