De gendarme mobile à équipier au GOS OCLDI, portrait de l’adjudant Gabo

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 16 juillet 2025
Deux équipiers du GOS OCLDI effectuant une surveillance.
© GEND/ SIRPAG/ GND.CULPIN

Le Groupe d’observation surveillance (GOS) de l’OCLDI (Office central de lutte contre la délinquance itinérante) est spécialisé dans la lutte contre les atteintes aux biens commis par des groupes criminels itinérants. Disposant d’une compétence nationale, il réalise des missions d'observation surveillance nécessitant la mise en œuvre de compétences techniques et tactiques complexes au profit de l’OCLDI et de ses détachements. C’est dans les locaux du GOS que nous avons pu rencontrer l’adjudant Gabo, affecté à l’unité depuis 9 mois.

Mon adjudant, pouvez-vous retracer votre carrière ?

Aujourd’hui âgé de 32 ans, je sers depuis 13 ans en gendarmerie. J’ai commencé ma carrière en 2012 en tant que Gendarme adjoint volontaire (GAV) au sein de la Brigade de proximité de Cambo-les-Bains. De 2015 à 2016, j’ai suivi le cursus de sous-officier au sein de l’École de gendarmerie de Châteaulin. À l’issue de la scolarité, j’ai rejoint l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 26/2 de Bouliac. J’y ai servi pendant plus de 6 années, au cours desquelles j’ai notamment pu obtenir le Diplôme d’arme (D.A.) et le Monitorat d’intervention professionnelle (MIP). En 2022, j’ai été muté à l’EGM 27/2 de Marmande. En 2023, puis 2024, j’ai présenté les tests de sélection permettant d’intégrer les groupes d’observation surveillance. J’ai été affecté au GOS OCLDI à l’été 2024.

Pourquoi avoir souhaité rejoindre le milieu de l’observation surveillance ?

Effectuer des missions au cours desquelles l’objectif est de voir sans être vu est quelque chose qui m’a toujours attiré. Initialement, j’avais pour ambition de passer les sélections visant à intégrer la FOR (Force observation recherche) du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), mais je suis inapte aux tests TAP (acronyme signifiant Troupes AéroPortées, désignant l'aptitude à participer à des opérations parachutées, NDLR).


Lorsque je servais à Bouliac, le GOS de Bordeaux se situait à proximité. J’ai pu rencontrer des équipiers et découvrir leurs missions, c’est ce qui m’a donné envie de me présenter aux sélections GOS.

Comment vous êtes-vous préparé aux sélections GOS ?

Servant en gendarmerie mobile, j’avais déjà une bonne condition physique. Pour me préparer aux sélections, j’ai notamment effectué un travail de mémorisation. Lorsque j’allais faire mon footing, je m’obligeais à retenir les plaques d’immatriculation des véhicules que je croisais et à les restituer à l’issue. J’ai également acquis des bases dans le domaine de la photographie, ce qui s’est révélé particulièrement utile tant lors des sélections qu’ensuite dans le métier. J’ai enfin effectué une préparation du matériel à emporter, en me dotant de vêtements techniques me permettant de lutter efficacement contre le froid.
En 2023, j’ai passé une première fois les tests. J’ai suivi l’intégralité de la semaine, mais je n’ai finalement pas été retenu. Un instructeur m’a alors précisé qu’il n’y avait pas de place pour tout le monde, mais que si j’avais pu faire l’ensemble des sélections, c’est que mon profil les intéressait. La semaine de tests m’a convaincu de ma volonté de servir dans le milieu de l’observation surveillance. Étant dans mon tempérament de ne pas abandonner, je me suis motivé à me représenter l’année suivante. J’ai dû patienter une année de plus. Cette nouvelle tentative a été la bonne. Outre ma première expérience, j’ai pu compter sur un camarade de l’escadron de Marmande avec lequel nous nous sommes mutuellement tirés vers le haut pendant les tests ainsi que lors de la formation initiale. Il est aujourd’hui affecté au GOS de Marseille et c’est une fierté d’avoir été jusqu’au bout ensemble.

Pourquoi avoir choisi de servir au GOS OCLDI ?

Les sélections visent à intégrer la filière observation surveillance. Nous sommes donc susceptibles de servir dans n’importe quel GOS en fonction des besoins des unités. À l’issue des sélections, on nous a demandé de classer les GOS par ordre de préférence. C’est à ce moment-là que j’ai pu rencontrer Mouss qui servait déjà au GOS OCLDI et qui est désormais mon camarade. Il m’a présenté les spécificités de cette unité, ce qui m’a convaincu de la classer dans mes premiers choix.

Comment vous êtes vous formé à l’observation surveillance ?

À l’issue des sélections, j’ai effectué une période de formation initiale à l’observation surveillance au cours de laquelle j’ai pu découvrir un métier complètement différent de ce que je faisais avant. Cette formation permet d’appréhender les fondamentaux du métier. Il s’agit d’un socle commun. Mais l’observation surveillance c’est finalement un peu comme le permis de conduire, ce n’est pas parce qu’on a eu le brevet qu’on sait faire de l’OS. J’ai ensuite été affecté au GOS OCLDI avec une autre recrue. Le groupe a alors pris la main sur la formation technique. J’ai pu m’appuyer sur les conseils de mes camarades pour progresser. J’avais essentiellement un rôle d’observateur au cours de mes premières missions. Au début, je restais souvent au bureau après la journée de travail afin d’apprendre à maîtriser le matériel technique présent à l’unité.
Afin de ne pas être décelé par l’adversaire, il m’a également fallu casser le langage corporel militaire que j’avais acquis. Cela n’a pas été évident.

Qu’est ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Alors que la plupart des GOS disposent d’une compétence régionale, le GOS OCLDI présente la spécificité d’avoir une compétence nationale. Nous sommes donc amenés à travailler partout en France voire à l’international. Cette situation nous conduit à évoluer dans un environnement que nous ne connaissons pas forcément. Nous travaillons sur des dossiers sensibles et passionnants qui nous font nous sentir utiles. Nous sommes confrontés à des adversaires expérimentés, déterminés et rompus à nos techniques. Ils nous obligent à être plus forts et plus pointus. Je me sens ainsi tiré vers le haut quotidiennement. 
Ce qui me plaît le plus c’est le fait de me lever le matin et de ne pas savoir comment la journée va se dérouler. Il n’y a pas de routine. Tous les jours sont différents et il y a toujours quelque chose à apprendre. Je suis passionné par ce que je fais.
Je pense que commencer au sein du GOS OCLDI permet de découvrir au mieux le domaine de l’observation surveillance. Nous sommes ensuite capables de servir dans n’importe quel autre GOS.

Quelles sont les contraintes de celui-ci ?

Notre métier nécessite de vivre au rythme de l’adversaire. La compétence nationale du GOS OCLDI conduit également à effectuer de nombreux déplacements. Je trouve néanmoins que les contraintes sont moins importantes que lorsque je servais en gendarmerie mobile. Le fait d’être une petite unité implique un groupe plus resserré et de disposer d’une écoute plus attentive de la hiérarchie qui nous connaît plus personnellement.

Pouvez-vous nous raconter une mission marquante ?

Une nuit, des individus que nous suivions ont voulu commettre un périple (ensemble de cambriolages successifs, NDLR). Ils n’y sont pas parvenus et sont rentrés avec l’intention de recommencer à nouveau plus tard. Nous avons pu localiser l’endroit où ils stationnaient le camion servant à leurs méfaits. Celui-ci se trouvait sur une parcelle privée. Nous avons décidé d’y pénétrer afin de baliser le véhicule. Visages dissimulés et vêtus de tenues sombres pour ne pas attirer l’attention, nous avons progressé en lisière de bois pour plus de discrétion avant de rejoindre le chemin menant à la parcelle au dernier moment. La mission avait nécessité la mise en œuvre d'un panel important de moyens et techniques en notre possession afin de nous assurer qu’aucun individu n’était présent à proximité. Avec l’adrénaline et l’obscurité, j’avais la sensation que tous les bruits étaient amplifiés. Nous avons même dû nous cacher d’une patrouille de gendarmerie qui circulait dans le coin. Nous avons finalement réussi à fixer la balise sur le véhicule.
 


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